Le film en compétition long métrage de Charline BOURGEOIS-TACQUET intitulé « La vie d’une Femme » a été projeté au festival de Cannes le 13 mai en grande première. Une œuvre cinématographique qui met en lumière la femme dans toute sa plénitude, sans les pesanteurs sociales.
C’est une passionnante histoire d’une française âgée de 55 ans mariée sans enfant biologique, qui assure avec maestria son métier de chirurgienne maxillofaciale en qualité de cheffe de service. Gabrielle, puisqu’il s’agit d’elle comme nom d’héroïne dans ce film de 98 mn ; est à la fois, cette femme de caractère souple et maniaque qui voudrait vivre une vie de femme épanouie et émancipée. Ce droit de vivre comme les hommes ; ce film de Charline BOURGEOIS-TACQUET relate l’exemple craché incarné surtout par Léa DRUCKER (Gabrielle) avec sa compagne du film Mélanie THIERRY (Frida).

En optant comme scénario principal la filière médicale, la réalisatrice l’a fait à dessein. Car le milieu médical, notamment celui de chirurgien, appartenait aux femmes qui auront bataillé dur pour entrer dans ce bastion réservé aux hommes pour se faire respecter. Notamment pour ne pas se morfondre dans des rôles subalternes.

Au-delà de son rôle important dans un hôpital, Gabrielle entretient également une vie libérale tant dans son foyer que dans ses relations professionnelles en passant par son implication dans la vie de ses parents géniteurs, y compris ses relations extra conjugales.
Dans ce film à la fois passionnant, émouvant et teinté d’un peu d’humour dans la subtilité des phrases de l’héroïne et même chez certains patients, la réalisatrice a voulu surtout faire ressortir cet accès au droit de la femme à vivre comme les hommes. Il ne s’agit pas du tout d’un désir des deux parties d’établir une égalité de droits et de devoirs, de libertés et de tâches, mais bien plus une liberté de la femme de vivre sa féminité comme bon lui semble, y compris sur le plan sexuel.

Il est néanmoins fort intéressant de saluer l’ensemble du jeu d’acteur des principaux comédiens. Notamment Marie-Christine Barrault (Arlette), Laurent Capelluto (Kamyar) ou encore Charles Berling (Henri)… C’est surtout l’incarnation du rôle de chirurgienne de Gabrielle qui aura sublimé et scotché le cinéphile. Elle affirme avoir passé toute une journée avec une chirurgienne maxillo-faciale dans son bloc opératoire pour apprendre à la fois les techniques d’expressions, la gestuelle y compris le quotidien d’un médecin chef de service. « …Je suis allée au bloc opératoire ; au départ, c’était effrayant car c’est un autre univers et progressivement je me suis acclimatée pour surtout observer comment la vie s’anime dans un bloc opératoire et dans un hôpital en général » affirme Léa DRUCKER. Elle a surtout été étroitement assistée par une chirurgienne qualifiée, sans oublier aussi la rigueur de la réalisatrice Charline BOURGEOIS-TACQUET qui s’assurait que tout le texte du scénario était scrupuleusement lu et interprété.
Née à Royan en France il y a quarante ans, Charline Bourgeois-Tacquet après avoir été actrice, elle avait réalisé deux courts métrages « Joujou » en 2015 et « Pauline asservie » en 2018 qui avait été présenté au Festival de Cannes la même année dans la compétition Courts de la « Semaine de la critique ». Elle possède aujourd’hui à son actif deux longs métrages : « Les amours d’Anaïs » qui avait été sélectionné à la « Semaine de la critique » en 2021 et ce film « La vie d’une Femme » sortie pendant ce 79è festival de Cannes.
Hervé David HONLA





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