L’école maternelle et primaire est une école ambitieuse qui s’appuie sur un principe majeur : tous les enfants sans aucune distinction sont capables d’apprendre et de progresser. Au Burkina Faso, l’école a toujours constitué le premier jalon du parcours de l’élève pour l’ensemble de sa scolarité. Sa mission est de lui donner envie d’aller à l’école pour apprendre, pour affirmer et épanouir sa personnalité, pour exercer sa curiosité sur le monde qui l’entoure. Dans le respect des valeurs culturelles, du rythme de développement et des besoins de chacun.
L’Ecole DARWIN EWENE située à Ouagadougou propose des apprentissages structurés et articulés autour de plusieurs domaines. En montrant à chaque enfant qu’il est capable d’apprendre avec succès dans toutes sortes de situations, DARWIN EWENE l’engage à avoir confiance dans son propre pouvoir d’agir et de penser, et dans sa capacité à vivre et à coopérer avec les autres, notamment par le jeu. Nous sommes allés le 2 juillet 2026 à Cannes à la rencontre de la fondatrice de cette noble école située à Bonheur Ville. Une école qui défraie la chronique au Burkina Faso grâce à son enseignement adapté et très adapté.
Elise Sompagnimdi SAWADOGO réside en France, c’est une éducatrice chevronnée qui a pris son courage à deux mains pour construire un immense complexe scolaire au Burkina Faso, afin de contribuer au développement de son pays. Entretien exclusif.
Qu’est ce qui vous a motivé à lancer ce grand projet scolaire et éducatif au Burkina Faso ?
En effet ; je réside à Toulouse en France depuis 25 ans. J’ai travaillé pour la Mairie de Toulouse dans le secteur de l’enseignement. En suivant l’enseignement français pendant longtemps, j’ai vu qu’il y avait beaucoup de choses que je pouvais modifier et réadapter au Burkina Faso selon nos valeurs et nos aspirations. J’ai trouvé que c’était une opportunité de ramener ce que j’ai connu en France pour simplement aider mon pays le Burkina Faso. Je me suis intéressée exclusivement à trois départements d’enseignement : La crèche, la maternelle et le primaire. Dans la même optique, j’ai créé une association pour aider les enfants autistes du Burkina Faso y compris de l’Afrique de l’ouest.
Tout a véritablement commencé quand ?
Depuis 2017, j’ai pris l’initiative d’ouvrir l’école au moment de la rentrée scolaire 2017-2018 et cette école fonctionne jusqu’à ce jour. Malgré les difficultés, nous y tenons car nous aimons notre pays et surtout nos enfants parce qu’ils sont le fer de notre Nation.

Qu’est-ce qui vous motive tant, malgré que vous soyez installée en France ?
Ma volonté est forte ! En créant cette crèche, l’objectif au départ était d’aider les parents qui travaillent déjà et qui ont les difficultés à garder les enfants. Au lieu de laisser les enfants chez les femmes de ménage ; j’ai plutôt préféré que les parents amènent leurs enfants de 3 mois jusqu’à 3 ans à la crèche. Les enfants vont se rencontrer et nous allons les apprendre beaucoup de choses. A la crèche, même si un enfant est malade, rien qu’avec l’ordonnance du médecin, nous nous occupons d’administrer les produits prescrits à l’enfant et de suivre sa santé. Ensuite, après la crèche, j’ai poursuivi avec une section maternelle, afin que cela soit une continuité. Au-delà de l’enseignement classique, nous dispensons une éducation du vivre ensemble, le comportement en société, l’hygiène etc. Nous faisons aussi le suivi psychologique des enfants au fur et à mesure qu’ils s’amusent en grandissant. Voir s’il n’y a pas un handicap qui s’installe progressivement etc. J’ai pu plus tard, réaliser un autre effort en ouvrant l’école primaire.
Quelle est la particularité de votre école par rapport aux autres ?
Nous avons pu ouvrir une crèche ensuite une maternelle pour après lancer le primaire, certes c’est un cursus normal. Mais grâce à l’expérience que nous avons ; nous avons créé au sein du primaire une classe CPU. Elle regroupe les classes CP1 et CP2 afin que dès que les enfants passent cette étape, ils vont directement au CE1. Au lieu donc de faire 6 ans au primaire, ils feront 5 ans. Ça permet aux enfants d’avoir une bonne éducation, d’apprendre soigneusement et d’être bien suivis. En plus au regard de l’avancée vertigineuse du Digital, nous avons créé un grand département informatique avec une centaine d’ordinateurs au service des enfants uniquement pour apprendre les bases. Au-delà de la langue française, nous avons instauré l’anglais et l’approfondissement des langues locales. Pour davantage pousser les enfants à la lecture de base, sachant que la jeunesse de nos jours n’est pas friande de lecture. J’ai créé dès le plus jeune âge une bibliothèque au sein de l’école. J’ai surtout voulu amener les enfants à découvrir de nouveaux outils d’apprentissage qui n’ont rien à voir avoir avec l’enseignement classique.
Sur le plan typiquement culturel, qu’est ce qui est prévu dans votre école ?
Nous avons un programme spécifique au sein de l’école. Nous amenons des artistes, des acteurs culturels, à donner non seulement des spectacles, mais aussi des petites masterclass et des animations culturelles aux enfants. Ce n’est pas des programmes spontanés mais plutôt des activités qui font partie de l’année scolaire avec un emploi du temps bien précis. Nous avons la danse, la musique, le théâtre, le cinéma, l’art plastique, les contes etc. Le tourisme éducatif est également primordial. Les enfants font des voyages d’études dans des garnissons de pompiers, des aviations, à l’assemblée Nationale, dans des usines…bref dans les grandes institutions de notre pays.
Vous avez parlé de votre association en aide aux enfants en difficultés. De quoi s’agit-elle ?
C’est une association qui vient en aide aux enfants qui sont victimes du handicap de tout genre : moteur et autiste. Malheureusement, le phénomène des enfants autistes on n’en parle pas souvent au Burkina Faso. Certains lient ça à un mauvais sort. Nous ne sommes pas totalement ouverts pour parler de ce fléau au Burkina Faso. Dans cette association, nous nous occupons de ces enfants afin que plus tard, ils vivent dans la société et surtout qu’ils soient intégrés au sein de enfants de leur âge à l’école. C’est une école inclusive sans discrimination que nous prônons au sein de DARWIN EWENE. Nous ne souhaitons pas qu’il y ait une différence entre un enfant victime du handicap et un enfant dit normal.
Est-ce que votre école est en conformité avec la réglementation de l’enseignement au Burkina Faso ?
Nous respectons scrupuleusement le programme du Ministère de l’Enseignement, leur cahier de charge et nous sommes en conformité avec la loi et le règlement. Rassurez-vous ! C’est tout simplement un surplus que nous ajoutons à l’enseignement au Burkina Faso. L’Europe reste l’Europe, l’Afrique et surtout le Burkina Faso possèdent ses réalités et ses codes.
Où se trouve votre école et comment peut-on inscrire les enfants ?
DARWIN EWENE est désormais situé à Bonheur Ville à Ouagadougou dans un nouvel espace très spacieux où nous pouvons accueillir plus de 500 enfants. Les inscriptions se font sur place. L’administration vous répondra au : 01818101/64879898 et Whassap : 60378927.
De nos jours ; quelle est véritablement l’orientation scolaire qu’un parent doit donner à son enfant, au regard du séisme culturel et technologique qui embrase la planète ?
Tout doit commencer par la crèche, une sorte de détachement de l’enfant à ses parents. Ceci pour permettre à l’enfant de voir autre chose que les parents. Un parent qui donne l’éducation à son enfant, c’est très bien certes, mais Il peut aussi apprendre en communauté, à condition qu’il soit bien encadré et bien suivi. En se frottant aux autres enfants, il pourra découvrir non seulement un autre monde mais aussi découvrir ses aptitudes. Au niveau de la maternelle, l’enfant commence à s’épanouir avec d’autres enfants dans le partage et le vivre ensemble. Montrer à l’enfant qu’il n’est pas seul et qu’il peut apprendre et vivre avec la différence des autres. On ne fait pas les enfants pour les garder à la maison.
Un dernier mot…
Mon message est l’endroit des femmes : l’éducation que j’ai apprise au Burkina Faso est la meilleure. C’est grâce à ça que je suis devenue ce que je suis aujourd’hui. Mon pays m’a appris à être humaine, savoir partager et transmettre. Je demande aux femmes et à nos mères de se battre pour leurs enfants. Si un enfant est épanoui, toi en tant que mère tu es heureuse et ta vie a réussi. Mais par contre ; si ton enfant est délinquant, ça joue sur ton moral et tu te sens malheureuse. Investissez-vous pour vos enfants. L’éducation d’un enfant se fait à deux. Même si les parents sont séparés, surtout quand ils sont en vie. Mais de grâce ; pour une bonne éducation, les parents doivent être unis.
Hervé David HONLA








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