Dans le cadre de ses 72 heures d’activités, l’Association Burkinabè des Femmes Artistes Musiciennes (ABFAM) a procédé, ce jeudi 2 avril 2026, au lancement d’une session de formation au profit de ses membre au siège du Bureau Burkinabè du Droit d’Auteur (BBDA) à Ouagadougou.
Cette initiative vise à renforcer les compétences des femmes artistes dans deux domaines essentiels à leur carrière : la technique vocale et la gestion de la scène. Elle s’inscrit dans une dynamique de professionnalisation du secteur artistique burkinabè, en mettant à la disposition des participantes des outils pratiques pour améliorer leurs performances et leur présence scénique.
Pour assurer la qualité de la formation, l’ABFAM a fait appel à des formateurs de renom, dont Mai Lingani et Bil Aka Kora. Des masterclass sont également prévues avec Séraphine Bancé et Coach Lady Wassa, tandis que des ateliers pratiques sont animés par Augusta Palenfo.

Animée notamment par l’artiste musicien Bil Aka Kora, la session de formation met l’accent sur la technique vocale. Les participantes bénéficient de modules pratiques portant sur la respiration, la résonance, le placement de la voix, ainsi que sur l’oreille musicale et l’harmonie. Selon le formateur, cette initiative répond à une nécessité d’adaptation dans un monde en constante évolution. « Je suis là ce matin pour donner une formation sur les techniques de chant, de respiration et d’émission de la voix. C’est vrai qu’en Afrique, on dit généralement que la musique ne s’apprend pas, qu’elle est un don inné. Mais comme nous sommes dans un monde qui évolue de plus en plus, il faut apprendre à mieux maîtriser sa voix, sa respiration, avoir l’oreille musicale et s’ouvrir à d’autres types de musique », a-t-il expliqué.

Il a également insisté sur la dimension collaborative de cette formation. « C’est un plaisir pour moi de répondre à l’appel de mes consœurs et collègues pour partager ce que j’appelle un partage d’expérience. Quand on apprend à des personnes, on reçoit aussi. C’est surtout un échange d’énergie et de connaissances », a-t-il ajouté.

Bil Aka Kora a exprimé son espoir de voir les modules dispensés enrichir les acquis des participantes et produire des résultats visibles à long terme. Présente à cette session, la chantre et artiste musicienne Séraphine Bancé a salué l’initiative de l’ABFAM, tout en soulignant l’importance de la formation continue dans le domaine musical : « Je suis là ce matin avec mes sœurs pour aussi apprendre, parce que la musique, il faut l’apprendre et la pratiquer tous les jours. Je suis là pour prendre des techniques afin de pouvoir les pratiquer quotidiennement et demeurer toujours en forme dans la voix », a-t-elle confié. Elle a par ailleurs rappelé que la pratique du chant sollicite des muscles qui doivent être entretenus régulièrement : « Quand on chante, on utilise des muscles, et ces muscles ont besoin d’être travaillés tous les jours pour être en forme et émettre les sons à perfection ». Pour elle, cette formation représente une opportunité d’acquérir de nouvelles connaissances à mettre en pratique, notamment dans une perspective spirituelle : « Mes attentes aujourd’hui, c’est encore acquérir d’autres connaissances pour pouvoir les mettre en pratique pour la gloire de Dieu » conclut-elle.

Quant à Daisy Bofola, artiste-musicienne et Présidente de l’ABFAM, a réaffirmé l’importance stratégique de cette initiative pour les membres de l’association : « L’objectif de cette formation, c’est de renforcer les capacités de nos membres en matière de musique, de connaissances, pour leur permettre de bien pratiquer ce qu’elles ont choisi comme métier », a-t-elle indiqué. Elle a également insisté sur la nécessité de se former dans un environnement en constante mutation : « Nous sommes dans un monde où tout va vite. Si on n’est pas dans le temps, on risque de passer à côté. La formation est la base de toute chose. Quand on a le B.A.-BA, on peut le mettre quotidiennement en pratique et être plus utile à notre nation ainsi qu’aux messages que nous voulons véhiculer ».
La participation à cette formation est réservée aux membres de l’ABFAM, à jour de leurs cotisations et engagées à suivre l’intégralité du programme avec assiduité. À travers cette initiative, l’ABFAM confirme son engagement en faveur de la valorisation et de la professionnalisation des artistes burkinabè, dans un contexte où les exigences du métier deviennent de plus en plus élevées.
Gisèle BELEM





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