La 8è édition des Rencontres Musicales Africaines (REMA) a ouvert ses rideaux ce 16 octobre du coté de la salle Canal Olympia Yennenga Ouaga 2000 sous le signe d’un Sahel sous de bons auspices. Les professionnels du monde de la musique seront en conclave durant 72h à Ouagadougou.
« Sahel, un nouvel imaginaire créatif » tel est le thème de cette édition qui se déroulera du 16 au 18 octobre au sein du Palais de Sport de Ouaga 2000. C’est la raison pour laquelle le Directeur des REMA, l’artiste musicien Alif Naaba, visiblement assez épuisé, a principalement axé son discours sur cette dynamique qui consiste à mettre en lumière les potentialités culturelles, créatives et économiques du Sahel dans son grand ensemble.

L’Ambassadeur face aux Ambassadeurs
C’était un balai de personnalités diplomatiques qui se sont succédées sur le pupitre avec un message commun qui se résumait sur la nécessité de redonner une vie artistique, culturelle et surtout musicale aux communautés issues du Sahel. L’Ambassadeur de bonne volonté du PNUD, Alif Naaba aux côtés de celle du Brésil, de l’Union Européenne, du Directeur du Cabinet du Ministre de la Communication, de la Culture des Arts et du Tourisme et de plusieurs personnalités économiques et culturelles, ont fait tronc commun afin que cette édition soit un levier de la créativité sahélienne afin que les auteurs s’appropriassent des outils numériques tout en gardant bien-sûr leurs traditions. Dix-huit pays sont présents à Ouagadougou comprenant des professionnels de l’industrie musicale arborant différentes casquettes. Les artistes, les responsables des labels, les directeurs de spectacle, les utilisateurs de plateformes de streaming, les producteurs, les managers, les journalistes etc. Des panels sont prévus, notamment sur l’économie de la musique, la diffusion numérique etc. Des formations, des concerts et showcases où le public dans son grand ensemble, pourra découvrir des performances de nos artistes du continent. Sans oublier des networking pour créer des connexions entre professionnels de la musique africaine.
Le Grand Chœur Polyphonique créé l’exploit !
L’une des grandes satisfactions et innovations de cette cérémonie d’ouverture, c’est la part belle que le comité d’organisation des REMA a offert aux artistes burkinabè. C’est la meilleure tribune que l’on peut offrir à nos artistes dans un tel contexte. Devant des parterres d’invités et surtout des sommités de la musique du continent africain et de la diaspora ; se voir présenter son savoir-faire à l’image du Grand Chœur Polyphonique de Ouagadougou avec une prestation aussi époustouflante, il ne fallait pas rater cet exercice. Ce Grand Chœur a majestueusement honoré, à la fois le Burkina Faso, mais aussi les REMA 8. Voix et percussion se sont entremêlées dans une perfection musicale XXL, d’une pureté hors du commun. Le public nombreux dans la salle canal Olympia Ouaga a été littéralement conquis. Cet ensemble musical strictement burkinabè s’est principalement donné comme mission de promouvoir une musique originale, élitiste et instruite. Il met surtout en exergue des répertoires musicaux qui varient entre les classiques, les traditionnels et les spirituels. C’est avec stupéfaction qu’une la délégation venue du Sénégal a salué leur performance.

Bien avant, la prestation d’une troupe de danse afro-contemporaine avait également enchanté l’auditoire. C’est le percussionniste Adama Bilorou qui a bouclé cette cérémonie d’ouverture par une prestation participative. Réputé dans le monde pour son éloquence artistique et sa dextérité dans le maniement des instruments à percussion, Adama nous a présenté une sorte de « workshop » sur scène avec trois instruments : Le kaméléongoni, le balafon et le Djembé. Malgré des angoisses au niveau de l’accord de son kamaléongoni, ce virtuose de la musique mandingue a fait voyager l’assistance avec des sonorités métissées, tout en les faisant spontanément participer à son spectacle dans une ambiance conviviale et sympathique.
Place aux REMA
Dès demain 17 octobre, les conférences et formations s’ouvriront du côté de palais des sports de Ouaga 2000. Deux grands panels sont attendus : « Cartographie synthétique de l’innovation et de la créativité dans les pays du Sahel » et le samedi 18 octobre : « Opportunités et ressources pour favoriser l’innovation dans les industries musicales et culturelles »
Hervé David HONLA





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