Dans un coin tranquille du Parc Urbain Bangr-Weoogo, un tronc d’arbre attire le regard. Mort depuis longtemps mais encore debout, il semble respirer une mémoire ancienne. C’est là que l’artiste burkinabè Balla Fassa Wilfried SANOU, connu sous le nom de Willy Sanou, a créé une pièce puissante qui parle de culture, d’identité et d’ancrage.
Cette œuvre n’est pas seulement exposée : elle est vivante. Et en ce moment même, elle est présentée en prélude au Marché des Arts Contemporains de Ouagadougou, une exposition en pleine nature qui se tient du 08 au 14 décembre 2025 au cœur du parc.
Un événement qui valorise le dialogue entre l’art, la nature et les racines culturelles africaines. Exactement ce que l’œuvre incarne. Willy Sanou raconte que ce tronc, il ne l’a pas choisi : c’est le tronc qui l’a choisi. Planté au milieu de la forêt, avec ses racines encore profondément ancrées et un caillou posé mystérieusement dessus, l’arbre portait déjà son propre récit. L’artiste n’a fait qu’y ajouter de la lumière, à travers ses couleurs et son regard. Pour lui, même mort, l’arbre continue de témoigner. Ses racines qui s’étendent montrent que ce qui est profond ne disparaît jamais. Et c’est ce lien entre passé et présent, entre nature et humanité, qu’il a voulu mettre en lumière. Chaque couleur déposée sur le tronc est un mot, un message : Le rouge évoque la bravoure, les combats, les sacrifices que l’homme traverse dans un monde parfois dur et violent. Le bleu symbolise la vie dans toutes ses dimensions : la paix, la nature, le souffle. Le jaune représente la richesse intérieure, celle que nous possédons déjà : nos valeurs traditionnelles, nos cultures, notre éducation ancestrale. Le blanc, couleur dominante, porte l’espoir, le rêve d’un monde meilleur et la quête permanente de paix. À travers cette œuvre, Willy Sanou parle de l’homme. De toi, de moi, de tous. Il rappelle une vérité simple : tu peux grandir, voyager, entreprendre… mais n’oublie jamais d’où tu viens. Car ce sont les racines qui donnent la force de tenir, même quand la vie secoue.
L’arbre mort mais debout devient alors une métaphore de la résilience humaine. Comme lui, nous portons en nous des racines culturelles et spirituelles capables de nous maintenir debout si nous restons authentiques. Exposée en pleine nature, dans le cadre du Marché des Arts Contemporains de Ouagadougou, l’œuvre trouve un écho particulier. Elle se fond dans l’environnement tout en s’affirmant grâce à ses couleurs. Elle dialogue avec les visiteurs, avec la terre, avec le silence du parc. Remettre une création comme celle-là dans la nature, c’est rappeler que l’art n’a pas besoin de murs blancs pour exister. Ici, tout est cohérent : le lieu, l’arbre, les racines, le message.
C’est une œuvre qui ne cherche pas à impressionner, mais à toucher. Une œuvre qui rappelle que la nature est notre première galerie et nos racines, notre première vérité.
N’douonmou Aïda



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