L’association « Deux heures pour nous, Deux heures pour Kamita » a célébré, dimanche 19 juillet 2026, le Nouvel An kamit 6263 à l’amphithéâtre B de l’Université Joseph Ki-Zerbo.
Placée sous le thème “ Industrialisation et opportunités démographiques au Sahel à l’ère des fractures géopolitiques “, cette commémoration a réuni universitaires, autorités administratives, coutumières chercheurs, étudiants et citoyens autour de réflexions sur l’histoire, les savoirs africains et les enjeux du développement du continent.

La cérémonie s’est déroulée sous la présidence du Camarade Pr Antoine Béré, Président de l’Université Joseph Ki-Zerbo, et sous le parrainage du Camarade Pr Moumouni Zoungrana, Ministre de l’Enseignement secondaire, de la Formation professionnelle et technique, représenté par son chargé de mission, le Camarade Dr Barthélémy Kaboré. Au programme figuraient des allocutions, des témoignages et des prestations artistiques. Au-delà du passage à une nouvelle année, le Nouvel An Kamit se veut un appel à la réappropriation de la mémoire historique africaine.
À travers cette initiative, les organisateurs invitent chercheurs, étudiants et citoyens à revisiter les savoirs scientifiques, philosophiques et culturels développés sur le continent depuis l’Antiquité. L’association « Deux heures pour nous », Deux heures pour Kamita entend ainsi promouvoir une recherche critique fondée sur la confrontation des sources historiques, archéologiques et linguistiques, tout en encourageant l’émergence d’une conscience historique africaine indépendante des récits hérités de la colonisation.

Selon les organisateurs, célébrer le Nouvel An kamit ne consiste pas uniquement à marquer le passage d’une année à une autre, mais également à affirmer la volonté de construire une conscience historique fondée sur la connaissance, la rigueur scientifique et la valorisation des savoirs africains. Le coordonnateur national du cadre « Deux heures pour nous, Deux heures pour Kamita », le Camarade Bayala Lianhoué Imhotep, a souligné que cette célébration constitue avant tout un acte de mémoire et de souveraineté culturelle : « En célébrant aujourd’hui l’année 6263, nous rendons hommage à la profondeur de l’histoire africaine et renouvelons notre engagement à œuvrer pour une Afrique réconciliée avec son passé, consciente de ses potentialités et résolument tournée vers l’avenir. Le calendrier n’est pas seulement un instrument de mesure du temps ; il est également un marqueur de civilisation, un vecteur d’identité et un puissant symbole de souveraineté culturelle. » Pour lui, chaque peuple s’appuie sur ses propres repères historiques pour construire son avenir. Il a estimé qu’il ne s’agit pas de rejeter les autres cultures, mais de permettre à l’Afrique de raconter son histoire à partir de ses propres références, conformément aux travaux de chercheurs tels que Cheikh Anta Diop et Théophile Obenga.
Le coordonnateur est également revenu sur les Universités Sankorè, organisées du 14 au 18 juillet autour du thème “ Industrialisation et opportunités démographiques au Sahel à l’ère des fractures géopolitiques “. Selon lui, les échanges ont mis en évidence l’importance de renforcer la souveraineté économique, scientifique, technologique et culturelle du continent, notamment par l’industrialisation, la valorisation de la jeunesse et la production de connaissances adaptées aux réalités africaines. Il a, en outre, salué l’initiative de la République du Togo dont le ministère des Affaires étrangères organisera, les 12 et 13 octobre 2026, un colloque scientifique international consacré au Nouvel An africain.
À ses yeux, cette rencontre traduit une dynamique continentale en faveur de la reconnaissance des repères temporels africains. Dans le message du parrain lu par le Camarade Dr Barthélémy Kaboré, représentant le Ministre de l’Enseignement secondaire, de la Formation professionnelle et technique, le Camarade Pr Moumouni Zoungrana salue le travail mené par l’association depuis plus d’une décennie : « Depuis 2013, votre organisation œuvre avec détermination à la formation d’Africains décomplexés, conscients de leur histoire, fiers de leur identité et résolument tournés vers la construction d’une Afrique souveraine. Cette mission mérite d’être saluée, car elle contribue à forger une jeunesse capable de penser par elle-même, d’innover et d’assumer pleinement son destin » Le message souligne également que le ministre a déjà participé à plusieurs activités de l’association, où il a pu apprécier la qualité des réflexions, la rigueur des débats ainsi que l’engagement des jeunes participants.
Une expérience qui, selon lui, témoigne de la pertinence des actions conduites par l’organisation. À travers cette célébration du Nouvel An kamit 6263, l’association « Deux heures pour nous, Deux heures pour Kamita » poursuit son engagement en faveur de la valorisation des savoirs africains et de la construction d’une conscience historique fondée sur la recherche.

L’annonce de la tenue, en octobre 2026 au Togo, d’un colloque scientifique international consacré au Nouvel An africain illustre la volonté de plusieurs acteurs africains de poursuivre la réflexion sur les fondements historiques, scientifiques et culturels des repères temporels du continent, dans une dynamique qui dépasse désormais les cadres nationaux.
Gisèle BELEM







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