La quatrième journée du Festival International des Cascades (FESTICAS) a connu une efférence particulière le mardi 7 avril dernier du côté de la Place de la Nation de Banfora. La musique mandingue a été à l’honneur et des artistes burkinabè et maliens à l’image de Malakey ont fait vibrer la foule.
Le FESTICAS ouvre généralement sa journée par cet espace enfant qui devient très prisé par les familles. Dirigé par Catherine SOULAMA, ce compartiment situé sur le site est exclusivement dédié à la petite enfance qui en raffole tous les après-midis. Les divers stands de jeux font la fierté et la clarté de ce festival qui gagne de l’estime dans toute la vile.
Le quotidien et les habitudes du peuple de la région des Tannounyans sont surprenants. Lors des évènements de grande envergure comme le FESTICAS, la ville est certes en fêtes et le site du festival est très animé. Mais le public joue à l’endurant lors des spectacles. Une soirée généralement censée commencer à 20h, le public ne regagne que l’intérieur 3h plus tard. Pour les touristes profanes qui s’installent à 20h sur le site, ils sont inquiets de prime à bord de la faible affluence. Mais quelques heures après, ce même site étouffe du monde et la chaise devient un meuble recherché.
C’est ce qui s’est passé hier à la Place de la Nation de Banfora. Pendant que les animateurs et DJ faisaient le show très tôt sur le site, le public était tassé à l’extérieur. C’est aux environs de 23h qu’ils ont regagné l’enceinte pour suivre les prouesses des acteurs invités de la soirée.

Il y avait donc plusieurs artistes en herbe à l’image de Tony LG et ceux confirmés tels que ; Ezeckiel Sackoulba, Barack la Voix d’Or, Ismo Vitalo ou encore le malien Malakey. Un plateau musical alléchant mais qui ne présageait pas un spectacle aussi ahurissant.

Pendant que les responsables des stands et rues marchandes à l’intérieur du site s’attelaient à aménager leurs produits de tout genre et surtout gastronomiques à l’image de la célèbre Adja OUEDRAOGO dite « Mama N’a Festival » venue de Ouagadougou avec une forte délégation, le directeur artistique du festival Cyrille Yéyé, recadrait toute l’équipe du festival y compris le dispositif sécuritaire sur le site. Réunion quotidienne, bilan de la journée écoulée et perspectives pour les actions à mener durant la soirée. Ce professionnel de l’évènementiel est la cheville ouvrière de ce FESTICAS ; Rien ne lui échappe, et dans la discrétion, il galvanise son équipe et examine commission par commission les tâches des uns et des autres. Épaulé surtout par le régisseur Lé Zulu au niveau de la grande scène, ensemble avec les techniciens, ils diligentent à la perfection le conducteur de la soirée.

La maîtresse de cérémonie Fatim SOULAMA, celle qui a conquis le cœur des festivaliers et des acteurs culturels ici à Banfora, était assistée ce soir-là, par trois autres cadors du micro notamment ; Mannequin, Mister Badra et le meilleur MC 2025 au 12 PCA, Marco Faso. Un quatuor de MC qui a tenu en haleine les 11 000 âmes qui avaient assiégé le site à partir de 23h.

C’est principalement l’artiste Ezeckiel Sackoulba, qui a fait monter le mercure sur le site lors des passages des artistes confirmés. L’auteur de « Koumandi Kouyadi » a remis es pendule à l’heure sur le site et le public a compris qu’il est venu surtout pour s’enflammer et danser avec les artistes. Hema Ezéchiel de son vrai nom, dont son talent ne souffre d’aucune contestation, a fait bouger tout le site avec son style Afro-décalé qui fait bouger toute la sous-région. Ezeckiel Libonso comme on l’appelait de par le passé a confirmé tout le bien qu’on pensait de lui. Son tube « Mon Président est intouchable » a été ovationné par la foule.

Barack La Voix d’or a ensuite dompté la scène de Banfora avec ses tubes connus par la quasi-totalité des mélomanes présents sur le site du festival. C’est en terrain conquis qu’il s’est livré à ses fans dans une ambiance confraternelle. L’auteur de « Yeelen » son quatrième album sorti le 25 janvier de cette année à Bobo-Dioulasso, a fait fredonner au public titre par titre l’ensemble de ses œuvres qu’il a chanté sur le site. Abdoul Aziz Diakité de son vrai nom reste l’un des artistes les plus adulés de la capitale économique du Burkina Faso.

Si le reggae garde la tête sur les épaules au Burkina Faso, c’est surtout en grande partie grâce à Ismo Vitalo. Pour ceux qui le connaissent, l’auteur de « IZI ZI » a donné une prestation en deçà de ses compétences. C’est un féru du live et un as du de la scène. Mais au regard des restrictions budgétaires du comité d’organisation, il a offert un spectacle préenregistré à ses milliers de fans. Malgré ça, le public était en transe et vociférait à chacune des chansons qu’il entonnait sur scène. Ismaël Yoda de son vrai nom était l’artiste burkinabè de la soirée qui possède des fans dans toutes les localités du Burkina Faso même les plus enclavés. Reconnu pour ses textes et chansons conscientes qui prône la paix, l’unité et la justice, le transfuge du groupe Vitalo, a marqué la scène musicale du FESTICAS. Son style qu’il fusionne à la perfection entre reggae et sonorités traditionnelles, lui avait valu le sacre de Marley d’Or en 2021. Ce natif du Boulgou doit son succès artistique et médiatique grâce à son travail et son éloquence sur des scènes live partout en Afrique et en Europe où il est invité. Des titres comme « Fatimata« , « Souvenirs d’Afrique » et surtout « Teebo » ont été chanté à l’unisson par l’ensemble des festivaliers et même plus tard dans la discothèque « MAISON D » à Banfora où il a été invité.

Une clôture en apothéose avec le malien Malakey qui restera l’un des moments forts de ce festival. Considéré comme le digne héritier de cette nouvelle génération qui honore la culture malienne, cet ex footballeur devenu rappeur a fait sensation sur le site du FESTICAS. A l’annonce de son arrivée sur scène par Marco Faso, le public a abandonné sa place initiale pour se ruer au-devant de la scène. Il a fallu l’intervention de la police armée pour disperser cette marée humaine. Sa notoriété est transfrontalière voire mondiale car il s’illustre par cette fusion mélodieuse entre les mélodies tendances mandingue au hip-hop urbain. Pas un tube n’est méconnu par le public ! A chaque fois que le public saisissait la moindre note musicale de la prochaine chanson, il entamait immédiatement en chœur le reste de la chanson. L’artiste était parfois obligé de rester muet pour laisser ses fans entonner toute la chanson. Même au sortir du site du festival, dans la rue et au parking des engins, les usagers continuaient à psalmodier les chansons de l’artiste. Cette quatrième soirée a été spécialement dédiée à Malamine Bagayoko de son vrai nom.

C’est sous le visage mortifié par la fatigue que le promoteur du FESTICAS Mamadou Yougos KONE a regagné plus tard la discothèque « Maison D » pour féliciter les différents acteurs culturels qui ne ménagent aucun effort pour lui apporter son soutien depuis le début de ce festival.
Hervé David HONLA





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