N’exerce jamais un métier par mimétisme, mais d’abord par passion ensuite, progressivement tu vas te parfaire et vire pleinement de ça.
C’est le résumé que je dresse après avoir écouté l’entièreté de l’album « YENNEGA » de RIN’KA. Quand la toute petite Karine Minoungou s’était présentée à mon bureau il y a trois ans, pour me dire qu’elle fait du rap. Je lisais dans ses yeux, certes la détermination et la passion, mais je savais qu’elle allait devoir se mettre au charbon. Effectivement, quelques années plus tard, elle a compris que ce métier demande beaucoup d’élaboration dans une démarche artistique.
Dans cet opus que je subdiviserais en deux parties distinctes : Rin’ka dans le folklore et Rin’ka dans sa version rap pur urbain. Elle se fait découvrir dans « Rakanra », « Wend Konté », « Burkinabè », « Vima Yondo » et surtout « Dama-Dama » qui est mon coup de cœur. L’écouter dans un tel folklore, ça me donne des frissons. J’aimerais bien voir ce clip majestueusement monté. Le rythme, le texte, le cadence et le timbre vocal ; tout est parfaitement bien monté. Un arrangement et mixage à la pointe du professionnalisme.
Je suis toujours partie de cette hypothèse que la tradition est avant tout, un mode de vie. Et le folklore est une représentation de ce mode de vie. Il est donc inadmissible qu’un artiste chanteur ne l’extériorise pas dans ses créations. Les musiques traditionnelles sont des musiques de tradition orale, de tradition populaire, liées bien souvent à des événements de la vie en société. Rin-Ka n’a pas besoin d’entrer dans une école pour apprendre son folklore. C’est déjà inné en elle. C’est à elle de nous la faire découvrir. Et c’est ce qu’elle nous a fait découvrir dans « YENNEGA ».
J’ai eu du plaisir à écouter « En pétard », « Pas pareil », « Etat d’esprit » (particulièrement sur cette chanson ; elle dit ceci : « J’étais bonne en maths. Dites à mon prof’ que ça ne m’a même pas servi » sacrée Rin’Ka). Dans ce style, elle est dans son élément Rap parfaitement posé, sous la forme d’égotrips bien agencées. Elle se démarque d’un rap assez particulier où elle a su superposer avec habileté plusieurs accents textuels et vocaux. Ça peut paraitre décalé aux temps, mais la musique est dense et élégante.
Dans « Burkina Faso » elle s’amuse avec ses collègues Mister Boom-Boom, Jah Man et Père Boyard sur une dance hall qui fera bouger les noctambules dans nos discothèques. Belle complicité rythmique dans cette chanson déclamée en mooré qui mérite une promotion à grande échelle.
Je suis surtout resté ébahi sur la chanson « Wend kon wend lé regué » en featuring avec Faden. Un excellent duo bien conduit par Faden comme il sait si bien le faire. J’ai aussi découvert une Rin’Ka langoureuse, foncièrement féminine et tendre. Ce n’est pas souvent donné à tout mélomane d’avoir la chance de découvrir sa tendresse, pour une rappeuse aussi engagée.
« YENNEGA » a le mérite d’être écouté et surtout d’être promu au regard du contenu de certaines chansons qui paraissent assez abouties.
Qu’elle ne croise surtout pas les bras pensant que le plus difficile a été fait. Je souhaite qu’elle poursuivre son apprentissage, notamment dans le style plus endogène et folklorique de son rap. Elle est sur la bonne voie et elle trouvera progressivement son identité et son aura dans cette jungle très vorace du showbiz burkinabè.
Qu’elle mette aussi plus de charme dans son style, son look et ses clips, d’autant plus qu’elle est mignonne. Ça joue aussi beaucoup dans l’industrie musicale
Hervé David HONLA








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