Pour la postérité, le Restaurant/piscine la FORET est réputée dans la capitale burkinabè pour l’image qu’il prône au sein des acteurs du monde de l’audiovisuel. Les cinéastes de part le monde en ont fait leur pied à terre, chaque fois qu’ils y séjournent dans le cadre du FESPACO. Cet espace aussi renommé qu’il soit, ne bénéficie pas d’une attention particulière, pis même, il est en décrépitude. Le réalisateur Idrissa Junior OUEDRAOGO, a eu l’ingénieuse idée de viabiliser ce cadre en mettant sur orbite les pionniers du cinéma africain. Pour joindre l’utile à l’agréable, il a fait appel à un jeune artiste plasticien burkinabè, Ibrahim Werèmi né à Libreville au Gabon. Il a décidé de s’installer dans son pays natal pour vivre de sa passion.
La marque déposée du restaurant LA FORET, c’est son côté ombrageux et frais. Grâce aux limiers et autres arbres qui donnent de l’air et de la fraîcheur même en plein cagnard, c’est le cadre privilégié de nombreux professionnels du cinéma. Le propriétaire des lieux Monsieur Tinta continu de tenir la dragée haute : « Tous les cinéastes raffolent ce cadre. A chaque fois qu’ils ont une pensée pour le Burkina, c’est LA FORET qui revient en mémoire. Tous les doyens du cinéma sont passés ici. Chacun avait même sa place assise de prédilection. Par exemple, Ousmane Sembène aimait s’assoir au bord de la piscine… » affirme Le responsable.

Ce cadre a reçu de grandes sommités du cinéma mondial. Aujourd’hui, il est presque laissé pour compte à la solde du responsable qui peine à le relancer. Car le tourisme extérieur a perdu sa fougue d’antan. Fort de ce constat et afin de bâtir une sorte de devoir de mémoire pour ce cadre, Idrissa Junior a décidé d’immortaliser les grandes figures du cinéma africain. Le maitre d’œuvre qui a été choisi pour immortaliser les images de ces icônes, est Ibrahim Werèmi.

C’est dans sa tendre enfance qu’Ibrahim Werémi à Libreville au Gabon où il est né, qu’il a appris le dessin et l’art plastique. Ce garçon avait prématurément arrêté l’école pour se lancer dans la vie active. Né d’un père burkinabè et d’une mère gabonaise, Ibrahim perdra son géniteur en 2013 pour ensuite regagner définitivement son pays d’origine le Burkina Faso en 2019. C’est à la suite du décès de son père qu’ibrahim prendra conscience du métier qui lui collait à peau. Il opta donc définitivement pour la peinture et l’art plastique en général.

Pour un jeune de son âge (27 ans), décider de rentrer s’installer au Burkina Faso, c’est faire preuve à la fois d’audace et de patriotisme. « C’est mon pays d’origine, il était de mon devoir à la suite du décès de mon père de rentrer m’installer pour mieux connaître mon pays. C’est vrai que le Gabon est bien, mais je voulais vraiment venir m’installer au Burkina » affirme Ibrahim Werèmi.

Installé au secteur 10 à Tampouy au niveau de la cité Azimo, il s’est progressivement intégré grâce à son oncle Nyampa. De rencontres en rencontres, il fit la connaissance d’Idrissa Junior OUDRAOGO, un réalisateur burkinabè très réputé en Europe et au sein de la diaspora africaine. Ce dernier, observant avec stupéfaction le talent du jeune Ibrahim, il décida de le coopter pour le projet de viabilisation du mythique espace de loisirs, détente et gastronomique, LA FORET. Situé en plein cœur de Ouagadougou, non loin du siège de la BCEAO et de la Place de la Révolution, la FORET est le bastion des professionnels du cinéma en Afrique et de par le monde. C’est leur espace et leur pied à terre privilégie quand ils sont au Burkina Faso pour le FESPACO.
Ibrahim Werèmi réalise des portraits de nos célèbres cinéastes sur l’ensemble des murs de clôture du restaurant/piscine LA FORET. Deux couleurs de prédilection composent sa charte graphique, en l’occurrence le blanc et le noir. De la peinture à huile, du pétrole des pinceaux font son affaire. C’est au feeling sans pression qu’il réalise ses portraits. « Je ne me mets pas de pression, car quand on va vite dans ce métier, ce n’est pas la bonne méthode. Je préfère prendre du temps et me relaxer. Ce sont des imminents cinéastes que je vais immortaliser sur le mur, par conséquent j’ai le devoir de respecter leur mémoire. » affirme Ibrahim.
Le cinéma africain est marqué par des figures pionnières et contemporaines qui ont façonné son identité engagée, sociale et artistique. Le Burkina Faso à travers le FESPACO ne cesse à chaque biennale de rendre hommage à cette grande industrie cinématographique depuis 57 ans. Des noms et des portraits joncheront ce mythique restaurant La FORET.
Ousmane Sembène (Sénégal), souvent considéré comme le « père du cinéma africain », Med Hondo (Mauritanie), Djibril Diop Mambéty (Sénégal), et Gaston Kaboré (Burkina Faso) sont des piliers historiques. Il y aura des figures telles que ; Souleymane Cissé (Mali) réalisateur de « Yeelen » récompensé à festival de Cannes. Désiré Ecaré pionnier du cinéma ivoirien. Alain GOMIS, du Sénégal avec son film « Félicité », Mati Diop du Sénégal réalisatrice de « Atlantique » récompensée au Festival de Cannes. Abderrahmane SISSAKO, réalisateur mauritanien du film « Timbuktu ». Mahamat-Saleh Haroun du Tchad avec son film « Abouna ET Homme qui crie » etc.
Ces cinéastes ont non seulement raconté l’Afrique de l’intérieur, mais ont également imposé une esthétique propre, souvent reconnue dans les plus grands festivals internationaux. C’est la raison pour laquelle, l’initiateur de ce projet de viabilisation de la FORET ne ménage aucun effort pour à la fois redorer le blason de ce cadre, mais aussi transmettre aux futures générations l’histoire du cinéma africain. Ce travail artistique prendra un mois selon Ibrahim Wérèmi.
Hervé David HONLA







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