Une
Edito

NAK 2019, OXYGENEMAG au cœur de l’actualité culturelle

La 24ème édition des NUITS ATYPIQUES DE KOUDOUGOU aura du 27 novembre au 1er décembre 2019 dans la cité du Cavalier Rouge, sur le thème «Diaspora et Promotion de la Culture». C’est une vingtaine d’artistes venants des divers horizons du pays et du continent. Ce sont des panels avec des acteurs culturels chevronnés qui aborderont des sujets pertinents sur la culture en lien avec la diaspora. C’est aussi cette mythique, authentique rue marchande et espace gastronomique. Mais surtout oxynemag.info vous fera vivre jour par jour, heure par heure et minute par minute, tous les compartiments de ce festival avec des analyses, des reportages et surtout des critiques, on ne peut plus objectives. Surtout pas de brèves, mais des sujets de fond ! La rédaction  

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Point de vue

Ildevert MEDA, Professeur d’Art

«C’est l’acceptation de la contradiction qui fait avancer une société» Ildevert MEDA est un metteur en scène, comédien, écrivain dramaturge, interprète au cinéma, traducteur de script et formateur dans les écoles de cinéma partout dans le monde. C’est une figure de proue dans le monde l’Art. Il s’exprime sur la situation du vivre ensemble qui semble déguerpir le Burkina Faso.   «…Il faudrait que cela amène les gens à se questionner sur la question de vivre ensemble. Personne ne sortira  me dire que, ce matin je n’ai pas frappé ma femme. Parce que, juste au moment où je voulais me laver, j’entendais une musique de Georges Ouédraogo sur la paix. Pourtant Georges n’a fait que chanter. Il n’ira pas dire ce qui l’a poussé à ne pas commettre cet acte ignoble. Il ne dira pas aussi comment cette musique l’a fait transformer. Simplement une chanson pour le plaisir, peut contribuer à changer un homme. Donner un spectacle d’humour, donner un spectacle de théâtre, faire un film…Et là, je voudrais rendre un hommage à Damien Glez, qui a écrit la série mythique «3 hommes, 1 Village». A cette époque ; il parlait de la possibilité qu’un coutumier puisse vivre en symbiose avec deux entités de personnages totalement contradictoires avec des pratiques religieuses différentes. Tout cela, c’était il y a quinze ans en arrière qu’un artiste l’avait pensé.  Si un artiste a devancé le politique quinze ans en arrière, en parlant d’un thème sur la cohésion sociale, qui est d’actualité de nos jours, c’est dire  que les artistes sont des pacificateurs. Si des séries de ce genre étaient régulièrement bien diffusées à l’heure actuelle sur nos différentes chaînes de télé, on ne devait pas arriver là où nous sommes. Qu’une communauté se lève contre une autre communauté, on n’a jamais connu ça ici au Burkina ! Parce qu’il y a toujours des voies et moyens de réparer ça. Nous sommes les premiers praticiens de l’art, à comprendre que nous sommes quand même le sel de la terre comme on dit, c’est notre rôle ! Et nous devons le jouer. Nous sommes des artistes. Nous sommes des imitateurs de lieu. Nous rentrons dans le cœur des gens. Nous ne sommes pas des théoriciens, nous bousculons des gens par leur ventre. Les gens qui se sont assis ensemble et qui ont partagé ensemble un rire, c’est un acte de paix gratifiant. Je pense qu’il faut d’autres personnes pour l’expliquer. Ce n’est pas à nous de le faire et de venir réexpliquer ! Nous sommes conscients de l’importance de l’art et de la culture. Quand les gens comprendront que ; 10 personnes qui se mettent ensemble pour créer un petit spectacle d’1 heure, et prennent 2 mois voire 3 mois, pendant 8h de travail par jour… Si jamais on donnait l’occasion à un  plus grand nombre de notre population, de partager ces instants magiques, beaucoup de comportements changeront. Malheureusement nos sociétés cultivent l’équilibre, pourtant une société équilibrée n’avance pas. C’est le déséquilibre qui fait avancer. Nous nous asseyons sur des assurances et pourtant ont stagne, on ne bouge pas. Mais, c’est avec le déséquilibre qu’on avance. Tout le travail de l’art, c’est la culture du déséquilibre. C’est l’acceptation de la différence et de la contradiction qui fait avancer une Nation. C’est la culture d’une société paisible» Rassemblé par LECHAT !            

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Tapis Rouge

Nuits Internationales de la Plaisanterie

Entériner l’encrage culturel Les Nuits Internationales de la Plaisanterie (NIP), loin des évènements strasses et paillettes est une manifestation culturelle et surtout artistique qui fait un point  d’honneur sur la sauvegarde du patrimoine culturel, notamment la parenté à la plaisanterie. C’est ce qui caractérise son dynamisme et sa constance dans l’organisation malgré les moyens précaires dont dispose le comité d’organisation dispose. Cette 7è édition annoncée à la presse le 17 octobre 2019 au siège du CARTEL sous le thème «Parenté à plaisanterie ; Facteur de cohésion sociale», battra le rappel  des artistes comédiens locaux invités. Cinq espaces ont été choisis pour accueillir les spectacles qui auront lieu du 21 au 27 octobre 2019.  Le Burkina Faso est un pays multiethnique où cohabitent plus de soixante groupes culturels. Des échanges multiformes ont toujours caractérisé leur cohabitation. Le fait important né de ces  échanges, est le jeu verbal et gestuel des relations de plaisanteries, véritables joutes oratoires faites d’invectives, de menaces  et de railleries dans une ambiance détendue. Les relations de plaisanterie ou encore de «parentés à plaisanterie» visent le soutien, la solidarité et la camaraderie entre les différents acteurs sociaux, spectateurs comme acteurs du moment. C’est dans cette optique que l’Association Grâce Théâtre du Burkina (AGTB) présidée par Anatole KOAMA a initiée ces NUITS INTERNATIONALES DE LA PLAISANTERIE. D’autant plus que l’un de ses objectifs majeurs est de sensibiliser les collectivités territoriales sur le rôle fédérateur de la culture en générale et de l’humour en particulier. Le thème choisi donc pour cette année n’est pas fortuite, bien au contraire, il colle avec la triste actualité qui prévaut en ce moment au Burkina Faso. «La parenté à plaisanterie ; facteur de cohésion sociale». L’un des «hommes forts» du théâtre en Afrique du CARTEL en particulier en l’occurrence Ildervert Medah, n’est pas aller de main morte devant les hommes de médias à ce sujet ; «je voudrais rendre un hommage à Damien Glez, qui est a écrit la série mythique «3 hommes, 1 Village». A cette époque, il parlait de la possibilité qu’un coutumier puisse vivre en symbiose avec deux entités de personnages totalement contradictoires. Tout cela, c’était il y a quinze ans en arrière qu’un artiste l’avait pensé.  Rendez-vous compte, qu’un artiste a devancé le politique quinze ans en arrière, en parlant d’un thème sur la cohésion sociale, qui est d’actualité de nos jours, c’est dire  que les artistes sont des pacificateurs…» (Lire l’intégralité de ses propos dans la rubrique PAROLES D’INTÉRÊT). Par la même occasion, les NUITS INTERNATIONALES DE LA PLAISANTERIE célèbrent le 10è anniversaire de l’existence du festival. Une opportunité pour son comité d’organisation composé d’Athanase Kabré (Compagnie du Fil), Ildevert Medah, Anatole Koama et la révélation humoriste Eric Gaégo, de dérouler un programme d’activités alléchants. Plus d’une quinzaine de spectacles et animations qui auront lieu du 21 au 27 octobre 2019. Cinq espaces culturels accueilleront les NIP (Rimkiéta, le Cercle des arts vivants/Atelier du Rire, Collectif des architectes du rire, Maison du peuple et l’Espace Grâce Théâtre). Cet évènement a battu le record de participation d’artistes comédiens locaux. Plus d’une quinzaine pour les plus célèbres et plus d’une vingtaine toutes les catégories confondues. Moussa Petit Sergent, Son Excellence Gérard, El Présidenté, Ali Ponré, Génération 2000, Aladji Cliachi, Soum le sapeur, Philo Nanéma, Gurunga et sa Femme, Adèle Badolo, le Seigneur du Rire de la Côte d’Ivoire (seul humoriste international), Eric Gaégo, les Homotockés, Balla le Citoyen…pour ne citer que ceux-là. Au-delà des planches, des prestations de danse, musique et projections cinématographique seront offert à Rimkiété à la faveur des animations publiques tous les soirs à partir de 19h. Une conférence publique sur le thème de l’édition aura lieu au collège Notre Dame de Kolgh Naaba le 24 octobre 2019 à 15h et sera animée par le PR Alain Sissao auteur de l’ouvrage le plus répandu sur la parenté à plaisanterie intitulé «Alliance et parenté à plaisanterie au Burkina Faso». Comme tous les organisateurs d’évènements culturels au Faso, le «nerf de la guerre» est toujours l’épineux dilemme. Certes le soutien d’AFRICALIA et de la Coopération Suisse sont salutaires  Néanmoins, le comité d’organisation espère qu’avec le parrainage du Ministre de la Culture des Arts et du Tourisme, Abdoul Karim Sango, quelques niches et points en suspens pourront  être comblés.  «Quand on dit que le Ministre n’a rien donné, ce n’est pas forcément de l’argent qu’on parle. Déjà ; le fait de parrainer l’activité, c’est déjà un grand geste. D’ici-là, on espère que des actions concrètes suivront. Que cela soit dans la logistique, la prise en charge de certaines charges…Nous l’attendons avec beaucoup d’espoir. On espère qu’il sera là pour la grande soirée du 25 octobre et qu’il ne se fera pas représenter.» précise Anatole KOAMA. Un tel  festival ne peut qu’être salutaire dans le contexte actuel, d’autant plus que l‘objectif des NIP selon son comité d’organisation, n’est pas de se partager le pèze à l’issue des festivités mais de consolider et de fortifier les bases de cette solidarité des peuples à travers cet outil cher au Burkina Faso, qui est la parenté à plaisanterie.  «C’est un festival qui travaille sur les fondamentaux de notre culture, notamment la parenté à plaisanterie. Nous ne faisons pas du showbiz pour remplir des salles avec des places à 10.000 F CFA en martelant la com’ sur des plages publicitaires des chaînes TV. Nous voulons ramener les gens sur la pratique de la parenté à la plaisanterie. L’accent n’est pas mis sur l’aspect festif, mais plutôt sur le côté encrage, réflexion, cogitation sur un aspect particulier de notre culture» Conclut le Président de l’AGTB. Hervé David HONLA

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Regards

Appel à projets culturels pour financement par le Fonds de promotion culturelle du BBDA

239 dossiers rejetés Le Bureau Burkinabè du Droit d’Auteur (BBDA) à travers son comité de gestion du Fonds de Promotion Culturelle (FPC) réuni ce jour 17 octobre ses membres pour communiquer et échanger  sur le second appel qui avait été lancé du 19 au 27 septembre dernier. Ce qui est ressorti de cet entretien, il y a eu plus 40% de dossiers qui ont été purement et simplement rejetés pour avoir été bâclés par les soumissionnaires.  Le Fonds de promotion culturelle a pour mission de financer et de promouvoir les activités culturelles et artistiques nationales. Les objectifs du fonds de promotion culturelle (FPC)  sont assez variés : Il y a le financement des projets qui favorisent l’éclosion de l’édition, de l’industrie cinématographique, des arts plastiques et scéniques, de l’industrie musicale et toutes autres disciplines culturelles et artistiques. Par conséquent, ce fonds octroi des financements aux artistes, écrivains etc. Bref des hommes de culture méritant pour leur permettre d’achever leurs travaux. Donc ; ce n’est pas de l’argent pour se marier, acheter une moto ou encore payer son loyer. Il contribue plutôt à l’autofinancement de l’activité culturelle du postulant. Au sein donc du BBDA, un FPC a été mis en place. Pour le rendre plus transparent et intelligible, un comité de gestion a été installé et comporte une dizaine de membres repartis en fonction de chaque catégorie : Musique (3), littérature (1), Arts Graphiques et Plastique AGP (1), Audiovisuelle (1), Dramatique (1), Administration (4). Pendant la séance de restitution devant la presse et les différents membres soumissionnaires, le comité de gestion avec sa tête son porte-parole, la dramaturge Blandine Yameogo a réceptionné au total 510 enveloppes, dont 446 pour Ouagadogou, 33 pour la direction régionale de l’Ouest et 11 enveloppes venues de Ziniaré, Koudougou, Manga, Fada, Gaoua, Banfora, Ouahigouya, Kaya et Dédougou. Il en ressort malheureusement que ; selon ce comité de gestion plusieurs dossiers, après consultations étaient biscornus voire ne remplissaient aucun critères. Les documents administratifs inhérents aux dossiers étaient antidatés voire obsolètes. Notamment les actes d’engagement n’étaient pas légalisés. Certains dossiers ne possédaient pas d’attestation de situation fiscale, pire même ; des factures pro-forma n’étaient ni signées, ni cachetées. Même certains dossiers ne possédaient pas la pièce maîtresse : la Clé USB pour des catégories qui en demandaient. Bref un véritable laisser-aller et une désinvolture de la part des soumissionnaires. Ce qui a poussé le comité à interpeller avec des mots justes les membres du BBDA présents massivement dans la salle. Au regard donc de toute cette légèreté caractérisée, plusieurs dossiers ont été purement et simplement jugés non éligibles. Concrètement ; sur les 510 dossiers réceptionnés, seuls 295 dossiers ont été traités. C’est la musique qui enregistre le plus grand nombre de dossiers avec 130 répartis sur l’aide à la création (54), l’enregistrement d’un maxi (32), la duplication (10) et la réalisation de clip vidéo (34). Ensuite la promotion culturelle avec 54, les Arts Graphiques et Plastiques avec 40 dossiers dont 27 en Création et 13 en Exposition. L’audiovisuelle a enregistré 36 dossiers donc 12 en Scénario, 15 en Production et 9 en Finition. Le Théâtre s’en sort avec 14 dossiers reçus, dont 4 en Ecriture et 10 en Création. Enfin c’est la Chorégraphie qui ferme la marche avec 6 dossiers enregistrés tous en Création et diffusion 6. Tous ces dossiers ont été regroupés par catégorie, par nature de projet et examinés au peigne fin par le comité, en fonction des critères prédéfinis notés sur 20 par chaque membre. Au final, le classement apparaissait tout seul en fonction du nombre de dossiers alloués par catégorie. Une rencontre qui a laissé une fois de plus entrevoir, une déplorable maladresse de la part de la plupart des membres du BBDA. Pourtant, lors d’un tel appel à projet, il est essentiel de bien se renseigner sur la structure qui le lance, afin surtout d’identifier les objectifs pour bien les répondre. Il est même indispensable de montrer que l’on maîtrise bien le besoin auquel répondent son projet et le marché sur lequel on veut le positionner. Pourquoi ne pas se faire aider par son entourage ou par des professionnels du domaine ? Il est impérieux de discuter avec d’autres personnes de son entourage, cela vous aidera surtout à comprendre la cohérence d’un tel projet par rapport à vos attentes. LECHAT !  

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VIP

Festival de Cannes à Hong Kong

Six films seront projetés Dénommé «The Festival de Cannes Film Week» au K11 MUSEA annonce les masterclasses et les films sélectionnés au Festival Cannes 2019 qui auront lieu du 12 au 17novembre 2019 à Hong Kong. Une première édition qui s’annonce prestigieuse.   Pierre Lescure Président du Festival de Cannes, et Thierry Frémaux, Délégué Général du Festival de Cannes, se joignent à Adrian Cheng, fondateur du K11 Group, pour diffuser  l’esprit du plus prestigieux festival du film au monde à Hong Kong. «The Festival de Cannes Film Week» commence le 12 novembre à Hong Kong avec au programme de ces soirées d’ouverture, six films de la Sélection Officielle du 72è Festival de Cannes. Notamment ; les lauréats des Prix de la mise en scène du scénario et du prix Un Certain Regard. «The Festival de Cannes Film Week» accueille les films de Cannes en Asie au K11 MUSEA à Hong Kong du 12 au 17 novembre 2019. C’est une première édition qui mettra en exergue six films de la cuvée officielle 2019 du Festival de Cannes sur les écrans du K11 ART House. Masterclasses et projections de films seront au menu, un tandem que dirigent «The festival de Cannes Film Week» et K11 MUSEA. C’est l’un des moments flamboyants du cinéma et de la culture asiatique que présente Tsin Sha Tsui Waterfront de Hong Kong. Grâce notamment aux professionnels du Cinéma mondial que sont : Thierry Frémaux, Délégéué Général du Festival de Cannes, Adrian Cheng, Fondateur de K11 Group et Vice-Président exécutif de New World Developpement. C’est un festival où partage et rencontres des plus grands cinéastes du monde se verront le tapis rouge déroulé. «Nous souhaitons initier un mouvement différent car, chaque année au mois de mai à Cannes,  le monde nous rend visite. Ce rendez-vous à Hong Kong, c’est avant tout, d’aller à la rencontre du public international, mais aussi de ceux qui, toute l’année, ici à Hong Kong, sont au cœur de cette industrie. Des icônes du cinéma comme Wong Kar-wai, Johnnie To, Ann Hui, Tsui Hark, ont contribué à la légende de Cannes. Nous sommes honorés d’être à notre tour accueillis ici » affirment Pierre Lescure et Thierry Frémaux, Président et Délégué Général du Festival de Cannes. Les six films de la 72è Sélection officielle de Cannes programmés sont les suivants : Le Jeune Ahmed de Jean Pierre et Luc Dardenne (Prix de la mise en scène) Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma (Prix du Scénario) Il Traditore deMarco Bellocchio, sélection Un Certain Regard La vie invisible d’Euridice Gusmao lauréat du Prix Un Certain Regard The Climb couronné du «Coup de Cœur» du Jury Un Certain Regard Chambre 212 (on A Magical Night), pour lequel Chiara Mastroianni a reçu le Prix d’interprétation Un Certain Regard Hervé David HONLA

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Point de vue

Etudiants de la diaspora

Des spécimens délaissés La construction d’un État dans un climat tendu et délétère ou post-conflit exige, à mon avis, que des mesures urgentes soient prises dans le processus de reconstruction, de réhabilitation, de cohésion sociale et de croissance économique, culturelle. Sur cette toile de fond, se dégage la volonté de plus en plus affirmée de chaque pays notamment africains, de reconnaître l’importance du rôle de leurs citoyens résidant à l’étranger  dans le développement national et régional. Le thème des NUITS ATYPIQUES DE KOUDOUGOU au Burkina Faso  sur «Diaspora et promotion culturelle», qui célèbrera sa 24è édition du 27 novembre au 1er décembre 2019, m’a poussé à m’appesantir sur cette problématique. Étant donné que cette diaspora peut jouer un rôle important dans la relance et la reconstruction des États fragiles, Il est important de savoir ce qu’elle vaut et quelle partition pourrait-elle jouer au-delà des promesses politiques, des rencontres fortuites d’un leader dans un pays ou encore des shows culturels et des selfis sur Facebook.  La diaspora ne doit pas être considérée seulement comme un atout ou un jouet électoral, une caisse de résonance à l’extérieur ou une source de financement.  Mais plutôt,  comme un partenaire au développement. Il y a donc lieu d’établir de toute urgence des liens plus solides sur la base des compétences mutuelles  gagnant-gagnant, où les bénéfices iront à la Nation entière. Pour emprunter une expression commode au Burkina Faso. A côté des politiciens africains qui émigrent pour des raisons de mauvaise gouvernance, de pillage ou d’éclatement d’un conflit, nombreux sont des professionnels qui résident et exercent dans ces pays développés des métiers porteurs. Certains y sont même allés pour obtenir des diplômes supérieurs (cas du Burkinabè Nefambone Yaya Dah, résidant en Belgique,  que j’avais interviewé le 14 octobre dernier). Beaucoup de ces africains sont partis pour poursuivre des études avancées dans les pays développés, particulièrement dans les pays d’immigration traditionnels tels que les Etats-Unis, le Canada, la France, la Belgique, ne retournent pas dans leur pays d’origine une fois le diplôme obtenu. Surtout lorsque le pays d’origine tombe en faillite suite à d’éventuels conflits de vengeance qui s’éclatent en sourdine. Il y a donc une forte corrélation entre la disposition au retour après les études à l’étranger et les conditions qui prévalent dans le pays d’origine. Les conditions sont d’ordre économiques (l’emploie garantie, la facilité d’ouvrir un entreprise ou de monter un projet), politique (la quiétude et la stabilité du pays) et enfin une véritable politique d’accompagnement de la jeunesse. Tous les bouquins que vous lirez, vous diront que ; le taux d’expatriation des étudiants demeure exceptionnellement élevé dans les pays de l’Afrique subsaharienne. Pourtant cette partie du Sud du Sahara abrite environ 48 Etats. C’est d’ailleurs la partie de la planète la plus dynamique en matière démographique. Mais malheureusement, les problèmes sanitaires et d’éducation sont les plus préoccupants au niveau mondial. C’est peut être entre autres ce qui les fait aussi «fuir». Lorsqu’un étudiant se décide, à la fin de ses études, à aller travailler à l’étranger (de façon légale pas clandestine), il participe à un épiphénomène que j’appelle à juste titre la «fuite des cerveaux». De prime à bord, c’est normal, rien de grave. Car de nombreuses familles et les Etats prennent quotidiennement cette décision d’envoyer leurs fils et filles de l’autre côté du continent. Pourtant, lorsqu’un individu se résout à partir, peu importe la raison, ses talents et ses idées voyagent avec lui. De plus, l’investissement que son Etat d’origine aura dépensé pour sa santé et son éducation ne portera jamais de fruits. D’autant plus que le cerveau en question deviendra productif sur un autre territoire. Par conséquent, ce qui pourrait être une simple anecdote dans les pays développés, peut se transformer en une véritable hécatombe pour les pays en voie de développement. Et les pays développés profitent du contexte.   L’impact donc ces départs en masse est gigantesque sur les pays encore en voie de développement, qui ne peuvent qu’assister à l’exil de leurs fine fleurs et espérer désespérément qu’ils reviennent.  Nefambone Yaya Dah (Ingénieur burkinabè, spécialiste en sécurité de système d’information, résidant en Belgique). «J’ai rencontré de nombreux jeunes étudiants Burkinabè en Europe très compétents qui désirent rentrer pour mettre leur savoir au profit du Burkina. Mais, tous ces jeunes disent la même chose : Ils ont peur de rentrer parce qu’ils ne savent pas comment ça va se passer. Ici, les compétences ne sont pas recherchées… Quand j’ai fini mes études en France, je suis immédiatement rentré au Burkina Faso. D’abord en tant que jeune et spécialisé dans un domaine, je voulais, toute suite servir mon pays. Quand je suis rentré, j’ai été pendant longtemps combattu par mes compatriotes même certains collègues de service. Je me suis dit : pourquoi rester ici ?». Un Professeur Hillel Rapoport à l’école d’économie de Paris (PSE) fait un constat pertinent dans son ouvrage sur l’incidence de la fuite des cerveaux: «On compte plus de médecins ghanéens à Londres qu’au Ghana, d’infirmières philippines aux États-Unis qu’à Manille, ou encore d’informaticiens camerounais dans la Silicon Valley qu’à Douala. Un natif d’Haïti, de Sierra Leone, du Cap Vert, de la Mauritanie ou de la Jamaïque a plus de chance de vivre à l’étranger que dans son pays s’il est diplômé du supérieur. Plus de 80 % des chercheurs en science et technologie nés au Vietnam, au Cambodge, au Cameroun, au Panama ou en Colombie résident aux États-Unis». En prenant même le cas des pays magrébins, rendez-vous compte qu’en 2018 à côtés-là : ce ne sont pas moins de 600 ingénieurs et 8 000 cadres supérieurs, nés et éduqués en Tunisie, qui ont quitté leur pays. Au Maroc par exemple, 91% des Marocains de moins de 35 ans souhaitent partir travailler à l’étranger, que ce soit pour élever leur qualité de vie ou faire évoluer leur carrière. La question est non seulement fondamentale mais transversale dans les pays dits fragiles en Afrique. Tous ces étudiants remettent en cause, la qualité de vie au travail, le faible taux de rémunération, les emplois instables,

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Entretiens

Nefambone Yaya Dah (Ingénieur burkinabè, spécialiste en sécurité de système d’information, résidant en Belgique)

«Les compétences ne sont pas recherchées au Burkina» L’éducation permet d’ouvrir de nombreuses portes, donc certaines donnent un accès à l’étranger. Les cerveaux les plus enclins à déguerpir vers de nouveaux horizons sont, en général, jeunes et passés par les bancs d’écoles ou d’universités locales. La caractéristique marquante  des expatriés réside dans leur niveau élevé de formation. Leurs diplômes en poche, ils partent vers un futur qu’ils estiment meilleur, que ce soit pour découvrir les nouvelles cultures, bénéficier les ressources technologiques et d’opportunités professionnelles plus enrichissantes ou pour fuir un environnement politique tendu, voire dangereux. (Lire «Libre propos» l’analyse complète du CHAT à ce sujet).   Pour le jeune Burkinabè Nefambone Yaya Dah, Ingénieur, spécialiste en sécurité de système d’information,  résidant en Belgique, c’est sensiblement le même cas. Au début, il s’intéressait à tout ce qui était électronique, après son baccalauréat, il s’est orienté en faculté d’informatique. Il a d’abord étudié deux ans au Ghana, pour revenir au Burkina Faso son pays,  faire la Licence en «Réseau et Télécommunication». Plus tard, il est rentré à la fonction publique en quête d’emploi. Déçu du traitement que l’on accordait aux jeunes, il a démissionné et s’est inscrit à l’Université de Poitiers en France où il a obtenu son Master en «Sécurité Informatique». Aujourd’hui, il est installé à Liège  avec sa structure de télécom baptisé CHRYSALIS. Il vient de mettre à la portée de nombreux utilisateurs, une nouvelle application innovante très sollicitée en Europe. Il séjourne en ce moment  en Afrique et plus précisément dans son pays pour en parler. Exclusivement, il a voulu se confier à OXYGENEMAG.INFO ce 14 octobre 2019, pour vous compter son parcours, ses expériences et surtout la vie des jeunes étudiants burkinabè installés en Europe en fin de cycle.   Pour directement planter le décor : Il y a un terme très répandu en ce moment «la cybercriminalité». C’est quoi exactement ? Tout d’abord, je me réjouis enfin, de pouvoir vous rencontrer. Car même en Europe, je vous ai invité à maintes reprises, mais on n’a pas pu se voir. vous êtes très suivi en Europe. Vous faites un travail très louable pour le Burkina Faso. Je tiens en sorte que vous le mentionner dans cet entretien. Je reviens à votre question. La cybercriminalité de nos jours, possède plusieurs facettes. Il y a ceux qui utilisent les réseaux sociaux pour pouvoir escroquer les gens qu’on appelle de la «cyber escroquerie». Il y a de la «cyber arnaque », la «cyber attaque »…il y a plusieurs démembrements de la cyber sécurité. Moi, particulièrement ; je travaille dans le domaine de la prévention. Donc tout ce qui est mis en place comme politiques de sécurité, politiques de reprises d’activités. Par exemple ; pour une entreprise qui est attaquée, quelles sont les procédures à mettre en place, pour pouvoir permettre à cette société de continuer à fonctionner malgré qu’il y ait un dysfonctionnement dans son système informatique ? Est-ce que ce que vous dites a un rapport avec les attaques terroristes incessantes que le Burkina Faso vit en ce moment? Disons qu’à travers les réseaux sociaux, il y a beaucoup d’informations qui sont relayées. Comme les réseaux sociaux ne sont pas régulés, il y a certaines informations qui fuites et à travers ça, ils suivent l’actualité et arrivent à cerner nos comportements. Oui effectivement, il y a un  rapport ! Est-ce qu’il y a une possibilité d’interpellation en cas de dérive ? Bien sûr ! Par exemple en Europe, ils ont mis des lois et règlements qui régulent tout ça. Il y a beaucoup d’interpellations. Par exemple les téléchargements illégaux sont sévèrement réprimandés et sanctionnés. On vous envoie un courrier à votre adresse pour vous le signifier en temps et en heure. Soit vous recevez une amende à payer et si c’est un délit qui est plus grave, on vous interpelle sur le champ.  Dans le cas du Burkina, franchement je ne sais pas si ça existe. Parlons du Burkina Faso, votre pays. Pourquoi vous avez déserté votre pays pour aller vous installer en Europe, alors que vous étiez engagé à la fonction publique ? Quand j’ai fini mes études en France, je suis immédiatement rentré au Burkina Faso. D’abord en tant que jeune et spécialisé dans un domaine, je voulais, toute suite servir mon pays. Quand je suis rentré, j’ai été pendant longtemps combattu par mes compatriotes même certains collègues de service. Je me suis dit : pourquoi rester ici ? C’est pour cette raison que je suis reparti en Europe parce que je me disais que c’était un domaine qui était en plein expansion. Surtout qu’on avait aussi besoin, même en Europe, de spécialistes dans ce domaine et que l’Afrique n’était totalement pas prête à travailler dans le domaine de la sécurité informatique ou de la cyber sécurité. C’est pour cette raison que j’ai opté de repartir m’installer en Europe. Concrètement, qu’est-ce que l’Europe vous a apporté ? On peut énoncer toutes les critiques sur tout ce qui se passe en Europe, mais en tant qu’africain, dans des domaines de spécialisation, comme la sécurité informatique, c’est difficile de pouvoir se faire recruter dans ces emplois-là en Europe. Mais une fois que vous arriviez à prouver que vous êtes dans la même logique qu’eux, il n’y a pas de raison qu’ils ne vous ouvrent pas les portes. Là-bas, vous êtes toute suite acceptés quand vous prouvez que vous avez les compétences requises. Par contre ici au Burkina Faso, vous êtes combattu. C’est la différence entre l’Occident et ici. Vous êtes là-bas depuis combien d’années ? Et quelles sont spécifiquement les expériences que vous avez acquises ? Ça fait quatre ans que je réside en Belgique. Pendant ces quatre années, j’ai acquis beaucoup d’expériences. Tout d’abord, quand je devais m’installer, ils m’ont obligé à suivre une formation de dix-huit (18) mois. Donc d’abord une première formation de six (6) mois en tant que consultant en sécurité «Cloud». Après, ils m’ont obligé à faire encore une autre formation en tant que consultant en protection des données. Toutes ses formations ont été payées par l’Etat Belge. Je n’ai

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Edito

OXYGENEMAG.INFO, partenaire des NAK 2019

OXYGENEMAG.INFO Partenaire média officiel des Nuits Atypiques de Koudougou (NAK 2019) Du 27 novembre au 1er Décembre 2019 Sous le thème : «Diaspora et Promotion de la Culture »   OXYGENEMA.INFO «Plus rapide qu’un clic !»  

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