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entretien avec Jean Pierre Bekolo (cinéaste africain)

“Est-ce que nous sommes condamnés à faire dans le mimétisme ? “ La 72ème édition du Festival de Cannes baissera les rideaux demain 25 mai 2019. Sur les 21 films qui sont en compétition officielle pour la Palme d’Or quelques-uns, suscitent des débats ici à Cannes. Après le film d’ouverture de l’Américain Jim Jarmusch dans “The Dead Don’t Die” une comédie d’horreur qui est restée classique, des films comme “Parasite” du Sud-Coréen Bong Joon-Ho ou deux familles en chômage se retrouvent dans une saugrenue histoire ne laisse personne indifférent. Le film d’actualité Belge intitulé “Le Jeune Ahmed” de Jean Pierre et Luc Dardenne mériterait une distinction. Un scénario qui met en ballotage Ahmed, entre les idéaux islamiques et les avantages que lui procure la vie. “Mathias et Maxime” du Canadien Xavier Dolan ovationné dans la salle et lors de la montée des marches. Un film dans un film qui remet en cause la vie sociale de deux garçons. À cause d’un baiser fait pour les besoins d’un tournage de court métrage. Tout bascule dans leur vie. “Sybil” de la française Justine Triet et “Once Upon A Time” de Quentin Tarantino où les stars hollywoodiennes étaient présentes peuvent également glaner quelque chose. Quelques déceptions entendues lors de ce festival, c’est le film “Atlantique” de Mati Diop qui a vu certaines personnes sortir de la salle. Certes, tourné avec des comédiens amateurs, le scénario en lui-même, affichait une certaine incohérence. Selon l’avis de certains puristes du 7ème Art, elle pouvait mieux retravailler ce film. Beaucoup de scènes inutiles, redondantes et élastiques. Tout compte fait, l’Afrique a été fortement représentée avec des réalisateurs non des moindres tels que: le sénégalais Moussa Toure, les camerounais Thierry Ntamack , Jean Pierre Bekolo, du burkinabè Michel Zongo, des marocains, algériens et bien d’autres… La participation africaine dans un si somptueux festival n’a pas laissé Jean Pierre Bekolo indifférent. Il m’a fait l’honneur de m’accorder un long entretien. Ce lauréat de l’Etalon d’Argent avec son film “Les Saignantes” en 2009, s’est offusqué contre le comportement des africains dans un tel événement. “Quand on nous invite dans ce milieu, nous servons de décor pour la photo. Tout compte fait, à chaque fois que je viens à Cannes, je fais toujours des efforts pour noircir Cannes avec les photos des africains…mais néanmoins, je ne pensais pas que depuis 1975 où l’Afrique était présente avec le film de Djibril Diop Mambety, on serait encore là, à se réjouir en 2019, quand un de nos compatriotes est sélectionné. Pourquoi devrions-nous attendre ça ? Que ce soit les autres qui décident à notre place…ce qui est flagrant et triste : Nous venons certes à Cannes pour se donner des tuyaux. Mais pour faire des films à bas prix de 20.000 dollars. Ce n’est pas ça du cinéma !! Pourquoi quitter nos pays en Afrique pour venir parler à Cannes des films à petit budget ? Rien que notre voyage simplement coûte plus chère que nos films. Il y a comme un paradoxe, si nous venons à Cannes, c’est pour trouver des tuyaux de financement à coût de millions de dollars. C’est dans nos villages et quartiers en Afrique qu’on peut parler de nos galères, mais pas ici à Cannes. Finalement Qu’est-ce qu’on recherche ? Est-ce que nous avons une vision de ce qu’on recherche ? ” Concernant la présence du film de Mati Diop à Cannes en compétition officielle pour la palme d’Or, Jean Pierre Bekolo le voit sous un autre angle. ” J’étais un peu déçu mais heureux en même temps. J’ai aimé la démarche de Mati Diop. Elle a été opportuniste dans le bon sens. Elle est la nièce de Djibril, elle fait un film et s’assure tous les soutiens pour venir s’imposer à Cannes. Je pense que cette opportunité nous manque parfois. Le fait qu’elle soit la nièce du célèbre Djibril Diop Mambety a fait que l’histoire puisse continuer. Certes les gens ont critiqué son film ici à Cannes, mais c’est aussi bien de saisir cette opportunité” Quant à l’avenir du cinéma africain, Jean Bekolo ne remue pas sa langue à ce niveau. “Il faut une nouvelle vision de notre cinéma ! Posons-nous les vraies questions. Est-ce qu’on va toujours faire du cinéma comme les autres ? Pourquoi faut-il toujours voir les autres faires pour qu’on copie ? Est-ce que nous sommes condamnés à faire dans le mimétisme ? ” Hervé David HONLA!

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Moussa Toure (Réalisateur sénégalais)

“Nous n’avons pas d’industrie cinématographique en Afrique ! “ Réalisateur sénégalais, réputé pour le documentaire, Moussa Toure est l’un des plus célèbres scénaristes africains. Son film “la Pirogue” sorti en 2012, lui a valu une renommée internationale. Président du jury du documentaire au FESPACO 2011, il est présent à Cannes pour plusieurs activités. oxygenemag.info est allé  à sa rencontre en plein cœur du festival de Cannes, assis dans l’un des plus prestigieux restaurant du monde “New York” il m’a accordé cet entretien, tout en étant heureux et surpris de me voir ici à la Côte d’Azur. J’imagine que votre présence ici à Cannes, n’a rien de symbolique. Bien au contraire, c’est une évidence. En effet, j’suis un habitué de ce festival. C’est une fête internationale du cinéma et j’avais beaucoup de rendez-vous à la fois dans la production et la coproduction. On s’est mis d’accord sur pleins de projets. Je vais commencer à tourner l’année prochaine. Quelle peut être la participation de l’Afrique à un tel festival ? Une participation effective et pleine de contacts. Le Sénégal est en compétition officielle. Il y a la Tunisie dans “Un certain regard “, l’Algérie aussi etc. Cannes c’est grand, même avec notre participation, l’Afrique ne brille pas ! Celle qui a brillé au niveau uniquement de la participation, c’est la réalisatrice Mati Diop. Sinon, il faut qu’on brille dans ce festival, comme l’Asie, l’Amérique, l’Europe ! Quel est le problème de notre industrie du Cinéma ? Avant de parler de formation, nous n’avons pas d’industrie cinématographique en Afrique ! Moi je ne comprends pas ! On n’a pas d’industrie et on veut faire du cinéma. Pire même : on veut aller concurrencer d’autres marchés qui possèdent une industrie bien outillée. Le gros problème de l’Afrique concernant son cinéma, c’est qu’il n’y a pas d’industrie. On parle de formation patati et patata… Mais dans l’industrie c’est la formation, la production, l’exploitation, la distribution… On n’a rien ! On fait du cinéma, c’est comme si, on le fait dans le vent ! Rendez-vous compte, on fait un film difficilement, on le produit difficilement, on le montre difficilement, ce n’est pas ça une industrie, car il n’y a que des difficultés… …Mais Moussa Toure, le cinéma sénégalais est tout de même un bon exemple. Mati Diop est à Cannes, Alain Gomis a remporté deux Étalons en 5 ans. L’État y accorde de l’intérêt… Il faut comprendre une chose: Qui met de l’argent dans ces films-là ? Ce n’est pas le Sénégal ! Pour un film d’1 milliard de F CFA, le Sénégal met 100 millions ça veut dire quoi ? Il y a un problème quand même !! C’est vrai que le Sénégal est présent, mais il faut voir la manière. C’est la France qui met 800 millions et le Sénégal met 50 ou 100 millions. C’est plutôt la réalisatrice qui porte le film et non une production digne de ce nom. Il ne faut pas se leurrer. C’est le réalisateur qui porte le projet et non la production, il faut qu’on soit clair ! Tous ces films que vous voyez là, c’est la France qui porte le projet. Le jour où on va commencer à produire un film nous-mêmes, c’est là où ça va aller. Hervé David HONLA  

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