Cinéma : « Ma mère déteste ma belle-mère », analyse introspective
Edito

Cinéma : « Ma mère déteste ma belle-mère », analyse introspective

L’industrie cinématographique burkinabè vient d’être dotée d’un nouveau long métrage réalisé par Oumar DAGNON, un nom suffisamment connu dans cette filière. « Ma mère déteste ma belle-mère » est un film coproduit par WAATI Films et GEMME7 Prod et CHRISTALL Production.

Le cinéma burkinabè s’est réapproprié sa propre narration mêlant traditions, réalités sociales et mémoires historiques pour raconter ses propres histoires. A travers ce film d’Oumar Dagnon et parmi tant d’autres, les cinéastes burkinabè se concentrent sur la déconstruction des stéréotypes, partageant des perspectives authentiques de l’intérieur. De l’idée du projet jusqu’au tournage en passant par l’écriture du scénario, la pertinence de l’histoire à partir du titre du film suscite déjà la curiosité chez les cinéphiles.

Le réalisateur Oumar DAGNON et l créatrice Flora ILBOUDO

C’est ce à quoi la créatrice Flora Ilboudo accompagné de son réalisateur Oumar Dagnon s’y est attelée en réalisant « Ma mère déteste ma belle-mère ». C’est l’histoire de deux jeunes tourtereaux qui décident de revenir à Ouagadougou rencontrer leur famille respective afin de préparer les rituels de fiançailles et de mariage. Mais tout ne passe pas comme prévu entre les futures belles-mères…

Les deux comédiens pincipaux Landy GALA et Aaron OUEDRAOGO

En regardant de façon globale l’étoffe de ce film, il est heureux de constater qu’il a reposé sur une planification minutieuse avec une équipe technique compétente surtout en termes d’images et de casting. La direction artistique s’est illustrée par des décors et des costumes fantastiques. La partie scripte aura contribué à scotcher le public du Stress Out jusqu’à la fin de la projection.

La célèbre comédienne Laure GUIRE

Les accords entre les plans ont assuré la cohérence entre l’image et le son. La gestion des acteurs restera le grand succès de ce film. Aussi bien par les jeunes que les plus expérimentés à l’image des juvéniles Aaron OUEDRAOGO et Landy GALA qui ont parfaitement incarné leur rôle. Les célèbres Désiré Yaméogo, Issaka SAWADOGO et Laure GUIRE ont tout simplement confirmé tout le bien que les cinéphiles ont toujours pensé d’eux. Le chef (Naaba) de Wemtenga s’est même prêté au jeu de la caméra en jouant un rôle ultra important dans ce film.

Le seul bémol dans ce film (dans sa première projection au Stress Out), c’est la balance et l’automatisation du son. Les voix n’étaient pas réglées au même niveau. Pas assez claire et parfois au-dessus de la musique. Bref, l’automatisation de volume n’était assez ajustée.

« Ma mère déteste ma belle-belle » met une fois de plus sur orbite la problématique des belles-mamans dans le foyer de leurs enfants. Habituellement, les belles-mères dans le foyer de leurs enfants tournent autour de la gestion des limites, de l’ingérence dans la vie de couple et des conflits territoriaux. Les tensions naissent souvent d’une peur de perdre leur fils, de différences générationnelles/culturelles, ou d’une difficulté à accepter leur nouvelle place, entraînant des critiques, du chantage émissif ou des conseils non sollicités.

Mais dans ce film, Flora Sawadogo et Oumar Dagnon ont abordé le problème sous un autre angle. Notamment celui de la présence de « Soungalo » !

Hervé David HONLA

 

 

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