Dans l’après-midi du 10 décembre 2025, votre journal culturel OXYGENE MAG, s’est rendu au Parc Urbain Bangr Weogo à la rencontre de monsieur Sanga Aboubakar Secrétaire Exécutif du Collectif Wekré. Du 8 au 14 décembre 2025, se déroule la 6ème édition du Marché d’Art Contemporain de Ouagadougou.

La cérémonie d’ouverture s’est tenue ce 8 décembre. Au menu ; un vernissage qui a réuni artistes, acteurs culturels, passionnés et professionnels d’art et curieux. Ce rendez-vous incontournable des amoureux des arts photographie, sculpture, peinture etc. va rythmer la vie du Parc urbain.
Parlez-nous de cette édition
Wekré 6, c’est l’édition de la résilience, l’édition qui a failli ne pas se tenir, au regard de toutes les difficultés qu’on a eu par rapport à l’activité. Notamment la mobilisation des ressources et tout. Mais Dieu merci, avec le courage et l’engagement, on est parvenu à mettre quelque chose en place. Et voilà, grâce à Dieu, l’édition 6 arrive à se tenir avec la participation de six pays, Burkina Faso inclut.
Pourquoi avoir initié ce marché d’Art Contemporain et quels sont les objectifs visés ?
L’objectif derrière ce projet-là, est de travailler au développement d’un marché d’art au niveau local, parce qu’on s’est rendu compte que les œuvres plastiques africaines en générale, sont plus consommées à l’étranger qu’en Afrique. Les œuvres sont chez d’autres consommateurs que chez les africains eux-mêmes. Pourtant ce sont des œuvres qui véhiculent des messages. Ce sont des œuvres qui nous apprennent beaucoup de choses sur nous-mêmes, sur notre Continent, sur les Peuples. Bref, ce sont des œuvres qui nous enseignent. Sauf que, malheureusement, nous n’arrivons pas à percevoir cela. Donc l’idée d’abord, c’était cela, travailler à ce que les africains consomment les œuvres qui sont produites ici, mais aussi économiquement, en achetant les œuvres d’art, ça contribue à l’économie locale.
Quel est le pays qui est à l’honneur cette année ?
Il n’y a pas de pays à l’honneur cette année. On a cinq pays invités et ils tous sont sur le même pied d’égalité. Nous les considérons comme des pays qui tiennent à cœur cet évènement, raison pour laquelle, ils sont là. Parce que tous les artistes qui sont venus cette année, Dieu seul sait comment ils sont arrivés à Ouaga. Mais on a compris que ce sont des artistes engagés, des artistes passionnés, mais aussi des artistes qui avant tout, aiment le Burkina. Nous avons le Mali, Niger, Côte d’Ivoire, Togo, Benin. Cinq pays présents cette année aux côtés des artistes Burkinabè.
Quelle est l’innovation majeur pour cette édition ?
L’innovation de cette année, nous dirons que c’est la taille de l’événement. Cette année, nous avons juste choisi de présenter une trentaine d’artistes. Y’a des années où on présentait jusqu’à soixante-quinze artistes. L’objectif c’est de faire quelque chose de plus conséquent, de plus solide, mais aussi de plus structuré. Tout le monde est unanime, il y’a une très belle sélection cette année et, cela nous fait très plaisir.

Comment voyez-vous Wekré cinq ans plus tard ?
Wekré dans cinq ans pour moi, cela fait cinq ans déjà qu’on existe au Parc. Je dirai bien que Wekré dans cinq ans, c’est de voir mille, deux mille, trois mille personnes au Parc. Et même si, ce n’est pas forcement pour acheter, mais par curiosité. Chercher à découvrir et à s’intéresser à ce qu’on fait. Parce que vous savez que, les arts visuels ne font pas de bruits. Et malheureusement, nos populations sont plus habituées aux bruits, aux rythmes etc. c’est cela qui les attire. Nous espérons qu’ils vont commencer à s’intéresser un peu aux arts du silence, et que peut-être dans cinq ans, nous n’aurions plus de place au Parc. L’espace qu’on occupe sera restreint et, que peut-être des gens vont aussi acquérir des œuvres. C’est vraiment cela l’objectif, et c’est dans ce combat qui nous incombe. On espère que dans cinq ans, lorsqu’on va accrocher l’exposition, à la fin de l’événement, y’a plus d’œuvres à vendre.
Votre mot de la fin ?
C’est dire merci déjà aux artistes étrangers qui sont présent. Merci aux artistes Burkinabè qui les accueille. Merci au Parc Urbain Bangr Weogo et à l’administration avec laquelle on a une très belle synergie et une très belle collaboration. Merci aux Burkinabè qui ont adopté désormais Wekré. Merci à mon équipe et bon vent à Wekré!
Pendant une semaine, le collectif Wekré à travers son Marché d’Art Contemporain, va célébrer la créativité, la résilience et la beauté de l’Art Africain exprimés par de talentueux artistes femmes et hommes Africains. Lesquels ils se disent contents pour leur continent qui est riche à travers les sons, les couleurs, les dessins, les matériaux recyclés, l’expression d’une société en vie.
K’YSSAMA MUTOMBO (Stagiaire)





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