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Abraham Z. BILA (Président Mondial du ROJALNU) : « Le Réseau va emprunter les idéaux de la révolution »

Abraham Zida Bila vient d’être porté à la tête du Réseau des Organisations des Jeunes Leaders Africains des Nations Unies (ROJALNU) en qualité de Président mondial. Votre magazine est allé le 23 aout à la découverte de ce jeune dynamique et ambitieux afin de mieux vous faire découvrir ce réseau et de permettre au nouveau Président de décliner ses grandes missions.

 

Vous faites partie de cette jeunesse burkinabè consciencieuse et toujours dans l’action. Comment peut-on vous présenter en détail ?

Je suis Abraham Zida BILA, Président mondial du ROJALNU. Tout est véritablement partie dans l’environnement musical quand j’étais plus jeune. J’ai été un artiste passionné du Rap à l’époque dans les années 2002-2003. Nous avions créé un groupe de rap dénommé ZAMANA, avec surtout cette chanson « Mariam Touré » qui passait régulièrement à la télévision. Nous avions chevauché ensemble jusqu’en 2007 où le groupe s’est disloqué pour plusieurs raisons. D’abord par ce que les parents ne voulaient qu’on fasse la musique, ensuite certains avaient d’autres objectifs. Car le rap à cette époque, n’était que passion, mais pas un métier. Personnellement, je suis resté dans la culture où je me suis lancé dans la production des artistes et des évènements. J’ai créé mon studio d’enregistrement du côté de la Patte d’Oie où plusieurs jeunes y venaient pour se former en écriture et en composition des chansons.

« Nous avions créé un groupe de rap dénommé ZAMANA »

J’ai soutenu une artiste européenne du nom de PATI qui avait enregistré une chanson puisée de nos rythmes locaux. Cette artiste a fait son petit bout de chemin avant de rentrer chez elle. J’étais poussé par le désir d’impacter ma génération et j’ai poursuivi mon rêve au point où j’ai créé le festival « Hip Hop WAKAT ». L’idée est venue du fait que le rap burkinabè commençait à « mourir » surtout avec le changement de dénomination de ce festival réputé à l’époque : « Ouaga Hip Hop » à « Ouaga Festival ». Le déclic est parti de là ! En 2014 j’ai approché quelques amis artistes tels que : Docteur K du groupe K-Djoba, King Black, la Main de Dieu etc. Ce festival a fait également son petit bonhomme de chemin pendant quatre éditions avant d’être volontairement suspendu. Il a néanmoins eu un très grand écho dans la cité à la Patte d’Oie et sur l’ensemble du pays. C’est à travers ce festival que j’ai commencé à approcher les institutions qui accompagnent la jeunesse, afin de l’éduquer par la musique. J’ai rencontré des organismes de développement dans le but de comprendre les défis majeurs de notre jeunesse. C’est par le truchement de ce festival que le ROJALNU a vu à cette époque le potentiel que j’avais. Les responsables m’ont par la suite convié à leurs activités.

« Il fallait faire un toilettage sur le plan africain »

Comment s’est passé votre intégration au ROJALNU ?

Je suis rentré à la base en 2019, la petite porte en gravitant les échelons. J’étais conseiller culturel sur le plan national et plus tard, au regard des innovations que j’apportais, j’ai été plébiscité comme représentant résident/coordonnateur du réseau sur plan africain. J’ai compris plus tard que l’institution avait besoin de réformes car les politiciens avaient infesté le ROJALNU, pourtant c’est une organisation apolitique. Il fallait faire un toilettage sur le plan africain. Sans oublier que chaque pays voulait s’arracher ce réseau et même délocaliser son siège ici de Ouagadougou pour l’installer ailleurs. Connaissant les besoins réels des jeunes, je ne voulais pas que ce réseau soit une fois de plus infesté par la corruption, le favoritisme et surtout qu’il soit instrumentalisé. J’avoue que j’ai eu aussi le soutien d’un bon collaborateur, Dakiri SAWADOGO, le PCA ROJALNU Burkina, qui a apporté suffisamment ses preuves dans l’institution.

« nous voulons créer une véritable plateforme qui va fédérer toutes les organisations de jeunes « 

Quels sont concrètement les objectifs et missions du ROJALNU ?

Vous êtes sans ignorés que le monde est pleines mutations. Il faut désormais apporter des solutions idoines pour notre jeunesse. Se départir des discours, des colloques, des évaluations pour aller directement à l’action, aux résultats et aux propositions. Nous nous battons à l’atteinte des ODD (Objectifs de Développement Durable) à travers une citoyenneté active dans une synergie d’actions entre les gouvernements et nous la jeunesse. Nous renforçons également la participation responsable et qualitative des jeunes dans la conception, la mise en œuvre et le suivi des politiques publiques de développement. Nous menons des plaidoyers afin de porter notre voix auprès des institutions nationales, internationales et des décideurs pour faire des questions concernant la jeunesse, l’adolescence et l’enfance une priorité des programmes de développement. Enfin au niveau de l’entrepreneuriat ; nous impliquons la jeunesse dans les secteurs économiques porteurs, tels que : l’entrepreneuriat agricole, les nouvelles technologies, la recherche pour favoriser leur épanouissement et contribuer à l’émergence des économies nationales. Enfin, nous voulons créer une véritable plateforme qui va fédérer toutes les organisations de jeunes afin de parler une seule et même voix. N’oublions pas que nous sommes l’interface entre la jeunesse et Nations Unis.

« Nous allons identifier les jeunes leaders en Afrique »

A titre personnel, sous quel signe placez-vous votre mandat ?

Je m’inscris dans la vision de mon Camarade Président. La dynamique de changement dans ce réseau va aussi rentrer dans le cadre de la révolution. C’est-à-dire le ROJALNU va emprunter les idéaux de la révolution. Malheureusement, les gens voient la révolution comme une oppression. Pourtant, ce sont des textes que nous avons tous élaborés ensemble que nous appliquons. Maintenant ; quand nous décidons d’appliquer strictement les textes, certains trouvent que nous sommes révolutionnaires. Nous voulons une Afrique souveraine et vraiment indépendante.

En compagnie du Le ministre des Affaires Etrangères du Burkina Faso le Camarade Karamoko Jean-Marie Traoré

Nous avons décidé de bâtir nos Etats à partir d’un développement endogène. En quoi est-ce que c’est de l’oppression ? Il n’y a plus de super homme car c’est ça qui avait apporté une grosse frustration au niveau de la jeunesse. Nous avions vu à une certaine période, des jeunes qui avaient des compétences et des qualités pour telle ou telle fonction ; mais parce qu’ils n’avaient aucune personne haut placée, ils n’ont jamais été appelé. Nous allons identifier les jeunes leaders en Afrique et nous iront échanger dans des forums dans le monde sous la forme des « be to be » pour faire bouger l’Afrique. L’avantage que le ROJALNU est représenté dans les 54 pays du continent et nous avons un bureau zone Europe. Du côté de New York, nous avons un bureau de liaison où je suis d’ailleurs attendu pour me faire enregistrer. Nous également au Canada et dans les autres continents.

« Nous voudrions faire de Ouagadougou, la capitale mondiale de la Jeunesse »

Quelles sont les grands échanges à venir pendant votre mandat ?

Le premier gros défi c’est la tenue très prochainement en décembre au Burkina Faso du Colloque Mondial de la Jeunesse. On voudrait faire de Ouagadougou pendant cet évènement, la capitale de la Jeunesse mondiale. Ils viendront des quatre coins du monde et nous allons sortir massivement et décliner les grandes orientations, une feuille de route de toute la jeunesse planétaire. Il y aura également une grande surprise qui sera réservée à notre Camarade Capitaine Ibrahim TRAORE.

En compagnie de la Ministre des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi, la Camarade Annick Lydie Djouma Pikbougoum/Zingué Ouattara

Vous êtes très fréquent dans les pays dits révolutionnaires, notamment le Nicaragua, le Venezuela etc. Qu’est ce qui justifie votre présence régulièrement dans ces pays ?

Simplement parce que ce sont des pays vrais. Ils sont portés par leur peuple et leur leader notamment leur président épouse l’assentiment et les aspirations du peuple. La souveraineté et la justice équitable sont des droits chez eux. J’ai voulu m’inspirer de ce pays comme le Nicaragua qui m’a ouvert ses portes grâce au mouvement Sandiniste. En effet, c’est une organisation politique et révolutionnaire nicaraguayenne qui a été fondé sur les idéaux de résistance de César Augusto Sandino incarné principalement par le Front sandiniste de libération nationale (FSLN). J’avais été invité par son Excellence Daniel Ortega au Nicaragua pour l’anniversaire du mouvement Sandiniste. C’est surtout un partage d’expérience que j’entretiens avec les leaders de ces pays-là. Surtout dans le but de mieux comprendre leur révolution et de mieux les adapter à notre contexte. J’ai été formé chez eux, j’ai vu la rigueur, la discipline et j’ai vu tout un peuple parler de la même voix et porter une seule personne. C’est un peuple qui a de la vision, malgré tout ce qu’on évoque comme stéréotypes.

« Nous avons un manifeste, lisons-le et nous allons comprendre la portée et la vision de notre Camarade « 

En tant que Président Mondial du ROJALNU et burkinabè. Qu’est-ce que cela vous inspire les comportements des jeunes en ce moment face aux mutations comportementales ?

Quand je sors du Burkina Faso, c’est une fierté de s’afficher et d’être burkinabè. Toute l’Afrique nous regarde. De passage à Addis-Abeba ; il y a un camerounais qui m’a rencontré en transit ; il m’a dit ceci : « Le monde entier vous regarde : si vous réussissez, nous allons vous suivre ». C’est pour dire que nous n’avons pas droit à l’erreur.  Le Burkina Faso est doté d’un excellent manifeste de la Révolution Progressiste Populaire (RPP). J’invite principalement les jeunes à s’en approprier et de le lire. Il y a tout dedans !  Il ne faut pas qu’ils s’informent sur les réseaux sociaux, car il n’y a pas de vérité là-bas ! Nous avons un manifeste, lisons-le et nous allons comprendre la portée et la vision de notre Camarade Ibrahim TRAORE. C’est l’ignorance qui fait naître les incompréhensions. Ce que je déplore ensuite chez mes jeunes frères ; Ils ne veulent pas aller à l’information. Ils veulent qu’on leur donne tout. Mon mandat va aussi consister à les amener vers la recherche de l’information. Notamment à comprendre ce que c’est que la Révolution Progressiste Populaire. Tout est décliné dans ce manifeste !

Hervé David HONLA

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