Brahima KOUMARE dit Bemo (danseur) : « Nous devons personnifier l’image de notre pays à l’extérieur »
Regards

Brahima KOUMARE dit Bemo (danseur) : « Nous devons personnifier l’image de notre pays à l’extérieur »

Artiste danseur/chorégraphe/comédien burkinabè résidant en France depuis une dizaine d’années. Faisant régulièrement la navette entre l’Europe et l’Afrique, le natif de Bobo-Dioulasso avait finalement déposé ses valises en France en 2016 avec pour seul objectif ; valoriser la culture burkinabè à l’extérieur.

Il a été retenu grâce à la structure CULTURE ESPERANCE aux côtés du danseur Bema pour une comédie musicale-Tradi qui aura lieu le 30 octobre 2026 à Paris. OXYGENE MAG, l’a rencontré pour vous le 19 juin 2026, à Chatelet dans le 1er Arrondissement de Paris pour une interview exclusive.

 

Le célèbre comédien Souleymane BF, oncle de l’artiste

Dans quelle structure aviez-vous été formé au Burkina Faso ?

J’ai été formé au Centre artistique et artisanal Désiré Somé à Bobo-Dioulasso appelé le Centre SIRABA. C’est mon grand-frère Maré Souleymane.BF, l’acteur de la célèbre série à succès « Les Bobodiouf » qui m’a conduit dans le théâtre. Je me suis forgé dans la danse au quartier à travers les concours de danse. Donc petit à petit, nous avons grandi auprès des ainés pour après tracer notre propre chemin qui a abouti à la création de notre association dénommée KOULE-KAN. Cette association s’est répandue à Bobo-Dioulasso, en France et en Corée du Sud. L’objectif primordial de cette association qui comporte en son sein, une compagnie de danse, est de favoriser le brassage culturel.

Quel type de danse vous pratiquez ici en Europe ?

Nous faisons de la danse traditionnelle africaine plus précisément de la danse mandingue qui regroupe tout le mandé et les expressions artistiques de l’Afrique de l’Ouest avec en toile de fond les ensembles folkloriques du Burkina Faso. Nous essayons de présenter les différentes formes de danses issues de la soixantaine d’ethnies que compose notre pays le Burkina Faso. Nous essayons de perpétuer notre identité ici à travers la danse que nous dispensons aux familles, élèves, étudiants et adultes. Chaque année également, nous retournons au Burkina Faso pour organiser des masterclass et festivals dans le but de se ressourcer et de transmettre.

l’association Koulé-kan parraine une trentaine d’enfants au Burkina Faso

Nous ne souhaitons pas transgresser nos valeurs culturelles, c’est pour ça que nous tenons à garder notre identité artistique et culturelle. La preuve ; nous avions été approchés ici en France par la direction de la Culture pour un projet financé et accompagné par les institutions françaises. Elles nous avaient demandé d’introduire d’autres paramètres qui n’entraient en phase avec nos mœurs et nos valeurs culturelles. Nous avons refusé l’offre malgré les propositions financières. Tout ceci pour demeurer focus avec nos valeurs. Certes notre philosophie n’a pas été facile au départ, mais aujourd’hui en France notre centre de formation comporte une vingtaine d’élèves assidus et nombreux sont ceux et celles qui entendent les prochaines sexions de formation.

Où se trouve votre contre de formation ici en France ?

Nous sommes situés en Région Parisienne à Mentelaville dans le 95è. Également, nous dispensons des stages ici en plein Paris en évitant d’être dispersés afin d’être efficace et organisé dans notre planning. Certes, nous sommes très sollicités, mais nous restons dans notre philosophie sans vouloir copier les autres et faire des comparaisons. Nous essayons, à chaque stage que nous organisons, d’introduire les musiciens et danseurs burkinabè. Ce n’est pas souvent évident mais nous tenons à garder notre identité.

Qu’est ce qui vous motivé à participer au premier évènement ici à Paris de la structure CULTURE ESPERANCE initiée par la compatriote Mariam LENGA ?

Le projet CULTURE ESPERANCE de Mariame LENGA épouse parfaitement notre philosophie et les objectifs de notre association qui sont ceux : du partage, de l’unité et de la transmission. Nous nous sommes rencontrés lors d’un spectacle, et quand elle m’a proposé son projet, j’ai immédiatement approuvé l’idée car nous partagions les mêmes valeurs. Le fait surtout de se retrouver ici à Paris et partager les mêmes réalités, il est important que nous unissions nos compétentes pour promouvoir notre culture. Notre participation à CULTURE ESPERANCE n’est pas une question financière, mais avant tout l’amour pour notre Patrie.

Comment concrètement comptez-vous participer à ce spectacle du 30 octobre ici à Paris ?

Nous allons surtout épouser la philosophie de la promotrice. C’est elle l’auteure de ce projet, nous allons nous conformer à son idéologie pour construire un spectacle. Au regard de notre expérience, nous allons certes, lui suggérer quelques scènes, mais en grande partie, cette comédie musicale va s’articuler sur sa vision. Car ce spectacle est avant tout un ensemble artistique. Progressivement, nous allons ensemble construire cette comédie musicale traditionnelle. Faites le déplacement et vous ne serez pas surpris !

Quel serait votre message concernant la sectarisation de la danse au Burkina Faso ? Certains parlent de clan et de génération disjointe…

Il y a un proverbe Bambara qui dit que : « C’est l’union qui fait la force ». Quand nous sommes unis, nous ressortons grandi mais quand nous évoluons en rangs dispersés nos efforts sont vains. Aujourd’hui, le Burkina Faso a emprunté un chemin exemplaire et un élan considérable grâce à notre Camarade Capitaine le Président Ibrahim Traoré. Nous devons refléter cette philosophie dans nos différentes activités et nos filières respectives partout où nous nous trouvons dans le monde. Nous devons nous appuyer sur lui pour magnifier la cohésion sociale, l’union et la solidarité entre nous. A mon niveau avec mes collègues danseurs, nous essayons de le faire. Dès qu’un danseur burkinabè est présent à Paris pour une création ou un spectacle, nous l’invitons dans nos sexions de formation afin qu’il dispense son savoir-faire à nos apprenants. A chaque sortie pendant leur séjour nous les associons à nos évènements. C’est ce que j’exhorte à mes frères et sœurs burkinabè, d’avancer main dans la main peu importe la filière artistique qu’ils exercent.

Un dernier mot pour le Faso ?

Je suis plus que fier d’être ressortissant Burkinabè. Aujourd’hui, partout où je passe quand je me présente comme Burkinabè, les gens applaudissent mon pays et mon Président. Tout simplement parce qu’ils sont admiratifs sur ce qui se passe de positif au Burkina Faso. Ils suivent au quotidien les transformations positives qui y sont amorcées et ça ne peut que me réjouir personnellement. Mais surtout je dois donner l’exemple. Ce que mon Président fait, cela doit aussi se refléter ici dans mes attitudes et mon comportement. Vive mon pays le Burkina Faso, vives les FDS/VDP, la Patrie où la mort, nous vaincrons !

 

Hervé David HONLA

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