Jardin de la Musique REEMDOOGO : Avec 100 millions…
Edito

Jardin de la Musique REEMDOOGO : Avec 100 millions…

Il est vraiment triste et désolant d’arriver de nos jours au « temple » de la musique le Reemdoogo et constater l’état dans lequel cette infrastructure, jadis somptueux est devenu.

 

Pour un petit cours de rappel, le Jardin de la Musique Reemdoogo est un complexe culturel dédié à la musique et à la culture qui a été inauguré en novembre 2004. L’objectif visait à soutenir la professionnalisation des musiciens et à développer la filière musicale dans la ville. Ce vaste projet visait à favoriser le développement des pratiques musicales en mettant à la disposition des musiciens, une infrastructure digne à travers des outils de travail nécessaires pour une création de qualité. D’autre part, ce temple servait aussi de formations à la professionnalisation des musiciens et des acteurs de cette filière. Ce Jardin avait même créé substantiellement un lien entre les artistes, les managers et les entrepreneurs culturels.

Contrairement à ce que bons nombres pensent ; le Reemdoogo était le plus somptueux complexe culturel de l’Afrique de l’Ouest. Il comprenait 3 studios de répétition parfaitement équipés et climatisés, 1 salle de diffusion haut de gamme, 3 boxes de pratique d’instruments, scène en plein air, 1 centre de formation et de recyclage, 1 boutique et 1 restaurant.

21 ans après, seul l’administration fonctionne avec une cafète flottante et un studio de répétition en délicatesse. Grâce à une modeste rénovation de la peinture du bâtiment, cela voile le piteux état de ce qui faisait jadis un véritable temple de la musique. Les climatiseurs ont été arraché des bâtiments, aucun instrument de musique n’existe encore, les portes, fenêtres et vitres cassées et dérobées dans les bâtiments. Même le matériel acoustique dans les bâtiments a été arraché.

L’équipe de l’entrepreneur culturel privé Salif Sanfo en compagnie d’une poignée d’acteurs culturels ont essayé tant bien que mal de refaire vivre les infrastructures du Reemdoogo, mais hélas les moyens et l’accompagnement de la majorité des acteurs étaient microscopiques.

Aujourd’hui le Jardin de la Musique Reemdoogo a besoin d’un véritable coup de pouce des opérateurs économiques. L’Etat aujourd’hui à lui tout seul ne peut rien faire. Encore moins, les Délégations Spéciales notamment la Mairie. Ils essayent modestement à maintenir l’espace « vivant » mais le REEMDOOGO a besoin du sang neuf ! Pourtant, les opérateurs économiques au Burkina Faso, nous en avons et des grands noms reconnus sur le plan continental ! Pourquoi, l’industrie culturelle et musicale en particulier ne les intéressent pas ? Certains préfèrent investir dans des activités virtuelles sans impact et laisser mourir des projets structurants pour le développement d’une Nation prospère.

En visitant ce qui reste de ce Reemdoogo, j’ai rencontré les responsables administratifs de cet espace qui m’ont avoué avec grande désolation ; « …nous faisons avec ce que l’Etat met à notre disposition. Avec les modestes moyens que dispose la mairie et les priorités qui l’incombe, le Reemdoogo n’est pas à l’ordre du jour… ».

Il en ressort que pour la rénovation de l’espace de diffusion (la scène et les coulisses), il faudrait débourser la modeste somme de 20 millions de FCFA. Pour l’équipement complète du matériel technique, instruments de musique et accessoires ; 30 millions FCFA. Pour la rénovation complète des bâtiments 20 millions de FCFA. Ce qui est pourtant envisageable. Si chaque mécène ou opérateur économique prenait en charge un pan de chaque besoin, ce temple serait aujourd’hui sur pied.

Pour éviter l’effet boomerang si d’aventure le Reemdoogo reprend du poil de la bête, il faudrait désormais protéger efficacement nos salles de spectacle. Notamment envisager plusieurs aspects : La sécurité physique des lieux et du public, la sécurité sonore et la sécurité sanitaire. Cela inclut l’installation d’un groupe électrogène, des systèmes de sécurité incendie, des dispositifs de contrôle d’accès, un traitement acoustique adapté et bien sûr des mesures de maintenance rotative.

Le Jardin de la Musique Reemdoogo aussi bien que la Maison du Peuple, le Palais de la Culture Jean Pierre Gingané doivent impérativement être rénovés.

Hervé David HONLA

 

 

 

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