Ouvrage de Bernard OHEIX : « Une aventure cinématographique chanceuse »
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Ouvrage de Bernard OHEIX : « Une aventure cinématographique chanceuse »

Ce quatrième ouvrage de Bernard OHEIX est une sorte d’introspection des moments de chance qu’il a passé au cœur du cinéma

Depuis son invention, le cinéma est devenu à la fois un art populaire, un divertissement, une industrie et un média. Il peut être aussi utilisé à des fins de pédagogie ou de recherche scientifique ou d’une pratique artistique personnelle et singulière. C’est ce qui a fasciné dès l’âge de 5 ans, ce français résident à Cannes Bernard OHEIX. Il vient d’écrire un ouvrage intitulé « La Lanterne Magique ; Journal d’un cinéphile Cannois ». OXYGENE MAG l’a lu pour vous.

 

Ce livre de 150 pages raconte l’histoire de la vie de cinéma de Bernard OHEIX. Ce cannois a grandi dans un milieu populaire dans une famille ordinaire de quatre enfants où son père Sapeur-pompier, assez rigide en matière d’école vivait dans les HLM. « …Je découvre le cinéma en m’échappant de la surveillance de ma maman parce qu’on habitait dans la cour intérieure qui était une sortie de cinéma. J’allais me réfugier dans ce noir. Je voyais le pinceau lumineux qui éclairait l’écran. Je voyais des formes, des voitures, des gens etc. je ne comprenais pas…Toute ma vie, le cinéma m’a poursuivi » Dit-il.

Ce quatrième ouvrage de Bernard OHEIX est une sorte d’introspection des moments de chance qu’il a passé au cœur du cinéma

La discipline familiale les a tous amenés à réussir leurs études supérieures. Détenteur de deux maîtrises et d’un DEA, Bernard a été nommé directeur de la Maison des Jeunes et de la Culture (MJC) de Cannes avant d’intégrer l’Office de la Culture de cette même ville en qualité de Directeur adjoint. Plus tard, il est nommé directeur de l’évènementiel au Palais des Festivals de Cannes où il y restera pendant 22 ans. Le Palais des Festivals n’est pas un refuge du cinéma. C’est le cœur de l’activité économique de Cannes. Le cinéma selon lui, en est plutôt le porte-drapeau. Le festival International du Film de Cannes réhausse l’image de cette ville partout dans le monde. Ce qui rapporte de l’argent, ce sont les congrès, notamment les différents grands festivals mondiaux qui s’y déroulent. Les gens payent et viennent du monde entier. La ville s’enrichit car plus de 100 milles personnes débarquent pour faire du business chaque année. Aujourd’hui, personne ne peut imaginer le Festival International de Film de Cannes ailleurs que dans cette ville. Mais le Palais des Festivals programme plus de 3000 spectacles notamment à partir de la période du mois de mai.

Le Palais des Festival de Cannes

Ce quatrième ouvrage de Bernard OHEIX est une sorte d’introspection des moments de chance qu’il a passé au cœur du cinéma surtout au moment où il était Directeur du Palais des Festivals. « Avant, le cinéma se voyait dans les salles de cinéma, après il y a eu une période où on pouvait avoir des cassettes, des chaînes etc. Mais le cinéma était avant tout, un vecteur qu’on partageait à plusieurs dans des lieux consacrés au cinéma. Le cinéphile actuellement est explosé littéralement sur les écrans, les streaming de tout genre…Finalement le lieu du cinéma qui est quand même, la salle de cinéma souffre énormément. Parce qu’il y a une concurrence phénoménale par les réseaux sociaux qui ont totalement bouleversé la donne. Mais un cinéphile, malgré tout, ça reste un cinéphile. C’est quelqu’un qui aime ces 24 images à la seconde. Qui aime rentrer dans une histoire. Qui aime essayer de comprendre à travers l’image sur l’écran, la réalité extérieure » affirme-t-il en comparant le cinéma et le cinéphile d’avant.

Toutes ces collections de souvenirs expriment une histoire cinématographique qui traverse le temps

Le cinéma pour ce sexagénaire est toute une vie de passions qu’il raconte autour de ce qu’il a appelle « la lanterne magique ». Notamment l’époque des années 90 qui aura été pour lui une période bénie. Cette période a été pour lui, un enregistrement extraordinaire. Ce cinéma qui l’avait ébloui quand il était enfant. Grace au cinéma, il a travaillé dans les journaux comme « chroniqueur pigiste ». Il gagnait un peu d’argent qui lui permettrait d’entretenir une vie plus ou moins autonome et professionnelle. En rédigeant donc ce livre qui est considéré comme une tentative de comprendre comment il avait pu avoir la chance de vivre une telle aventure, Bernard voudrait partager ces moments uniques. A travers les anecdotes, les coupures de ses articles de presse, les photos avec de grandes célébrités mondiales, les cartes de presses, les faux et vrais badges de festivals de cannes et des moments privilégiés avec des stars de l’époque comme : Chiara Samugheo (photographe), Claudia Cardinale (Actrice italienne), Laetitia Casta (actrice et mannequin française), Michelangelo Antonioni (Réalisateur et scénariste italien), Wilhelmenia Fernandez ( chanteuse américaine), ou encore et surtout Kim Basinger (Mannequin et actrice américaine).

Sa rencontre avec la star Kim Basinger fut des moment forts ainsi…

Toutes ces collections de souvenirs expriment une histoire cinématographique qui traverse le temps, mais reste néanmoins intemporelle. « Ce livre représente l’espoir ! Quand on a quelque chose au fond de soi, il faut la partager et surtout l’exploiter. Il faut en accepter les règles et j’ai toujours été à la lisière entre respecter les règles mais aussi les transgresser pour un projet culturel, un projet d’animation, pour une participation… » explique-il.

La période des années 70 a été selon Bernard, les âges d’or du cinéma. Dans son livre, il précise qu’à cette époque, le cinéma n’avait pas de concurrence. Car dans les années 60, il n’y avait pas d’images animées en dehors de la salle de cinéma.  Il affirme qu’il n’y avait pas de télé, car elle arrive dans les maisons dans les années mi 70. « La seule possibilité de voir les images animées était d’aller au cinéma.  Ça correspond à cette richesse incroyable du cinéma italien, du cinéma américain, du cinéma allemand, du cinéma du monde…bref, toutes les écoles de cinéma dans tous les pays se conjuguaient dans un monde où il n’y avait pas encore de concurrence du petit écran, du téléphone, des images qu’on peut créer soi-même. Le cinéma qu’on imagine, c’est-à-dire cet appareil qu’on projette de la pellicule sur un écran dans cette période-là, il est le Seigneur des Agneaux ! » avoue-t-il.

Quant au festival de Cannes qui vient d’achever sa 78è édition qui a eu lieu du 13 au 24 mai dernier, que représente aujourd’hui ce festival aux yeux du monde ? Bernard OHEIX qui aura été longtemps au cœur de l’organisation de ce festival estime que malgré la pléthore des festivals qui existent aujourd’hui sur la planète, Cannes est unique. Parce qu’il « conjugue l’histoire du cinéma et son futur dans une vie mythique ».

« …les films africains sont sous représentés dans le panorama du cinéma mondial »

Pour le continent africain, le cinéma pourrait être aussi un espoir. Mais selon lui ; les films africains sont sous représentés dans le panorama du cinéma mondial. « Le cinéma africain mériterait mieux et Dieu sait qu’il y a eu de très bons films africains. Je crois que, être cinéaste africain actuellement en Afrique, c’est quand même la plus complexe des situations. Parce qu’à la fois, on doit inventer son langage, mais avant tout on n’a pas les moyens de l’inventer ».

« La Lanterne Magique ; Journal d’un Cinéphile Cannois » retrace donc l’histoire du cinéma vue par un jeune passionné dès l’âge de 5 ans

Le monde en général et le cinéma en particulier sera malheureusement confronté dans les prochaines années, aux nouvelles formes de technologies qui risqueraient bouleverser la donne mondiale à l’image de l’Intelligence Artificielle (I.A). Et Bernard reste très dubitatif à ce sujet. « Nous sommes vraiment au cœur du problème ! Une page de notre histoire est en train de se tourner. Qu’est ce qu’il y aura derrière ? Personne ne peut le dire ». Il poursuit en affirmant que tout ce qui aura été l’apanage de la culture de la civilisation, serait en train d’être confronté à un monde où toutes les règles changent. « Comment imaginer créer une image juste quand l’I.A peut le faire pour vous ? Comment peut-on mentir en disant que c’est la vérité ? C’est ce qui passe tout le temps actuellement. Nous sommes devant un monde où les règles sont en train d’exploser dans tous les sens du terme et ce monde fait quand même un peu peur… Quand je vois mes petites filles qui sont si belles et si fragiles, je me dis ; dans quel monde vont-elles grandir ? Quelles seront les règles ? » s’interroge-t-il.

« La Lanterne Magique ; Journal d’un Cinéphile Cannois » retrace donc l’histoire du cinéma vue par un jeune passionné dès l’âge de 5 ans, qui a vu sa vie si tôt basculer dans un rêve mythique.

Hervé David HONLA

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