« ZINGHA » : Une ode vibrante aux héroïnes africaines dévoilée au CDC.
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« ZINGHA » : Une ode vibrante aux héroïnes africaines dévoilée au CDC.

Ce jeudi 9 avril 2026, le CDC La Termitière à Ouagadougou a accueilli la sortie de résidence du projet « ZINGHA », une création artistique puissante portée par la plateforme « On se Dessine Un Monde », initiée par Jean-Robert KoudogboKiki, dit Robbi Danseur, performeur et chorégraphe.

Une première étape de travail qui a déjà su émouvoir et captiver un public venu nombreux. Inspirée de l’ouvrage << Les Reines d’Afrique et Héroïnes de la diaspora noire >> de Sylvia Serbin, cette œuvre chorégraphique plonge le spectateur dans un univers où mémoire, engagement et puissance féminine se rencontrent. Elles sont trois. Trois présences intenses sur scène. Trois femmes qui incarnent, à travers leurs corps et leurs voix, des fragments d’histoires, de luttes et d’héritages.

Zénabou Soube, Monique Sawadogo et Andréa Canine Bah donnent vie à « ZINGHA », une création encore en laboratoire, mais déjà d’une profondeur saisissante. Sous la direction chorégraphique de Salamata Kobré, assistée de Moussa Samaké, les artistes livrent une performance où les émotions circulent librement, entre silence, tension et libération. Sur scène, les corps parlent. Ils racontent ce que les mots peinent parfois à exprimer. Ils réveillent des mémoires enfouies et rendent hommage à ces femmes d’exception qui ont marqué l’histoire africaine et sa diaspora.

Jean Robbert Koudogbokiki, dit Robbi

À l’origine du projet, une idée forte : faire dialoguer littérature et spectacle vivant. Avec « On se Dessine Un Monde« , Robbi propose un concept ambitieux : offrir à des chorégraphes ou metteurs en scène une œuvre littéraire comme point de départ, avec une totale liberté de création. Pour cette édition, le choix de l’ouvrage de Sylvia Serbin s’impose comme une évidence. Une matière riche, engagée, qui interroge la condition féminine et célèbre des figures historiques souvent méconnues. « Ma légitimité ici est avant tout celle d’initiateur du projet. La chorégraphe invitée a eu carte blanche », confie Robbi, visiblement ému par le résultat. Et son émotion est palpable : « Je suis sincèrement sidéré par l’intelligence de la mise en scène, la finesse de l’approche chorégraphique et l’engagement des artistes »

Salamata Kobré chorégraphe

Pour Salamata Kobré chorégraphe, danseuse interprète, directrice de la Compagnie Salamata Kobré, fondatrice du Projet Fondalet et représentante des danseurs chorégraphes du Burkina Faso et de la diaspora au sein du Bureau burkinabè du droit d’auteur (BBDA), cette aventure artistique est avant tout une expérience humaine forte. Avant même d’entrer en scène, une semaine entière a été consacrée à la lecture de l’ouvrage. Une immersion nécessaire pour en saisir toute la portée. Puis, le travail de plateau a pris le relais, nourri par des échanges sincères entre les artistes. « Nous avons parlé de nos réalités, de nos vécus, de la place de la femme dans nos sociétés. Ces discussions ont été fondamentales pour la création », explique-t-elle.

À travers ce processus, les artistes ne se contentent pas de raconter l’histoire des héroïnes du passé : elles établissent un pont entre hier et aujourd’hui. Elles questionnent, elles ressentent, elles transmettent. Présentée comme une étape de travail, cette sortie de résidence a pourtant tout d’une œuvre déjà aboutie. Le public ne s’y est pas trompé. Entre silences suspendus et moments d’intensité brute, la salle a vibré au rythme des corps en mouvement. À la fin, les applaudissements nourris et les témoignages enthousiastes ont confirmé l’impact de cette création.

Le projet « ZINGHA » entre désormais dans sa seconde phase de création, prévue sur un mois. L’objectif : affiner, approfondir et finaliser cette pièce ambitieuse d’ici 2027. Une chose est certaine : « ZINGHA » porte en elle une force rare. Celle des histoires de femmes qui refusent l’oubli. Celle d’un art engagé, sensible et nécessaire. Et si cette première étape en est déjà le reflet, la suite s’annonce tout simplement remarquable.

Gisèle BELEM

 

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