À travers ces trois tableaux, l’artiste plasticienne et formatrice Wendlassida Flore Kaboré nous parle d’une réalité que beaucoup vivent, mais que peu veulent vraiment regarder. Une réalité douloureuse, bien ancrée dans le Burkina Faso d’aujourd’hui : celle des déplacés internes.
Le noir domine les œuvres. Pourtant, ici, il ne représente ni le mal ni la fin. Le noir devient une force, un refuge, un espace profond où se cachent les douleurs, les peurs et les blessures invisibles de ceux qui ont fui la guerre. Il porte les silences de femmes, d’hommes et d’enfants innocents, arrachés à leur quotidien sans jamais l’avoir choisi. Dans cette obscurité, des formes humaines apparaissent, à peine visibles. Elles semblent brisées, fragiles, comme effacées par la violence des événements.

Ce sont des visages de veuves, de veufs, d’orphelins, de familles déracinées. Ils ne crient pas, mais leur souffrance se ressent. Ils nous regardent et nous demandent simplement d’être vus, compris, soutenus. Ces trois tableaux forment une suite, une histoire en plusieurs étapes : la fuite précipitée, l’errance sans repères, puis la survie dans l’oubli. L’artiste ne cherche pas à embellir la douleur. Elle la montre telle qu’elle est, sans détour, pour nous pousser à réfléchir et à agir. À travers cette œuvre, Flore Kaboré lance un message simple mais fort : tendre la main. Parce que ces personnes ont besoin d’aide sur tous les plans : humain, social, psychologique, matériel.
Derrière chaque silhouette se cache une vie, un rêve brisé, mais aussi un espoir qui peut renaître. Cette trilogie n’est pas seulement de l’art. C’est un cri silencieux, un acte de mémoire, de solidarité et d’humanité.
N’douonmou Aïda




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