Artiste danseur chorégraphe, interprète. Bema SANOGO vit surtout ici en France à temps plein grâce à son métier d’entrepreneur dans une société de bâtiment. Il formera le duo de la création de danse avec Brahima Koumar2 lors du spectacle COMEDIE MUSICALE du 30 octobre 2026 à Factory. Nous sommes allés à sa rencontre le 25 juin afin qu’il nous parle des conditions dans lesquelles il fait valoir son art en Europe.
Qu’est ce qui vous amené ici en France ?
C’est un plaisir de vous retrouver aussi ici en France. Merci pour la considération. Vous vous êtes déplacé personnellement ici à Mantes La Ville vous toucher du doigt les réalités des artistes burkinabè de la diaspora. Je vous en remercie.
En effet, je me suis installé ici en France, il y a bientôt dix ans. Bien avant, je faisais des vas et viens pour des tournées et finalement je me suis installé surtout grâce à mes compétences dans les travaux de rénovation des bâtiments. Car à la base j’étais plombier et aujourd’hui je me suis élargi dans d’autres métiers du bâtiment. Du côté de Bobo-Dioulasso, je travaillais avec la troupe « Lomnia » avec laquelle nous avons fait quelques festivals ici en France avant de m’installer. Je suis danseur à la base, mais au niveau des instruments, je joue du Djembé, du Doum-doum en triplète en double comme en détaché. Je me débrouille un peu aussi dans le balafon.
Comment arrives-tu à jouer ici en dehors de ton métier à temps plein ?
Je dirais plutôt bien. Je suis basé à Chatillon en France mais je ne vis pas de la musique ici comme je vous l’ai dit, au regard de mon métier. Dans le milieu artistique, ce n’est pas aussi facile que ça. Quand des soirées ou des festivals se présentent à temps partiel, on me fait appel et en fonction de ma disponibilité, j’apporte ma touche artistique.

Pourquoi avez-vous décidé de rester, d’autant plus que ce n’est pas de la musique que vous vivez ? Vous pouviez rentrer et servir votre pays dans le bâtiment ?
Effectivement, ça fait plus de huit ans que je suis ici. Et bien avant, ce n’était le Camarade Capitaine Président Ibrahim TRAORE qui avait les reines du pouvoir. Je n’avais pas les mêmes visions et par conséquent, je pensais qu’à l’époque tout allait bien se passer pour moi dans la musique ici en Europe. Car je viens d’un grand quartier de musique à Bobo-Dioulasso ; Bolomakoté où sont sortis des grands noms tels que : Mama Konaté qui a repli le stade Wembley en Angleterre, sans oublier l’international Farafina et bien d’autres groupes de musique burkinabè. Inconsciemment j’ai grandi dans la musique. A l’école, à la maison et dans le quartier donc du coup, je devais devenir musicien et surtout, je rêvais de voyager comme eux pour aller faire des tournées en Europe. C’est la somme de tout cela qui m’a donné cette envie d’aller présenter notre culture ailleurs. Car je voyais sur des chaînes de télévision les œuvres musicales des autres pays, mais pas les nôtres. Nous essayons maintenant à travers dans la danse et la musique de raconter nos histoires. Beaucoup sont parfois étonnés de voir et d’entendre une autre version de notre pays et ils sont ravis de nous inviter.

Est-ce que vous avez prévu de rentrer au Burkina Faso ?
L’année dernière entre novembre et décembre, j’étais au Burkina Faso, pour surtout partager mon expérience de plomberie à mes jeunes frères de Bolomakoté. L’essentiel c’est d’apprendre un métier qui pourra d’abord te faire vivre avant de te lancer dans l’aventure. Personnellement, je suis en train de tout faire pour rentrer m’installer à Bobo-Dioulasso. Certes j’ai des enfants ici, mais dès que leur situation sera stable, je vais me préparer à rentrer m’investir à fond pour mon pays. C’est une chose que nous avons tellement espérer pour notre pays et avec ce changement, il faut qu’on aille aussi apporter notre pierre à l’édifice.
Vous êtes dans le projet CULTURE ESPERANCE conçu de main de maître par la promotrice Mariame LENGA. Qu’est-ce qui vous a motivé à y participer ?
C’est une grâce de participer ! Quand Koumaré m’a approché pour ce projet, j’ai immédiatement donné mon accord pour plusieurs raisons : D’abord par ce que c’est un projet à la base fondé par une burkinabè ensuite, c’est une occasion de présenter notre savoir-faire sur la même scène que certains artistes venus des autres pays. Je ne me suis pas attardé sur les conditions de ma participation, c’est l’esprit et le projet qui m’ont surtout charmé.
Quel est votre message pour un jeune artiste et technicien de bâtiment présent en France pour son pays ?
Je voudrais surtout m’adresser aux jeunes de ma génération. Car nous avons grandi dans l’ère de Blaise Compaoré avec une mentalité de laxisme, de facilité, d’incivisme et paresse. Nos anciens ont certes fait bouger les lignes afin que les choses changent. Aujourd’hui nous avons la chance d’avoir le Camarade Capitaine Ibrahim TRAORE dit « Camarade Capitaine sans crédit » (rires). Chers jeunes frères et sœurs : il va falloir que nous commencions maintenant à travailler. Que nous arrêtions de raller bien que ce soit dur.
Il y a un adage qui dit ; quand on donne un tissu à un couturier de coudre une chemise, il va couper et jeter certains bouts de tissus. Mais au final, quand le client portera sa chemise, on dira qu’elle est belle et qu’il est beau. Nous nous battons pour nos enfants, et non pour nous.
Hervé David HONLA







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