WEDRA : Au-delà des pesanteurs extérieures…
Edito Ladies

WEDRA : Au-delà des pesanteurs extérieures…

La gent féminine dans la musique est en perte de vitesse. C’est un secret de polichinelle. Presqu’une décennie aujourd’hui, la femme leader artiste musicienne dans le sens propre du terme tarde véritablement à éclore.

Difficile d’avoir dans cette nouvelle génération, des : Idak Bassavé, Amity Méria, Sami Rama, Jeanne Bicaba, Djata Ilebou, Adèle Roamba etc. Certaines tentent de s’illustrer, mais elles sont confrontées à des pesanteurs socio-familières (Mariage, maternelle…) laborieuses. Signalons aussi la prédominance de la musique « fast food » et surtout le rajeunissement des artistes. Car de nos jours : jeunesse, sexe, dépravation et extravagance sont malheureusement des monnaies d’échange pour faire carrière dans l’industrie du showbiz.

Mais certaines de nos artistes refusent à juste titre de plonger dans cet univers dangereux et contraire à leurs mœurs.

Parmi celle qui garde espoir dans notre environnement musical, c’est sans nul doute : Miss WEDRA que je préfère affectueusement appeler WEDRA.

Je vous parle de cette jeune femme car sa musique est née sous mes yeux. J’ai contribué, à un moment donné dans la transformation de carrière musicale. Mais là n’est pas le débat ! Ce qui justifie la forte présence des personnalités culturelles et socioéconomiques lors de sa conférence de presse hier 10 juillet au STRESS OUT, c’est la considération que beaucoup affichent en elle et les épreuves parfois difficiles que cette femme a souvent traversées. Elle incarne le calme, la persévérance, la femme burkinabè pieuse et aimable.  Loin des commérages et des tripatouillages médiatiques et du showbiz, WEDRA s’est surtout beaucoup occupée de sa vie privée, sa famille et de sa stabilité professionnelle.  Elle a compris que la musique de nos jours c’est autre chose. Il faut puiser les ressources financières ailleurs pour l’investir dans la musique. Avant c’était le contraire. Les maisons de disque proprement dites n’existent plus. Les artistes préfèrent s’autoproduire en espérant que les scènes et les réseaux sociaux feront d’eux des icônes.

Pourtant, WEDRA n’a rien à envier aux artistes féminins, ne fussent plus jeunes qu’elle. La beauté : Elle fait partie des plus belles femmes artistes du Burkina. Le rythme : Elle fait partie de l’artiste Burkinabè qui véhicule plus admirablement bien le patrimoine folklorique de son pays. Le look : Elle fait partie des femmes artistes qui savent soyer leur look en public et dans leurs œuvres. La voix : Elle possède l’une des meilleures voix éclatantes et juste de notre pays. En somme, WEDRA est l’artiste parfaite ! Mais…

…La musique semble aujourd’hui être pour elle, relayée au second plan, comme pour bons nombre d’artistes féminins Burkinabè. Heureusement qu’à travers leur association l’ABFAM (Association Burkinabè des Femmes Artistes Musiciennes), elles arrivent à partager leurs problématiques à surmonter leurs difficultés entre elles.

  • Est-ce que toutes ces artistes qui se marient ou qui ont la chance de faire les enfants, hypothèquent du même coup leur carrière artistique ?
  • Pourquoi les producteurs et promoteurs d’évènements actuels refusent de programmer les artistes mariées ou qui viennent d’achever leur maternité ? Certains les considèrent comme des hasbeens.

Le débat reste posé. (Il serait d’ailleurs important que dans une émission de débat, ce sujet soit abordé ave des chroniqueurs aguerris et des artistes en témoin).

Bref, tout compte fait, j’écoute en ce moment le nouvel album « MON PAYS » de Awa OUEDRAOGO dite WEDRA. De « Crimadort » en 2007, son premier single à l’album « Wend mananéré » en 2017 en passant par son premier album « Faso Drapeau », WEDRA s’est bonifiée musicalement et artistiquement. A ma connaissance, aucune de ses sorties musicales n’est passée inaperçue au Burkina. Ça décolle tardivement, mais elles finissent par atteindre le cœur de l’ensemble des mélomanes. J’en veux pour preuve ; « Faso drapeau », « Zounoogo » (que j’ai beaucoup aimé sans connaitre les paroles de cette chanson) ou encore « Boum faan nè daaré » etc.

Aujourd’hui, elle tente de réagir avec cet album « Mon Pays » en nous présentant le titre éponyme « Mon Pays ». Certes, rien ne me surprend quant à son amour démesuré pour sa Patrie, car même avant cette insécurité criarde, Awa avait toujours magnifié le Faso dans toutes ses grandes œuvres.

En présentant donc le clip de cette chanson comme bâton de pèlerin pour son retour, je suis plutôt attiré par d’autres chansons que celle-là. Aujourd’hui, les mélomanes sont attirés par ce qui est vibrant, cadence et populiste. C’est-à-dire passer un message de soutien aux FDS/VDP dans le rythme et la cadence pouvant être joué dans les discothèques, festivals et autres. Mais le titre « Mon Pays » reste solennelle, protocolaire, formaliste et emphatique.

Selon l’auteure et son staff quand je les aie approchés discrètement à la fin de la présentation de l’œuvre ; ce tube a été choisi à dessein pour permettre d’être en phase avec ce processus d’élan patriotique. Elle a voulu plutôt choisir ce ton architectural teinté de slam pour mieux passer son message. Ok, mais une de mes préoccupations reste en suspens : Dans cette chanson, elle a cité les 17 régions et 47 Provinces que comportent dorénavant notre pays. Mais la nouvelle n’est-elle pas venue au moment où elle avait déjà fini d’enregistrer ce titre ? Ou bien, est-elle repartie en studio pour actualiser son texte ?

Pourtant, derrière cet album de cinq titres, se cache par exemple « Naama » que j’affectionne particulièrement. C’est du pur folklore parfaitement exécuté avec justesse. Le bruitage de l’Etalon à l’entame de la chanson en dit long. Cette chanson se danse dans toutes les postures : assise, debout, couchée, en voiture, vélo, moto, également quand vous prononcez un discours… le message est profond et déclamé dans un moaga vrai, agrémenté de quelques éloges aux Hommes et Femmes FDS/VDP. Un pur délice ! Ensuite je choisirais « Yatenga » qui ramène bien sûr au respect de la tradition et de ceux qui n’oublient jamais leur origine et « Neeba » que j’ai déjà couté.

A travers la sortie hier de WEDRA, je suis arrivé à cette conclusion :

La présence féminine dans le monde culturel, jugée peu satisfaisante, est due en grande partie aux contraintes extérieures.  Il serait souhaitable de vivre sa passion et trouver les moyens d’en vivre à chaque fois que vous avez l’occasion. N’arrêtez jamais ! Trouvez des canaux et cadres d’expressions qui vous semblent propices pour vous exprimer. Ce qui ne vous arrange pas ou qui risque de mettre en péril votre environnement social et professionnel, ne vous aventuriez pas. Laissez vos jeunes sœurs vous emboiter le pas.

Hervé David HONLA

 

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