Pedro ALMODOVAR : Une fiction sur une autre fiction
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Pedro ALMODOVAR : Une fiction sur une autre fiction

La sortie du film « Amarga Navidad » du réalisateur espagnol Pedro Almodóvar le 19 mai dernier à Cannes en compétition officielle long-métrage, fait rejaillir un genre cinématographique atypique : l’autofiction.

 

 Pourtant, c’est un film qui commence tout naturellement, avec des images antidatées sur des décennies décalées. C’est au fil des séquences que le cinéphile découvre qu’il est face à une fiction d’évènements et de faits réels mais ambivalents.

C’est l’histoire d’une réalisatrice culte qui se retrouve dans une sorte de déprime et de panique. Ce qui fait surgir parallèlement chez un cinéaste en manque d’inspiration, un scénario idéal pour écrire son œuvre. Un scénario qui serait par ricochet le miroir de sa propre histoire.

Le réalisateur espagnol Pedro Almodóvar

Le réalisateur espagnol Pedro Almodóvar, fait donc son retour avec ce film qui a été présenté au festival de Cannes. Doté d’une filmographie de 24 longs-métrages, ce sexagénaire a poussé encore le bouchon plus loin en faisant travailler nos méninges. Les scènes sont à la fois captivantes et poussent à la réflexion et à des comparaisons interminables. C’est une œuvre cinématographique qui confronte de nombreux corps de métier : l’écriture à travers le roman ; le cinéma à travers le scénario et la musique à travers une séquence très émouvante de mélodie acoustique.

Bárbara Lennie

La dextérité avec laquelle Pedro a réalisé son casting, justifie l’intérêt que les spectateurs et les journalistes ont accordé à son film, pendant la projection et lors du point de presse.

Leonardo Sbaraglia

«Amarga Navidad», en français facile «Noël amer», est un véritable récit miroir qui confronte d’un côté la réalisatrice Elsa en couple avec son pompier Bonifacio qui traverse des moments de déprime pendant la fête de Noël. Afin de fuir cette situation mélancolique, elle décide d’aller s’installer avec son amie Patricia à l’île de Lanzarote, qui aussi traverse une dépression aigue. Toutes les séquences du film laissaient transparaître des images parallèles de l’auteur (Raúl). Contre toute attente ; il en a fait son propre scénario. Car étant avide d’idées et en manque d’inspirations, il a saisi cette opportunité pour étoffer son scénario.

Victoria Luengo

De lourdes empoignades verbales survinrent entre Elsa et Raul car cette dernière l’accusait d’avoir profité de leur « souffrance » pour en faire, son bestseller. Pendant que lui, estime qu’il racontait plutôt sa propre vie avec sa compagne avec qui, il vit depuis 20 ans.

Avec ce film Pedro ALMODOVAR plonge le cinéphile dans une dimension plus cognitive où le cinéaste n’a pas besoin d’aller chercher très loin son scénario. Il suffirait de regarder autour de lui ou de se regarder lui-même.

Hervé David HONLA

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