La soirée de dimanche 16 novembre 2025 du côté du CENASA a été le théâtre d’un concert hors du commun. Le guitariste Maxime NIKIEMA dit Max Solo a donné un spectacle époustatant avec en toile de fond, une apologie sur les instruments de musique.
Du haut de ses dix-neuf années de carrière musicale, Max Solo fait partie des figures de proue en matière de musique vivante au Burkina Faso. Pour avoir accompagné des centaines de projets musicaux de nombreux artistes burkinabè, africains, européens et américains, ce soliste a présenté en compagnie de ses acolytes musiciens, le premier concert d’instrumentiste au Burkina Faso.
Pas donc étonnant que la salle a enregistré bon nombre de professionnels de la filière. De Wango Roger à Floby en passant par Ella Nikiéma, Séraphine Bancé, Sylvain Dando Paré, Chantre Pasteur Ati Wendlassida…Baptisé « Ma guitare, ma voix », Max solo a fait étalage de tout son savoir-faire. Une occasion également pour l’artiste d’égrener tout son parcours à travers des témoignages présentiels et en images. Collègues, famille, personnalités militaires et paramilitaires, coutumières et surtout religieuses n’ont pas marchandé leur présence.

En ouverture, c’est le Chantre Pasteur Ati Wendlassida qui avait majestueusement planté le décor avec une prestation mirifique. Son reggae spirituel est adulé dans le milieu chrétien. Très habile dans les joutes oratoires avec le public, il a su créer une osmose avec son auditoire. Puis, le MC Freddy Lino après la vente aux enchères ajournée, a lancé la soirée. S’en est suivie une impressionnante démo exécutée par les danseurs professionnels. Une belle passerelle pour introduire Max Solo dans la « danse »
Ce concert était à la fois un cas pratique pour de nombreux artistes (musiciens, chanteurs etc.) d’appréhender les rouages d’un tel concert. Une opportunité surtout de voir et de capitaliser les performances des musiciens sur une telle scène. C’est à dessein que Max Solo a tenu à réaliser ce projet qui le tenait à cœur. Au-delà de vouloir mettre en avant les instrumentistes sur une même scène, il a voulu aussi cumuler la voix et l’instrument pour en faire une seule entité artistique. Bref, le public s’est véritablement retrouvé en profonde immersion dans ce vaste univers des instrumentistes. C’est avec émotions, hallucinations et fascination que les huit musiciens ont fait exploser tout leur talent, devant un public abasourdi à chacune de leur prouesse.

Zem Bass a été phénoménal à la guitare basse. Jerôme Ouoba époustouflant à la batterie. Ousmane Ouédraogo et Daniel Nikiema dit Danibatwama étincelants aux percussions. Aristide Nikiema et Amidou Ledoux mirobolants aux pianos. Ethan Ouédraogo et Jenira Sorgho, captivants par leur chœur. Avec bien-sûr un Max Solo virevoltant et complètement en transe sur sa guitare solo. Les apparitions spontanées de Roger Wango, Floby… sur la scène pour des collaborations ont davantage électrisé la salle.

Le soliste de Floby aura conduit son public dans la profondeur de son engagement avec son instrument et sa pratique du live. A la fois individuellement à travers une conscience corporelle et auditive et collectivement au sein de son orchestre band pour distiller plus de groove et de spectacle agrémenté par des envolées spontanées de chaque musicien.
De tel concert, on redemande au Burkina Faso et avec d’autres instrumentistes. Car le projet de Max Solo fut une réussite totale malgré l’absence constatée des jeunes artistes chanteurs et instrumentistes dans la salle. Pourtant, ce sont des moments uniques d’incubations.
Hervé David HONLA






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