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BILAN CULTUREL DE L’ANNEE 2023 AU BURKINA FASO

Comme chaque, je vous propose la rétrospective des activités culturelles qui se sont déroulées au Burkina Faso en 2023. Une rétrospective que ‘ai placé sous le signe de la « reconquête du territoire national par la culture ». Bonne lecture     Une année culturelle qui a connu un regain d’espoir avec des activités qui se sont déroulées dans une bonne partie du territoire nationale. Certaines qui ont été suspendues les années antérieures ont repris en 2023 Le Burkina Faso traverse depuis huit années des exactions tyrannicides provoquées par des ennemis de la Nation qui veulent instaurer l’extrémisme violent. Il y a un voire deux ans, on parlait de 60% du territoire national inaccessible, mais aujourd’hui les statistiques se sont complètement inversées et la reconquête est en marche d’autant plus que certaines populations regagnent leur localité.   Le département de la Culture est dans sa grande majorité revigoré, bien que le satisfecit ne soit pas encore général. Mais pour avoir déjà repris et surtout créé d’autres activités, ce sont des signes d’espoir et d’espérance. Cette rhétorique qu’on lisait régulièrement dans les communiqués gouvernementaux à savoir suspendre les activités de réjouissance pour deuil national, semble être révolu. En tout cas, pour l’année 2023. Ça été aussi un facteur important de résilience. Au regard de la reprise progressive des évènements culturels, l’ensemble des acteurs culturels issus des différentes filières ont greffé la quasi-totalité de leurs modules sur le soutien patriotique avec un point d’honneur sur les FDS/VDP. Pas un séminaire, un colloque, un festival, une sortie de promotion, un spectacle de musique, cinéma ou théâtre sans que la thématique ne soit exclusivement orientée vers ce soutien patriotique. En termes de chiffres dans la musique. 97, presque qu’une centaine d’auteurs/compositeurs ont réalisé des œuvres en faveur du soutien aux FDS/VDP, Déplacés internes, le Président de la Transition etc.   L’organisation des grandes cérémonies officielles Dans sa volonté de répondre à ses détracteurs où à ceux qui décrivent le Burkina comme un véritable chao, le gouvernement a maintenu et surtout renforcé l’organisation de tous ses évènements à caractères international. On peut citer en début d’années, le SALON INTERNATIONAL DE L’ARTISANAT DE OUAGADOUGOU (SIAO) qui a eu lieu du 27 janvier au 5 février 2023 sous le thème : « L’artisanat africain, levier du développement et facteur de résilience de la population ». Cette 16è édition a connu la participation de 360 223 visiteurs grand public, 34 pays invités, 697 journalistes issus de 76 médias nationaux et internationaux et de 32 acheteurs professionnels.   La 28e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) qui a eu lieu du 25 février au 4 mars 2023 sous le thème « Cinémas d’Afrique et culture de la paix » a connu un franc succès inimaginable. Plus de 170 films ont été projetés. C’est le Tunisien Youssef Chebbi qui a remporté l’Etalon d’or de Yennenga avec son film Ashkal. L’étalon d’argent est revenu notre compatriote Apolline Traoré, avec son film « SIRA » qui a remporté également de nombreux trophées dans le monde. Le cinéma burkinabè reprend progressivement de l’élan avec de nombreuses productions ; une vingtaine cette année. La relève est désormais déclenchée. La SEMAINE NATIONALE DE LA CULTURE qui fêtait sa 20è édition à Bobo-Dioulasso du 29 avril au 6 mai 2023 sous le thème : « Diversité culturelle, ferment de l’unité nationale ». Malgré la suspension de l’aide au développement et de l’appui budgétaire de la France à partir du 6 août, le gouvernement Burkinabè n’a annulé aucune activité ou encre réorienté sa politique culturelle. Bien au contraire ; les députés de l’Assemblée Nationale législatives de Transition (ALT) ont voté en août dernier le projet de loi portant PROTECTION, SAUVEGARDE ET VALORISATION DU PATRIMOINE CULTUREL AU BURKINA FASO. Ceci dans le but de renforcer la gouvernance du secteur du patrimoine culturel matériel et immatériel. Nous avons eu le Salon International du Tourisme et de l’Hôtellerie de Ouagadougou (SITHO) qui s’est tenu du 26 au 29 octobre avec la Vitrine Internationale du Tourisme, de l’Hôtellerie et de la Restauration de Ouagadougou (VITHRO) sous le thème : « Promotion du tourisme interne, facteur de résilience ». C’est le Niger qui était pays invité d’honneur.   Et bien sûr la 17è édition de la Foire International du Livre (FILO) du 23 au 26 novembre dernier qui a été fortement médiatisée et a connu un véritable succès, jamais réalisé depuis qu’elle existe. C’est sous le thème : « Les opportunités du numérique pour le développement de l’industrie du livre au Burkina Faso ».  Cela marque la volonté du gouvernement de la Transition à mettre la Culture au centre des préoccupations pour une unité nationale effective. C’est la raison pour laquelle, le Ministre d’Etat de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Monsieur Rimtalba Jean Emmanuel OUEDRAOGO, en défendant le budget 2024 de son département face à la Commission Finance et Budget de l’Assemblée Législative de Transition en novembre dernier ; il a souhaité qu’une attention particulière soit accordée dans le prochain budget. Car la Communication, le Tourisme et la Culture sont des secteurs stratégiques pour le développement du Burkina. La sécurisation foncière des sites touristiques, la restructuration du secteur des industries culturelles créatives, la construction d’infrastructures, l’acquisition de matériels logistique et d’équipements sont, entre autres, les grands défis à relever pour ce ministère. Signalons aussi que depuis novembre 2023, le Burkina est devenu membre du conseil exécutif du Centre International d’Etudes pour la Conservation et la Restauration des biens culturels. Une organisation intergouvernementale créée par L’UNESCO en 1956 qui a renouvelé les membres de son conseil exécutif à Rome en Italie.   La culture accompagne à ne point douter l’opération de reconquête du territoire national. J’en veux pour preuve, les multiples évènements culturels qui se sont déroulés sur la bonne partie du territoire national. Il y a eu un 47 festivals à Ouagadougou, 9 à Bobo-Dioulasso, 6 à Koudougou et 11 dans les différentes villes avec surtout, un festival qui a fait preuve de résilience dans la province du Sanmatenga, le festival KAYA NOOMA qui a eu lieu du 14 au 17

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Kaya Nooma : Répondre par le festival

Les festivals de musique sont aujourd’hui incontournables dans l’agenda culturel burkinabè. Le contexte de résilience oblige. Organiser chaque semaine, un peu partout dans les grandes métropoles des festivals, c’est aussi et surtout une réponse aux ennemis de l’unité et du vivre ensemble. Le meilleur message et la meilleure a été donné à Kaya du 14 au 17 décembre dernier à la faveur du festival KAYA NOOMA. Retour sur un festival qui a tenu toutes ses promesses.   La deuxième édition du Festival international des mythes et traditions Kaya Nooma était très attendue dans toute la province du Sanmatenga. Car cette riche région du Centre-Nord est emprunt aux exactions conflits armés entre extrémistes violents et le forces de l’ordre. Les victimes sont évidements les familles qui sont contraintes de quitter leurs habitations et localités pour rejoindre le chef-lieu Kaya. A l’entrée de cette ville, c’est un impressionnant relief d’habitats de fortune qui jonche la ville. Les déplacés internes sont logés et assistés par les populations et les autorités administratives, religieuses, humanitaires et culturelles. A cause justement de l’insécurité dans la région, le festival n’a pas pu se tenir en 2022, mais grâce à l’opiniâtreté de son promoteur Rodolphe Directeur de la structure « Force d’la Culture » et des fils et filles de la région, ils ont ensemble décidé de relever le défi en organisant cette année, cette deuxième édition. « Les populations de Kaya s’impatientaient. Elles attendaient de ferme ce festival. Rendez-vous compte qu’une forte délégation des patriarches, sont même venus me demander de prolonger d’une semaine ce festival » affirme le directeur du festival. Preuve que KAYA NOOMA était très attendu. La ville ne vibrait que sur ce festival. Tous les jours, commerçants, riverains, artistes, forgerons, artisans et touristes etc. convergeaient en grand nombre sur le site du festival. C’est une marée humaine qui arpentait le site tous les soirs. Impossible de se frayer le moindre passage ; piétons ou en engins à 500 m du site. Sur une superficie d’environ 2 hectares, le site du festival a refusé du monde. Contrairement à d’autres festivals, KAYA NOOMA met un point d’orgue sur le partage et le don de soi. Tous les jours notamment en journée, les artistes et personnalités publiques invitées au festival se sont volontairement et à cœur joie en offrant plus 2000 kits repas aux enfants et familles de déplacés internes. C’est l’un des moments émouvants de festivals. De Sofiano à Floby en passant par DJ DOMI, Aicha Trembler, Awa Boussim ou encore Prince Dossama, ils se sont prêtés à cet exercice.   Réputée pour être une ville riche pour son pôle émergent en matière de produits d’artisanat. De la maroquinerie en passant par les sacs en cuir, nattes de prières et les et les tissus bariolés, l’originalité fait sa fierté lors des grands festivals comme celui de Kaya Nooma. Les touristes se bousculaient dans les stands. Les organisateurs ont eu l’ingénieuse idée de faire le distinguo sur le site entre les compartiments d’objets artisanaux locaux et de la « chinoiserie ». L’autre particularité qu’on a pu apprécier avec stupéfaction dans ce festival, c’est les performances de la culture de la forge. C’est un secret de polichinelle, le Sanmatenga est le bastion des forgerons. Car à 5 km à l’ouest dans le secteur de Tiwêga, se trouvent trois hauts fourneaux très bien conservés de réduction du minerai de fer datés entre le XIIIe siècle et XIVe siècle. Ils ont été classés le 5 juillet 2019 au Patrimoine mondial de l’UNESCO avec quatre autres sites. Notamment, à Yamana, Békuy, Kindibo et Douroula. Ce festival a donc permis aux visiteurs d’échanger avec les forgerons et surtout d’assister aux différentes étapes de fabrication d’un minerai.   En observant l’enthousiasme des populations de Kaya pendant ce festival, tout porte à croire que KAYA NOOMA était très attendu dans la région. Toutes les couches de la société ont tiré son épingle du jeu. Du parking aux vendeurs à la sauvette en passant par les intermittents des festivals et les volontaires, tous sont unanimes à affirmer que ce festival doit davantage être pérennisé et soutenu par les plus hautes instances du pays au regard de la réponse qu’il apporte aux ennemis et du réconfort qu’il donne à la région.   Les spectacles et les plateaux musicaux ont également rempli toutes leurs promesses. Un backline assuré par la structure Adonidja qui distillait une sonorisation d’appoint, ce qui a permis surtout à Sofiano de donner un spectacle live les plus réussi de sa carrière d’artiste musicien. Musiques traditionnelles et musiques modernes se conjuguaient idéalement sur la même scène sans discrimination avec une bonne dose de parenté à plaisanterie. Certes, les festivaliers se donnaient à cœur joie en écoutant de la bonne vibration des auteurs/compositeurs, mais l’objectif de Rodolphe et son équipe étaient de passer un message aux autorités politiques et militaires. Kaya se portera si et seulement si des évènements de ce genre existeront. C’est environ 12 000 personnes qui convergeaient tous les soirs sur le site. Un record en termes de rassemblement à Kaya. KAYA NOOMA en quatre jours, aura apporté une réponse tangible aux besoins de populations qui, parfois, sont entretiennent imbibées dans une sorte de psychose au quotidien. Hervé David HONLA

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SOLO DJA KABACO : A quand son concert géant ?

C’est bien beau de soutenir les jeunes artistes qui apparaissent et disparaissent dans le milieu comme des champignons. Mais, il est surtout idéal et important de consacrer davantage nos artistes intemporels à l’image de cet artiste SOLO DJA KABACO. Si on fait venir des sommités mondiales pour des évènements prestigieux ; si on sponsorise à coût de millions les jeunes artistes ambassadeurs des produits téléphoniques pour leur concerts dans les stades, pourquoi toiser ou encore oublier des légendes vivantes à l’instar de Solo Dja Kabaco ?   L’espace culturel YELBA a refusé du monde dans la nuit de 9 décembre à la faveur des Journées Culturelles Dafing qui ont débuté le 8 décembre dernier. Cette soirée du 9 décembre était donc dédiée à l’artiste Solo Dja Kabaco. La promotrice Sylviane Goulois Ouédraogo avait sous-estimé cette journée. Elle s’attendait à une soirée singulière où l’artiste allait simplement égrener quelques titres de son répertoire. C’était sans compter sur ses fans qui n’attendaient que cette date. Solo Dja Kabaco, a donné, non seulement le meilleur de lui-même, mais il a aussi fait danser toutes les générations présentes dans ce modeste temple culturel. Cette deuxième journée des JC Dafing a commencé sous les chapeaux de roue par un défilé de mode exécuté de mains de maître par la styliste TS Confection. Ce qui a permis de découvrir l’autre facette du Faso Dan Fani avec une couleur et des motifs particuliers. Le parrain de ces journées, Amadou KIENOU était au four et au moulin, tandis que le visage de Sylviane Goulois affichait une forte fatigue. Le poids de l’organisation pratique associé aux exigences de la gastronomie y est pour beaucoup.   Mais avec un artiste de la trame de Solo Dja Kabaco à Yelba, il y a de quoi se revigorer. De son vrai nom Souleymane Koné né dans la Kossi, les JC Dafing ne pouvaient donc pas se dérouler sans la participation de cette icône de la musique Burkinabè. Ce fils de muezzin, en plus de la qualité de sa voix, est une virtuose de la guitare sèche. Solo possède son style de jeu et de prestation particuliers dont lui seul a le secret. Ses talents de musicien sont appréciés partout en Afrique et même au-delà. Raison pour laquelle, il a été surnommé « Kabaco » qui veut dire en dioula « Le phénoménal ». Pas un tube n’a été exécuté sans que la foule à l’unisson, ne forme une colonne ou une file indienne pour danser. Dès qu’il grinçait sa guitare, le public prenait le relai dans les chants. Le plus exaltant, c’est quand l’artiste se lance dans des improvisations phonétiques. Il barbouille sa langue et ses lèvres pour faire ressortir un dialecte de nulle part dans une parfaite harmonie musicale. Entre plaisanterie et anecdotes, le premier Kunde d’Or de l’histoire de cette manifestation est une véritable mine d’or pour le Burkina. A l’issue de cette deuxième journée des JC Dafing riche en folklores, tout ce qui se papotait dans le public autour d’un verre, était le désir ardent de le voir donner un concert géant au Burkina Faso. Il mérite une liesse populaire dans un concert live digne de son rang. Hervé David HONLA  

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BABA VILLAGE : Pensez à l’ouverture

La sixième édition du Festival International BABA VILLAGE s’est achevée le 19 novembre 2023 au terrain des Léopards par une prestation monumentale de Floby. Un festival qui aura battu tous les records d’affluence.   Le monde d’aujourd’hui est construit de telle sorte que l’isolement total est impossible. La tenue d’un tel festival au Burkina Faso dans un tel contexte permet de renforcer la socialisation des compatriotes. C’est-à-dire que chacun, par interaction avec son mode de vie, va intégrer les modèles culturels qui l’entourent. Enfin, ce partage d’une culture commune permet une certaine cohésion sociale. L’Etat burkinabè et les partenaires qui ont cru à ce projet de ce jeune artiste talentueux ont vu juste. Au lendemain de ce festival, tout le monde est unanime pour affirmer que le Festival International BABA VILLAGE fut un franc succès sur toute la ligne. Aucun incident majeur, aucun grabuge ni pugilat…c’est le plan rêvé de tous les directeurs de festivals. Arriver à clore une édition dans les conditions pareilles, c’est la cerise sur le gâteau. Pendant quatre jours (du 16 au 19 novembre), les ouagalais convergeaient tous les jours du côté du terrain les Léopards pour bénéficier de toutes les offres offertes sur le site. Les produits d’assurance, les produits artisanaux, les vêtements et autres accessoires de mode, les gadgets et offres téléphoniques, la gastronomie et boissons…   A en croire les exposants et propriétaires de stands, ils n’ont pas eu besoin d’attendre les jours de pointe pour écouler leurs produits. Dès l’ouverture du festival, ils se faisaient de bons chiffres. Les tenanciers de stands gastro et boissons étaient débordés.   Le maillon le plus important de ce festival était les régies sono, lumière et tout le backline. Ce secteur était géré des mains de maître par Issouf Balima, qui avait rassuré les hommes de médias 48h avant, que ce volet ne souffrira d’aucune contestation. Deux podiums et deux scènes étaient érigés sur le site. L’un était réservé pour les artistes en herbe et les partenaires et le plus prestigieux et majestueux podium conçu par KK SOUNDS, surplombait tout le site. La régie son et lumière était fourni également par cette structure qui a le vent en poupe en ce moment. KK SOUNDS aura marqué des points en matière de couverture sonore dans un tel espace ouvert. L maîtrise des différentes cérémonies ont été parfaitement assurée par une bonne brochette des présentateurs non des moindres tels que Jacky El Feno, Freddy Lino, Soufiane Ouédraogo…   Le directeur du festival Aziz Abdoul TIEMTORE, la cheville ouvrière du festival a su contenir ses émotions face à la pression qu’il subissait tous les jours, tant avec les artistes, les prestataires et les exigences logistiques. C’est environ 4 000 festivaliers que le directeur a accueilli par jour, les trois premiers jours sur le site. Au quatrième et dernier jour, le nombre avait doublé et l’accès sur le site était impraticable. Tous les casiers de boissons étaient réquisitionnés pour servir de chaises ou de table. Des festivaliers sont même allés s’asseoir près des fourneaux de braise des restauratrices.   La planification artistique était assez étoffée avec une première partie réservée aux prestations playbacks qui commençaient tardivement autour de 21h et la grande scène qui accueillait environ 6 (six) vedettes de la chanson moderne et traditionnelle. Une journée a même été réservé au plateau féminin. Les performances de ses créateurs étaient pour la plupart à la hauteur avec des exploits des uns inattendus. Les noms qui reviennent comme des artistes qui ont illuminé ce festival, on peut sans hésiter citer ; Zougnazagmda, Sadjio Kodda, Kalam, Rama N’Goni, Barack La voix d’Or, Amzy, Sofiano, Ella Nikiéma, Pamika et Floby. Francky Degam et Tourou ont agréablement surpris le public grâce à leur éloquence artistique. Les déceptions sont mises au compte de Limachel, Mara et Elty qu’on attendait pourtant beaucoup dans ce festival. Ils sont passés à côté.   Le Festival International BABA VILLAGE aura eu le mérite d’offrir des plateaux alléchants à toutes les tendances d’artistes avec des styles musicaux différents. Des plus aguerris aux débutants, tout y était sans discrimination. L’autre satisfaction majeure est la sécurité. La police nationale a parfaitement rassuré les festivaliers. Ceci renforcé par la structure de sécurité CASD SECURITE. Une société privée experte en sécurité évènementielle. En termes de perspectives et au regard de l’ampleur que prend ce festival, il serait judicieux que FLOBY (Noom-Naaba) et son comité d’organisation envisagent professionnaliser davantage ce festival. L’espace en l’occurrence le terrain des Léopards semble déjà exigu au regard de la forte affluence. Une délocalisation sur un site deux fois plus grand serait idéale. Cela facilitera le travail de la police, gendarmerie et sécurité. Et un déploiement logistique plus vaste permettra aux techniciens de mieux s’organiser, permettant par ricochet une fluidité dans la circulation des festivaliers. Le terrain des Léopards est très compact, la moindre échauffourée peut faire paniquer les festivaliers déjà confinés sur ce site. Le terrain Newton pourrait combler cette inquiétude.   Il serait avantageux que la culture burkinabè ne se renferme pas sur elle-même. Passer chaque année à s’auto-glorifier ne pousse pas nos artistes et notre industrie du spectacle de grandir et surtout de mesurer ses performances face aux autres. Inviter les grosses pointures de la musique africaine au festival donnera plus de tonus et de crédit à l’évènement sur le plan international. Surtout, cela permettra à notre industrie musicale de prospérer vers d’autres cieux.   Même « perdu » en plein Sahel avec tous les stéréotypes qu’avance la communauté internationale sur le Burkina Faso, une culture doit toujours entrer en relation avec l’autre. La musique de nos jours ne vit pas en vase clos. La relation peut s’établir de manière insidieuse dans ce festival. Un artiste, un producteur ou un directeur de festival peuvent donner à l’autre et recevoir de l’autre sans le savoir. Voilà pourquoi «la diversité culturelle » dont on parle tant aujourd’hui n’est pas seulement un effet de mode. Cette diversité pourrait signifier la non-domination d’une culture par rapport à une autre, la reconnaissance de chaque culture par la

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Spectacle à BABA VILLAGE : Trichez au moins bien !

Hier la journée du Festival International BABA Village a été riche en rebondissement. Pour un samedi, les 9 000 âmes présents sur le site ont été servi en spectacle. Trois artistes ont particulièrement brillé. Il s’agit par ordre de mérite : Ella NIKIEMA, Sofiano et Barack La Voix d’Or. La première Ella NIKIEMA annoncée pour clore la journée, ce chantre a été héroïque. Elle a littéralement évangélisé la foule qui est restée danser et chanter jusqu’à 2h45m avec comme choriste le Noom-Naaba au micro sur la scène aux côtés du guitariste émérite Max Solo. Le deuxième SOFIANO a étonné plus d’un. Beaucoup n’entendaient pas une telle performance de sa part. Lui qui était plus connu dans les scandales que dans ses œuvres musicales qu’il maîtrise pourtant bien. Hier, Sofiano aurait remis les pendules à l’heure en démontrant son immense talent, tant dans le live que dans la discipline scénique. Le troisième Barack La Voix d’Or venu tout droit de la capitale économique et culturelle Bobo-Dioulasso, a démontré son immense talent et sa grande expérience en matière de live. Annoncé juste après la débâcle de Elty, Barack n’a pas raté cette occasion rêvée. Bien au contraire, il s’est montré convaincant et, il a surtout engrangé des points auprès des nombreux directeurs de festivals présents ce soir-là. La grosse déception fut la prestation de Elty qui a manqué sa première sortie dans un tel festival aussi réputé où la moindre erreur se paie cash ! Annoncé par le MC Freddy Lino, l’homme du « pain » n’était pas prêt surtout son orchestre en l’occurrence son informaticien qui n’a pas pu allumer son ordinateur sur la scène. Dommage pour les jeunes artistes d’aujourd’hui ; sans ordinateur, ils ne peuvent plus jouer en live. Sa seconde sortie fut acceptable d’autant plus que ses fans voulaient surtout entonner avec lui, son tube préféré. Les nouvelles donnes du live avec l’instauration des ordinateurs, des claviers samplés ou encore des platines de DJ sur des prestations lives nécessitent plus de tact et de dextérité. Quand on ne sait pas s’en servir, autant apprendre à répéter avec son orchestre tous les soirs de façon classique. L’utilisation des ordinateurs samplés sur des scènes lives ne remplace pas les performances des musiciens, mais ils améliorent ; Ce n’est pas l’ordinateur qui jouera à la place des instrumentistes ou encore un micro harmonisé et régler à la voix de l’auteur. Les musiciens doivent s’exercer et prouver leur savoir-faire sur une scène qui leur est dévouée. Depuis le début de ce festival, beaucoup de jeunes artistes (3 à 4 ans de carrière) montent sur scène avec des ordinateurs samplés, mais, il faut s’avoir s’en servir tout en donnant aux instrumentistes leurs places prépondérantes. Donc ne pensez pas que les journalistes critiques que nous sommes, ne voyons pas votre mascarade. LECHAT !

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Concert manqué de KEROZEN à GAOUA: Arnaque ou escroquerie en bande organisée ?

Annoncé en grande pompe à Ouagadougou 30 octobre, Bobo-Dioulasso 28 octobre et Gaoua le 1er novembre, la star ivoirienne Kerozen a honoré difficilement les deux premiers rendez-vous, mais le dernier de Gaoua n’a pas eu lieu. Selon le promoteur Petit Jesus venu à plusieurs reprises à OXYGENE MAG pour dénoncer « la filouterie » dont il serait victime orchestrée par l’organisateur de la venue de KEROZEN au Burkina en la personne de Jean-Marc, le leader du showbiz de Gaoua affirme avoir remis 3.000 000 FCFA au promoteur Jean-Marc devant témoin pour le cachet de Kerozen à GAOUA. Il réclame farouchement le remboursement de cet argent.   Selon Petit-Jésus, à la veille du concert de Gaoua, une délégation est venue chercher à l’hôtel Kerozen et sa productrice Emma Dobre Pro. Cette a d’abord dit que son artiste souffrait d’une indigestion, mais que le lendemain, la délégation repasse les chercher car il sera d’appoint, pour regagner le Sud-Ouest. Revenu donc le lendemain, 1er novembre au petit matin, KEROZEN et sa productrice Emma Dobre ont pris le vol pour Abidjan, la nuit dernière.   La productrice et son artiste ont-ils pris la poudre d’escampette emportant le cachet sans jouer à Gaoua ? Ou bien, tout a été monté de toute pièce avec le staff de l’artiste et Jean-Marc le promoteur ?   Toujours est-il que, Petit-Jésus est en colère, raison pour laquelle, il a surgi dans les bureaux de OXYGENE MAG avec les éléments de la police et prendre le magazine à témoin quant aux poursuites qui infligées aux différents concernés si le remboursement de la totalité de la somme n’est pas fait dans les brefs délais. Joint à plusieurs reprises au téléphone, Jean-Marc ne décroche pas le téléphone. Ni celui de Petit Jésus, ni celui de la rédaction de OXYGENE MAG. La justice se prépare à saisir le dossier au rebond et OXYGENE MAG vous fera régulièrement l’écho des rebondissements de « L’affaire Kerozen manqué à Gaoua ». LECHAT !  

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SMARTY : Un concert pour la paix et l’unité

Le 18 novembre à Ouagadougou s’annonce mémorable et innovant dans les idéaux d’un artiste aussi célèbre à l’image de SMARTY. En effet, il lance un concept qui sera dorénavant perpétué à la même période de l’année, qui consiste à donner un géant spectacle gratuit à Ouagadougou avec comme seul dénominateur commun : La paix et l’unité.   KUNDE D’OR 2023, Smarty n’est plus à présenter dans la sphère culturelle en générale et musicale en particulier. « Pondeur » des tubes d’anthologie qui font couler beaucoup d’encre et de salive dans le continent Louis Salif Kiékiéta de son vrai nom (Enfant de Bilbalogo) retourne sur ses pas. Ambassadeur national de bonne volonté de l’UNICEF au Burkina Faso, parle Paix et d’unité, il n’y a pas mieux que lui pour parler de « Peace and Unity » au Burkina Faso. Le concert qu’il annonce le 18 novembre sur le terrain du Camp Fonctionnaire en face de la Cathédrale se veut fédérateur et inclusif. L’auteur de « Tout le monde et personne » part du principe que les conflits et les divergences doivent être réglés par des moyens pacifiques tels que le partage, la médiation et l’inclusivité. Les nombreuses exactions que connait le Burkina Faso témoignent de l’importance de la pluralité et le dialogue culturels. Le respect de la différence est le seul moyen de parvenir à l’unité. Convaincu que les artistes musiciens doivent être au cœur des processus de prévention des conflits, de réconciliation et de rétablissement de la paix, Smarty va donc formellement dans ce sens. Le lauréat du Prix Découvertes Rfi 2013 voudrait donc ouvrir la voie en montrant comment travailler ensemble au-delà des clivages politiques, culturels ou religieux et en nouant des concepts artistiques constructif et non lucratif, comme moyen de régler les conflits. Toutefois, la participation de ce premier concert du genre est plus ou moins conditionnée par une tenue vestimentaire dont la couleur dominante doit être le blanc. Hervé David HONLA  

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BILAN REMA 2023 : On ne mesure pas la portée

La sixième édition des Rencontres Musicales Africaines (REMA) s’est achevée le 21 octobre dernier par un gigantesque concert à la Place Mémorial des Héros Nationaux. Retour sur une activité qui vient d’être inscrit au panthéon des évènements culturels du Burkina Faso. Durant trois jours, du 19 au 21 octobre dernier, les REMA ont regroupé une pléthore d’activités à Ouagadougou sur la musique avec comme thème central : « Diversité artistique et découvrabilité, au cœur de la création musicale ». Pendant donc 72h intenses des acteurs et professionnels de la filière musique ont amplement échangé et débattu sur la mise en place d’une véritable plateforme de partages d’expériences. Il a surtout été question du business de la musique en Afrique à travers les Panels Professionnels, des Keynotes, des Workshops, des Showcases, des Speed meeting, un concert géant de clôture etc. Au regard du contexte sécuritaire délicat, rassembler autant de monde et surtout des professionnels de la musique, pas des moindres, venus d’une vingtaine de pays à travers la planète y compris des responsables diplomatiques…ce n’est pas plus aisé au Burkina surtout émanant d’une structure culturelle privée, la COUR DU NAABA fondée par l’artiste Alif Naaba, également Directeur des REMA.   Le plus encourageant, c’est l’engagement très étroit du Programme des Nations Unis pour le Développement (PNUD), de l’Ambassade extraordinaire et plénipotentiaire de la République Fédérale du Brésil auprès du Burkina Faso avec la présence himself et tous les jours de l’Ambassadrice S.E Mme Ellen Osthoff Ferreira De Barros. Le projet « Nos voix pour la paix » porté par la COUR du NAABA qui a vu le jour le 10 octobre dernier, sous la houlette d’Alif Naaba grâce au Programme des Nations Unies (PNUD), a connu sa première grande articulation pendant les REMA. En effet, plusieurs artistes burkinabè se sont alliés pour une croisade pour la paix. Le premier message est parfaitement passé le 21 octobre du côté de la place du Mémorial des Héros Nationaux. L’une des particularités des REMA, c’est la nomenclature et le profil des invités présents à Ouagadougou. Professeurs d’Université, Hommes politiques, Responsables d’institutions, les artistes, les journalistes… Des structures réputées comme Movement Of Creatives Africas (MOCA), le MASA en Côte d’Ivoire, Jaiye Enjoy Good Music en France, Programme Escale Bantou au Cameroun, Visa For Music, Francophonie, Agence MAA, BOMAYE Musik, Nemesis ou encore No’oCultures. De façon générale, les REMA 6 ont connu une affluence notoire contrairement aux éditions précédentes dont beaucoup d’acteurs burkinabè de musique observaient avec beaucoup d’appréhension. Aujourd’hui, bons nombres semblent revenus à la raison, allant même à affirmer que « c’est une aubaine que les REMA sont nées au Burkina Faso ». Les trois panels ont rempli les attentes du comité d’organisation. Habitués à jouer aux abonnés absents quand il s’agit de débats, le signe indien s’est plutôt été brisé à Bravia Hôtel où se déroulaient les panels. Mais, triste est de constater que les acteurs directs de la filière musique burkinabè continuent à faire grise mine aux REMA. Au regard de la pléthore des maisons de disque et des directeurs d’évènements qui existent au Burkina Faso, dommage qu’ils n’étaient pas présents aux assises et aux rencontres. Les « Speed Meeting » étaient presque vides pourtant, de grosses maisons de disque et de production de la planète étaient représentées. Seul Destiny Prod de Tidiane Ouédraogo encore le Groupe Slamazone, BSL de Huguo Boss étaient assidus aux rencontres. Pourtant, pas une semaine ne s’écoule dans les grandes métropoles au Burkina sans qu’un évènement musical, ne se produise. Même au meeting de la FFEPAA (Fédération des Festivals de Musique, des Producteurs, Editeurs et Artistes Musiciens d’Afrique) où l’on s’attendait à voir une bonne brochette des éditeurs et producteurs à cet évènement, mais, il n’en a rien été. Les débats sont certes édifiants, l’Africain est très habile et loquace quand il s’agit de jouer les bons orateurs. Mais tout reste théorique, sans véritable suite. Les REMA devraient quantifier et produire des documents ou synthèses pour tout ce qui a été dit ou arrêté lors de chaque édition. Des exemples concrets de collaboration ou contrat en créateur/Producteur, Editeur/promoteur, Tourneur/artiste etc. doivent présentés et salué comme des signes d’amélioration et des statistiques pédagogiques pour d’éventuels recherches. L’initiative de primer, le jeune talent de la musique africaine soutenue par l’Ambassade du Brésil est noble et mérite d’être abordé avec acuité. Mettre l’accent plutôt sur la qualité des prestations et le talent des candidats, au lieu de tomber sur le coup de l’émotion et la charité dans les critères. Une cagnotte plus consistance et revue à la hausse serait plus encourageant, au regard des efforts que les créateurs fournissent tant dans le déplacement et les jobs en studio. Les journalistes culturels burkinabè ou les critiques d’Arts peuvent être aussi des panélistes. D’autant plus que certains se spécialisent de plus en plus dans la musique. La présence et les interventions de l’Institut Français de Ouagadougou à travers son Directeur Pierre Muller a suscité beaucoup l’amabilité au seins des acteurs de la musique, au regard du contexte actuel. Cela a permis de leur donner du boum au cœur. L’autre point de satisfaction est également la tenue des showcases du côté du Goethe Institut. De la régie à l’accueil en passant par toute la logistique y compris les prestations des artistes, cette commission a fait bonne sensation aux REMA. Aucune fausse note majeure et des performances nettement à la hauteur des attentes du public qui répondait massivement tous les soirs. Le spectacle de clôture du 21 octobre à la place mémorial des Héros Nationaux a connu un succès mi-figue mi-raisin. Le choix du site était ingénieux et le message de la paix en ces lieux était bien indiqué. Mais le choix de certains artistes, notamment les ivoiriens Ayanne et Safarel Obiang ou encore le burkinabè Kayawoto n’ont pas apporté le résultat escompté. Jouer en playback pour un évènement musique qui fait l’apologie du live, les prestations d’Ayanne et Safarel n’étaient pas appropriées. La 6è édition des REMA a eu le mérite d’avoir relevé un si grand challenge. Celle se faire passer

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PANELS REMA : Etonnante affluence

Depuis le lancement de la 6è édition des Rencontres Musicales Africaines (REMA), le 18 octobre dernier, le signe indien semble être brisé. Les hommes de médias et décriaient le manque d’affluence dans les activités. Ce dilemme est désormais résolu. A toutes les activités des REMA, les salles ou les espaces refusent du monde. Surtout pendant les panels.   « Diversité artistique et découvrabilité, au cœur de la création musicale » tel est le thème principal des REMA cette année. Mais le comité d’organisation a fractionné les trois panels prévus en trois sous-thèmes : « Marché de la diffusion en ligne et accès aux contenus » animé par Didier Awadi, co-fondateur du groupe Positive Black Soul, de Didier Toko, Directeur du Up High Lab à Douala au Cameroun, de Destiny Tchehouali, Professeur de Communication Sociale et publique de l’Université du Québec. Le deuxième sous-thème porte sur « La recommandation : mainstream ou diversité ? » présenté par Tony Mefe, Directeur artistique Association Scène d’Ebène à Yaoundé au Cameroun, de Heaven Marc, Coordinateur de Warner Music, de Jean Yves Kokou, Co-fondateur chez Jaiye Enjoy Good Music en France et de Lucy Ilado, journaliste critique d’Art au Kenya. Le dernier thème qui aura lieu demain samedi portera sur « L’enjeu de l’accès aux données d’usage (optimisation, classements, production de contenus) ». C’est Brahim El Mazned, entrepreneur culturel marocain, Rudy Kwakye, Producteur Ghanéen, Lassana Diakité, PDG de Nemesis Management, Marc Heaven, Coordinateur de Warner Music et Marie Audigier, Consultante musique, culture et relations internationales qui présenteront ce thème. Tous ses panels sont modérés par le camerounais Alain Bidjeck, Directeur du Movment of Creatives Africas (MOCA) Au regard des deux premiers panels, tout porte à croire que le public et surtout les professionnels burkinabè de la filière musique ont compris à la fois l’intérêt et la nécessité d’y participer. L’industrie musicale burkinabè est en pleine effervescence au regard des productions multiples et multiformes ajoutées à la bonne qualité des œuvres qui jaillissent au quotidien. Les artistes commencent à se muer en entreprise pour bâtir des plans de carrière édifiant. Les acteurs se développent et la chaîne se forme régulièrement. Managers, créateurs, instrumentistes, producteurs, tourneurs, éditeurs, journalistes etc. D’où l’engouement aux différents panels des REMA. Hervé David HONLA

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BLICK BASSY : Le transfuge du groupe MAKASE sera dans nos murs

  « Lorsqu’on va à la rencontre de l’autre, on le découvre, on découvre sa tradition, on ne peut que s’enrichir ». C’est cet auteur/compositeur, guitariste et percussionniste camerounais qui aura cinquante ans l’année prochaine, qui avait dit ça.   Auteur de cinq albums non des moindres s’il vous plait ! Blick Bassy est un virtuose de la musique de souche bantou. Je sais de quoi je parle. Sa présence ici au Burkina Faso à la faveur des REMA (Rencontres Musicales Africaines) est une aubaine pour nos artistes et journalistes culturels. Echanger avec lui sur les rouages et méandres de l’industrie musicale africaine est une grâce, mais ; le voir en plus jouer, c’est une chance ! Attendu impatiemment à la cérémonie d’ouverture des REMA le 19 octobre (c’est-à-dire ce jeudi à côté-là) du côté de CANAL OLYMPIA YENNENGA OUAGA 2000, prions Dieu qu’il nous joue « 1958 », un album où il avait rendu un vibrant hommage au héros de la résistance anticoloniale camerounaise Ruben Um Nyobé. Dans ce tube, il chante en langue Bassa (qui est aussi ma langue maternelle) et grâce à cette magnifique chanson, Blick a obtenu le Grand Prix SACEM des musiques du monde en 2019.   Mais, s’il vous plait ; dites à Alif Naaba qu’il ne laisse pas Blick quitter CANAL OLYMPIA YENNENGA OUAGA 2000 ou le Burkina, sans jouer les chansons de son tout dernier album « Madiba ». C’est ça nouvelle pépite musicale ! Cet opus ne se raconte pas, il se vit ! C’est un savant mélange de sonorités douce et suave saupoudrées de quelques petits instruments joués en filigrane et ornée par une voix lactée qui transperce votre sensibilité épidermique. Si Alif, refuse d’obtempérer à votre requête, séance tenante ; dites-le directement à haute et intelligible voix à Blick Bassy en ces termes « Magnan, yag wè : top béss Madiba ! ndilaaa ?! » en traduisant ça veut dire ceci ; « Frère, toi aussi : joue nous Madiba ! Y a quoi même ! » Coûte que coûte…il va jouer ! Hervé David HONLA

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