Association Taafé Vision : Dix femmes à l’école de l’écriture de scénario
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Association Taafé Vision : Dix femmes à l’école de l’écriture de scénario

L’association Taafé Vision a lancé, ce lundi 23 mars 2026 à Ouagadougou, une session de formation dédiée à l’écriture de scénario au profit de dix femmes engagées. Prévue pour se dérouler jusqu’au 13 mai, cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet « Artivisme pour un monde plus juste 2 », qui vise à faire du cinéma un véritable outil de transformation sociale.

Venues de Banfora, Bobo-Dioulasso et Ouagadougou, les participantes ont été sélectionnées à l’issue d’un appel à projets ouvert aux femmes burkinabè. Durant plusieurs semaines, elles bénéficieront d’un accompagnement pour renforcer leurs compétences en écriture scénaristique et faire évoluer les projets de films qu’elles portent.

Charles Auguste Koutou, artiste comédien, scénariste et réalisateur: formateur

Pour cette édition, le thème choisi est « L’autonomisation de la femme, moteur pour le développement social ». Un choix assumé par les organisateurs, qui souhaitent élargir les perspectives. Comme l’explique Laguempedo Parkima Nafisatou, chargée du programme Artivisme 2, les précédentes éditions étaient majoritairement centrées sur les violences basées sur le genre, notamment physiques. « Nous avons voulu diversifier les approches, car même en période de crise, des femmes autonomes peuvent jouer un rôle déterminant aux côtés des hommes », souligne-t-elle.

Au-delà de l’apprentissage technique, la formation ambitionne de provoquer un véritable déclic chez les participantes. L’objectif est de les amener à mieux cerner leurs capacités, affirmer leur vision artistique et devenir, à leur tour, des actrices du changement social. « Il faut qu’il y ait un avant et un après cette formation », insiste la responsable du programme. L’impact attendu ne se limite pas aux bénéficiaires.

Les films qui seront réalisés à l’issue de l’atelier ont vocation à toucher un large public. Fidèle à son approche, Taafé Vision prévoit d’organiser des projections-débats dans différentes localités du pays, notamment en dehors de la capitale. Une manière d’aller à la rencontre des communautés et de susciter des échanges autour des thématiques abordées, sans imposer un discours, mais en encourageant la réflexion collective.

Pour Charles Auguste Koutou, artiste comédien, scénariste et réalisateur, également formateur dans le cadre de cette session, le cinéma reste un outil de sensibilisation particulièrement efficace au Burkina Faso. « L’image et le son réunis permettent de transmettre des messages forts, même auprès de populations qui n’ont pas accès à la lecture », explique-t-il. Il met toutefois en garde contre certaines erreurs fréquentes chez les débutants, notamment la volonté de vouloir tout dire dans un seul film, au risque de perdre en clarté, ainsi que le manque de recherche documentaire. Selon lui, il est essentiel de bien faire la distinction entre sensibiliser et dénoncer, surtout lorsque les sujets abordés sont sensibles.

Parmi les participantes, Ouatara Pauline Nafi travaille sur un projet intitulé « La Terre de Rita ». Elle voit dans cette formation une opportunité de se perfectionner et d’ouvrir la voie à une carrière dans la réalisation. À travers son projet, elle souhaite utiliser le cinéma comme un moyen de défendre les droits des femmes et de rendre visibles les réalités qu’elles vivent. « Tout le monde ne lit pas, mais le cinéma parle à tous. C’est un moyen puissant pour faire passer des messages et toucher la société », confie-t-elle.

À la fin de la formation, les œuvres réalisées seront diffusées dans plusieurs communautés du pays, dans le cadre des actions de sensibilisation portées par Taafé Vision. Pour rappel, Taafé Vision est une association culturelle burkinabè engagée dans la promotion des droits des femmes et la lutte contre les violences basées sur le genre, à travers la production audiovisuelle à vocation sociale.

N’douonmou Aïda

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