Hafissata Coulibaly (Comédienne burkinabè) : « Je reprends à Zéro ici en Belgique ! »
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Hafissata Coulibaly (Comédienne burkinabè) : « Je reprends à Zéro ici en Belgique ! »

Quelle modestie ! Peut-on s’exclamer ! L’héroïne du film à succès mondial « KATANGA, la danse des scorpions » présente au FIFF à Namur, a affirmé dans notre micro, à la faveur un entretien exclusif réalisé le 4 octobre 2025, qu’elle est venue en Belgique pour apprendre. Pourtant, Hafissata Coulibaly fait partie des jeunes comédiennes les plus capées sur les planches et les plateaux de tournage au Burkina Faso. Lisez plutôt !

Hafissata COULIBALY est une actrice de cinéma et une comédienne de théâtre. Elle est conteuse et metteuse en scène et elle forme également. Pour la petite histoire : tout a commencé en 2006 dans une troupe théâtrale scolaire à Ouagadougou où elle aura passé quatre années avant de rejoindre en 2010, le CITO (Carrefour International du Théâtre de Ouagadougou) où elle participera à de nombreuses formations, notamment en jeux d’acteurs avec des formateurs de haut rang tels que Issaka SAWADOGO. Elle rejoindra également le CARTEL pour deux années et fera plus tard partie de la première formation de l’Ecole Supérieure de Théâtre Jean-Pierre Guingané, le CEFRAV (Centre de Formation de Recherche en Art Vivant). La native de Pô fera donc trois ans là-bas de 2015 à 2018, où elle sera formée drastiquement dans plusieurs modules (mise en scène, jeu d’acteur, écriture dramatique, Art plastique, scénographique etc.), avec des formateurs comme Aristide Tarnagda, Guy Désiré Yaméogo, Ildevert Meda…et bien d’autres venus d’Europe et des autres pays du continent.  Pour finalement commencer à jouer dans de nombreuses créations au CITO notamment dans la pièce de l’immense actrice Laure Guiré. Bref, Hafissata a joué dans de nombreuses œuvres dramaturgiques. Elle est néanmoins apparue pour la première fois en 2009 sur le grand écran, à la faveur du film du célèbre réalisateur burkinabè Mamadou Maboudou Gnanou en tant que figurante. Très célèbre sur les planches, ce qui a favorisé le casting du réalisateur Dani KOUYATE, qui cherchait surtout des comédiens et comédiens issus du théâtre pour jouer dans « Katanga, la danse des scorpions ». Hafissata sera donc choisie pour incarner le rôle de Pougnéré. Par ailleurs, elle avait joué auparavant dans « Bravo Burkina » de Walé Oyedjibé qui fera le film d’ouverture du FESPACO 2023 et dans les « Invertueuses » de Chloé Aïcha Boro.

Comment avez-vous accueilli cette nomination de « votre » film « Katanga, la danse des scorpions » ici au FIFF à Namur ?

Personnellement, ça été un grand plaisir de l’apprendre. D’abord le fait d’apprendre qu’il y a un festival international de film ici à Namur et en plus « Katanga » est retenu en compétition longs métrages, c’est une double joie. Parce que je réside ici à Namur depuis déjà deux bons mois. Ça tombe bien et c’est venu me trouver, ce n’est que du bénef pour moi (rires).

Au regard de votre parcours élogieux notamment au niveau des formations : est-ce que ce background est important pour un jeune qui aspire à une carrière d’acteur ou actrice professionnelle ?

C’est important déjà d’avoir un parcours, mais les chances ne sont pas identiques. Moi j’ai fait beaucoup de formations, j’ai travaillé pendant très longtemps avant de jouer dans les pièces de théâtre et au cinéma. J’estime qu’il faut être patient et surtout travailler en espérant tomber sur un bon projet et se faire recruter. J’estime néanmoins que les longs parcours c’est important. Car, quand vous voyez des personnes dans ce métier qui jaillissent subitement devant les feux des projecteurs, beaucoup pensent qu’elles viennent de nulle part. Pourtant, elles ont beaucoup travaillé dans l’ombre et elles se sont profondément formées. Je prends un exemple comme Laure Guiré. J’étais jeune et je la voyais à la télé, mais c’est une dame qui s’est énormément formée ! Moi j’estime que je ne suis pas encore arrivée hein ! Je n’ai encore rien commencé. Je continue à me former et à mettre mes compétences en exergue.

Aujourd’hui vous résidez à Namur ici en Belgique. Pourquoi ce choix et à titre personnel, quels sont vos objectifs ?

Après avoir joué dans « Katanga, la danse des scorpions » et « Les Invertueuses » les deux films nominés au FESPACO 2025. Après avoir fait mes preuves au théâtre en tant que comédienne depuis 2006 au Burkina Faso, je voudrais explorer d’autres horizons. Notamment rencontrer d’autres univers sur les planches et les plateaux de tournage. J’ai choisi la Belgique car la culture bouge beaucoup ici et je suis là pour élargir mes compétences. Je me suis dit qu’il est maintenant tant d’aller voir ailleurs. D’autres méthodes, d’autres techniques et d’autres rencontres. L’important aussi c’est de me faire connaître en me formant ici. Ramener les films où j’ai participé ici en Europe au Burkina Faso, c’est aussi mon challenge.

Avez-vous déjà commencé à bosser avec une équipe ici ?

Pas encore. Je suis installée il y a à peine deux mois. Pour le moment je fais beaucoup de rencontres dans le théâtre et le cinéma. Je présente mes œuvres, mon savoir-faire et mon catalogue. Grâce à ce festival, je vais certainement rencontrer des professionnels du monde des arts de la scène et c’est aussi cela l’objet de ma présence ici. Ce qui m’intéresse surtout, c’est les formations. Je préfère passer une année à me former…

…Encore vous formez ? Alors que vous avez été suffisamment outillée au Burkina !

Oui, oui ! (Rires). Je ne suis pas venue pour jouer directement. Il faut que je fasse mes preuves d’abord. Parce que je reprends à zéro-là ! Même si je montre mes diplômes que j’ai ramené du pays, ça ne sera pas important. Il faut que je fasse l’équivalent pour me remettre à niveau. Je ferai des formations afin qu’on me juge et qu’on compare si tout est vrai. Donc je reprends à mes débuts ! (Rires)

Interview réalisée par Hervé David HONLA à Namur

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