Il s’est déroulé ce jour 30 juillet dans le nouveau siège de la Confédération Nationale de la Culture (CNC) offert par le Ministère de la Communication de la Culture des Arts et du Tourisme, sise à la maison du Peuple, la cérémonie officielle de passation de charge entre le président sortant Camarade Telesphore BATIONO et celui entrant Camarade Inoussa SAMANDOULGOU dit Fat Lion, en présence des six responsables des fédérations affiliées à cette confédération, sous les yeux des hommes et femmes de médias. Quels sont les chantiers qui attendent le nouveau président ?
La Confédération Nationale de la Culture du Burkina Faso (CNC-BF), en rappel ; est une organisation faîtière majeure qui regroupe et structure les professionnels ainsi que les acteurs des arts, des lettres et de la culture au niveau du Burkina Faso. En tant que pionnière en Afrique, elle a inspiré d’autres pays à structurer davantage leur secteur culturel. Elle organise et fédère les associations ainsi que les professionnels du milieu culturel. Elle organise des activités d’envergure nationale telles que : les panels et rencontres sur les différents thématiques des différentes filières. Les ouvertures et clôtures de la saison culturelles etc. La CNC sert surtout d’interface dans le paysage artistique aux côtés d’autres grands rendez-vous nationaux de promotion du patrimoine, en étroite collaboration avec les objectifs du gouvernement en matière de culture.

Pendant donc huit années qui correspondent à deux mandats, le Camarade Telesphore BATIONO a occupé la fonction de Président de la CNC. Le 2 juillet à Ziniaré, à la suite d’une assemblée générale, il cédait son fauteuil au Camarade Inoussa SAMANDOULGOU dit Fat Lion. La cérémonie officielle d’installation s’est déroulée ce jeudi 30 juillet au siège de ladite structure.
Connu sous le nom de Fat Lion, Inoussa Samandoulgou est avant tout un artiste chanteur depuis 1989, auteur de quatre albums et initiateur de « Tenko Roots Festival ». Grand militant et défenseur des droits et devoirs des créateurs, il a toujours été impliqué dans les structures associatives de musiques. Il était d’ailleurs le SG du bureau sortant de la CNC.

Les organisations culturelles au Burkina Faso ont besoin de réformes. Selon le gouvernement du Burkina Faso dont la volonté est de mener des actions sous la bannière de la Révolution Progressiste Populaire (RPP), qui est une vision claire axée sur la souveraineté nationale et le développement endogène ; les différentes associations et fédérations culturelles doivent donc s’y conformer.
Ces réformes des organisations culturelles visent à moderniser la gouvernance, à adapter les structures vers une appropriation de nos cultures endogènes et bien sûr, à renforcer l’ancrage territorial. L’objectif c’est aussi de professionnaliser le secteur en élargissant l’accès des publics locaux et à stimuler l’économie grâce aux industries culturelles créatives.

C’est pour cette raison que les associations et fédérations se réorganisent à travers le renouvellement de leurs instances (Assemblée Générale extraordinaire, localisation siège, recyclage des membres etc.). Le CNC comporte officiellement six fédérations professionnelles de l’art et de la culture. Notamment : les Arts plastiques, le cinéma et l’audiovisuel, les Arts de la scène, le patrimoine culturel, les acteurs du livre et la branche professionnelle constitutive.

Le nouveau Président Inoussa Samandoulgou est conscient des charges qui pèsent sur lui et son nouveau bureau. Lui-même affirme qu’ils « n’ont pas droit à l’erreur car les défis sont énormes ». Tout en affirmant que le défi de recherche de la souveraineté à travers la culture est le mot d’ordre des plus hautes autorités. La décentralisation ou démembrement de la CNC sur l’ensemble du territoire national, notamment les 17 régions peuvent être selon le Président, des pistes de solution en termes d’inclusion. Pour avoir installé deux vice-présidences chargées des coordinations et des fédérations, c’est dans l’optique de déconcentrer les pouvoir afin de permettre à d’autres intelligences d’accompagner la structuration de la CNC. Surtout de considérer tout le monde au même niveau d’égalité, d’où l’inclusion.
Mais les chantiers sont encore plus énormes et plus complexes que ça. Le président sortant Telesphore BATIONO a certes passé le témoin de façon pacifique et dans une ambiance bon enfant. Notamment, en remettant une pile de dossiers sous le regard des responsables des fédérations présentes, mais des bisbilles internes sont sous-jacentes ou en passe de trouver des solutions. Entre les conflits de certains membres de l’UNAM (Union Nationale des Acteurs de la Musique) et leur président Bamos Théo réélu et le procès à venir au Tribunal de Ouagadougou de ce même président contre le journaliste Hervé David HONLA qui accuse ce dernier de « diffamation » suite à son article sur sa page facebook du 11 juillet 2026, le nouveau président commence son mandat sur les chapeaux de roues. Des révélations et témoignages sur la gestion de l’UNAM seront rapportés au tribunal de la part des deux parties. Certains l’annoncent comme un procès de « grand déballage ».

Loin d’être les seuls chantiers du bureau de la CNC, des dossiers majeurs sont déjà sur leur table :
- La mise en œuvre du statut de l’Artiste sachant que le Burkina Faso possède une loi portant sur le statut de l’artiste.
- La précarité des données statistiques fiables dans le domaine de la culture est un handicap majeur. Notamment en matière d’évènementiel, d’acteurs travaillant en plein temps dans la culture, la problématique du genre, l’économie engrangée dans le secteur etc. « Avec la mise en place de ce volet, cela permettra de négocier d’égal à égal avec nos potentiels partenaires» affirme Fat Lion.
Tout en affirmant qu’il n’y a pas de priorité dans son mandant : « Tout est urgent », le président affirme que le nouveau bureau est obligé d’être à la hauteur de l’attente de l’autorité de tutelle. Il place d’ailleurs son mandat sur la « Solidarité, l’inclusion et le partage ».
Quant aux différents soubresauts qui existent au sein de certaines fédérations y compris les discordes en suspend au sein de la CNC, le président se veut pragmatique, conscient et rassurant : « Nous avons eu des élections au niveau de l’UNAM qui a fait beaucoup de bruits. Nous savons le devoir de gérer cette question et nous pensons que ça nous enseigne en termes de gestion des fédérations. Le discours c’est de rester en étroite collaboration avec les membres à la base. Nous allons rester à l’écoute des fédérations pour agir de façon conforme et collégiale ». Affirme-t-il.
Le président sortant confirme avoir laissé quelques dossiers et chantiers en cours, tout en espérant qu’ils trouveront des dénouements heureux pour le bien de la confédération et des différents bénéficiaires. La grosse épine c’est bien évidement la question ultrasensible du « projet des parcelles ».

Le camarade président Inoussa Samandoulgou n’a pas hésité à aborder le sujet qu’il a qualifié de « Serpent de mer » quand un journaliste lui a posé la question : « Nous avons beaucoup de conventions en instance avec des partenaires. Nous avons le projet parcelles. Cette question est aujourd’hui d’actualité, un véritable « serpent de mer ». Sans vous cacher, il y a des problèmes et nous devons les résoudre quelque soit la solution. Quelques soient les difficultés, nous devons pouvoir y apporter une réponse ».
C’est donc une équipe gonflée à bloc qui ira sur tous ses chantiers et notamment auprès des autorités pour trouver des solutions qui sont en attentes aujourd’hui. D’autant plus que les politiques publiques ont donné des orientations afin que la CNC travaille à en faire une réalité.
Hervé David HONLA




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