Deitre Allen Epps (Réalisatrice afro-américaine) : « La colonisation a créé des frontières artificielles »
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Deitre Allen Epps (Réalisatrice afro-américaine) : « La colonisation a créé des frontières artificielles »

Deitre Allen Epps est une entrepreneuse et réalisatrice américaine engagée dans les domaines de l’équité, de la santé et du développement communautaire. À travers des recherches, des tests ADN et la foi, elle a découvert ses racines au Ghana et a entrepris un voyage avec son père pour retrouver une partie de sa famille. Cette expérience a inspiré son documentaire « Footsteps to Home », qui explore l’identité, les origines africaines, les séparations causées par l’esclavage et les conséquences de la colonisation.

Votre reporteur invité au Festival de Cannes est allé à sa rencontre le 21 mai dernier, pour écouter l’odyssée passionnante et innovante de cette afro descendante remplie d’humilité et de philanthropie.

Entretien exclusif !

 

  • Commençons par la genèse le sens propre du terme : Pouvez-vous vous présenter aux lecteurs de OXYGENE MAG au Burkina Faso ?

Je m’appelle Deitre Allen Epps. Je suis la fille de Bishop Keith Allen, et je dirige à plein temps l’entreprise RACE for Equity qui signifie : Results Achieved Through Community Engagement. C’est une structure qui aide d’autres dirigeants à évaluer leurs programmes dans les domaines de la santé, du développement et de la technologie. L’objectif est de déterminer s’ils produisent réellement les résultats escomptés. Parallèlement, je suis aussi réalisatrice des films documentaires et fiction, notamment « Footsteps to Home ». Je fais également de nombreuses recherches sur mes origines et mes ancêtres. Je suis née aux États-Unis et mes parents et c’est là-bas que mes parents se sont rencontrés. Mon père est originaire de la Jamaïque. J’ai aussi de la famille au Royaume-Unis, j’ai toujours ressenti au fond de mon cœur qu’il me manquait quelque chose. Grâce à des tests ADN, des recherches et à la prière, J’ai découvert mes racines au Ghana. En 2019, je me suis rendu au Ghana avec mon père, et nous y avons retrouvé une partie de ma famille. Mon cousin vivait hors du Ghana depuis quarante ans, mais il souhaitait y retourner. C’est là que je l’ai rencontré pour la première fois

Rencontre avec sa famille au Ghana
  • Après une telle découverte, qu’est-ce que vous avez concrètement décidé d’entreprendre ?

Au départ, j’ai voulu documenter cette expérience, mais par la suite, j’ai engagé une équipe au Ghana pour tout filmer. Le film est actuellement en phase de montage brut et doit encore être finalisé. Certaines scènes sont tournées dans des langues tribales locales, et je souhaite conserver ces passages dans le film avec des sous-titres anglais, sans les traduire davantage. Ma famille vit à Asamankese dans la région orientale du Ghana depuis plus de 150 ans. Le film devrait être terminé d’ici fin 2026 ou au plus tard au printemps 2027

En compagnie de Karine BARCLAIS, Responsable du Pavillon AFRONOVA

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  • Après la réalisation de ce film documentaire ; que comptez-vous faire ?

Ma prochaine étape consiste à assurer le suivi avec une consultante que j’ai rencontrée à CANNES Docs. C’est une femme originaire d’Afrique du Sud. Je suis à la recherche d’un consultant créatif. Grâce au Pavillon Afronova, ici à Cannes, j’ai également rencontré un cinéaste nigérian qui va m’accompagner en tant que coach. Je continuerai par ailleurs d’être membre de Kingdomwood, une organisation dirigée par Audrey Littleton. C’est grâce à Audrey que je suis présent à Cannes aujourd’hui. Audrey est la réalisatrice de « Donnez-moi la main, mon frère », un film qu’elle a eu l’opportunité de présenter en première mondiale au Pavillon Afronova. Il s’agit d’un documentaire consacré à John Littleton, son oncle, qui a quitté la Louisiane pour s’installer en France ; chanteur de Gospel, il y a fondé une famille. Le film est en français.

Audrey Littleton (milieu) était présente pendant l’interveiww
  • Comment aujourd’hui voyez-vous cette déportation des noirs ?

La colonisation a créé des frontières artificielles, et l’esclavage a déchiré les familles. J’invite chacun à se rappeler qu’il existe des membres de leur famille au sein de la diaspora africaine. Ils peuvent également prier pour leurs proches. Ces événements ont profondément marqué et traumatisé de nombreuses personnes, mais ils ont aussi forgé une résilience. Toutefois, la question demeure : quand pourront-elles avoir moins besoin de cette résilience et être véritablement libres ?

Hervé David HONLA

 

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