A trois jours de la célébration de la célébration de la 9è édition de la « Nuit du Faso Dan Fani » conçue par l’ACBF (Association des Créateurs Burkinabè de France) qui aura lieu le 7 juin à Paris, notre reporter est allé à la rencontre d’un fervent volontaire et activiste de la cause socioculturelle de la diaspora burkinabè, Malick Rouamba, afin qu’il nous énonce les grands axes pour cette édition et le regard qu’il porte sur l’évènementiel dans la diaspora. Entretien exclusif.
« La Nuit du Faso Dan Fani » sera à sa 9è édition dans trois jours, plus exactement le 7 juin 2025 à Paris. On vous indexe à partir du Burkina Faso, comme étant l’un des grands activistes de la culture burkinabè ici à Paris. Comment êtes-vous venu dans ce domaine ?
Je suis né en Côte d’Ivoire, burkinabè d’origine et résidant à Paris. Aujourd’hui principalement, j’exerce dans l’industrie de l’art vestimentaire. Je suis le gestionnaire d’une boutique de couture très réputée ici dans les Pyrénées qu’on appelle MADOU SANGUIN. En plus de cela comme vous l’avez si bien dit, je suis acteur culturel spécialiste dans l’évènementiel ici à Paris. Je suis installé ici à Paris, cela fait exactement dix bonnes années. Je me suis lancé dans la communauté et le showbiz burkinabè, il y a déjà six ans. J’avoue que j’ai beaucoup trimé avant véritablement de faire booster les choses dans le showbiz ici. Cela m’a couté de la quinine ! (Rires)

Quel est justement le tableau que vous pouvez nous présenter sur l’évènementiel ici à Paris ?
Depuis mon intégration avec KM17 EVENT, une structure de production évènementielle, notre objectif à l’époque était de créer un concert de musique baptisé « Faso en Scène ». Nous avons cherché des partenaires sans succès pour monter ce projet. Néanmoins, nous avons lancé notre première édition avec l’artiste burkinabè Koto Brava à Montreil. Ensuite nous avons enchainé avec la deuxième édition à Pine Piper avec Pamika, Willy Pascal et bien d’autres… En somme, nous avons réalisé avec succès trois éditions. La dernière édition s’est déroulée avec les deux KUNDE, Smarty et Amzy dans la salle Pine Piper avec l’artiste surprise Pamika. Tout s’est bien déroulé ! C’est à cette édition que je me suis retiré car l’évènement avait déjà pris de l’ascendance et j’ai estimé que j’avais suffisamment joué ma partition et qu’il était temps pour moi de partir pour d’autres projets. Le dernier évènement avait eu un véritable succès. La salle de 500 places avait refusé du monde et la diaspora avait fait le déplacement qu’on souhaitait. Par conséquent, j’ai estimé qu’il fallait multiplier d’autres actions. D’où mon départ progressif du groupe. Plus tard, sur Tik Tok j’ai fait la rencontre de mon neveu Martinien Ouédraogo, qui est venu à Paris et chemin faisant, nous avons cogité sur un concert Reman/Greg sous la coupole d’une plateforme réputée sur Tik Tok « Jour J », qui s’est plus tard bien réalisé. Le véritable déclic est parti de là en ce qui me concerne. J’apporte ma contribution partout dans le succès des évènements ici à Paris ans aucune animosité, ni rancœur.

A l’aune de la 9è édition de la « Nuit du Faso Dan Fani », comment aviez-vous intégré le comité d’organisation ?
Sincèrement c’est par le truchement de la Culture et surtout ma volonté sans relâche à apporter bénévolement ma contribution. Grâce à Ymar Mode, François 1er et Georges de Baziri, tout en étant au service de Madou Sanguin, je me suis dit que voilà un évènement de mode qui m’intéresse et qu’il faut que j’apporte mon expertise. J’ai mis mes relations à contribution pour communiquer autour de l’évènement et surtout inviter la diaspora et le public à venir soutenir. Je réservais chaque année une table de 10 personnes à l’évènement en payant de ma poche 300 euros sans rien attendre en retour. Je me rassure pendant l’évènement que tout se passe bien, je m’occupe de l’organisation et je suis aussi le dernier à quitter la salle après avoir tout remis dans l’ordre avec le comité d’organisation. J’estime qu’après huit années d’éditions et bientôt nous allons célébrer la décennale, il faudrait donner un souffle nouveau et intégrer progressivement une jeunesse de créateurs dynamiques et entreprenants.

Pour cette 9è qui s’annonce, à quoi pourrait-on s’attendre ?
La « Nuit du Faso Dan Fani » va se dérouler sur deux grands axes : L’exposition-vente de produits artisanaux au sein de l’Ambassade du Burkina Faso en France au 159 Boulevard Haussmann, 75008 Paris du 5 au 7 juin. Donc à partir de demain. Il y aura de l’art, de la mode, de la déco et toutes sortes d’accessoires. Ensuite le 7 juin, c’est la grande Nuit du Faso Dan Fani du côté de l’Espace Noisy-Le-Sec, 14 Rue de la Pointe 93130 Noisy-Le-Sec (Paris) qui est prévu de 21h à l’aube. Des sommités de la mode seront attendues à travers six défilés de mode majestueux présentés des burkinabè, sénégalais, ivoiriens, maliens, camerounais, etc. Tout cela, réhaussé par la présence des artistes tels que ; Smarty, Elue 111, l’humoriste Momo l’Intellectuel et de nombreux artistes en surprise que je me permets de ne pas vous donner les noms, afin de garder le suspens. Nous aurons cette année comme ambassadeur de cette édition, le très dynamique mécène de l’évènementiel, très attaché à son pays le Burkina Faso, Ahmed Le Pananmien Traoré. Deux marraines vont également étoffer cette soirée prestigieuse ; Il s’agit de Amssetou Ouédraogo, Directrice générale de RAMADA Immobilier et Salimata Kini, Secrétaire de l’Université AUBE NOUVELLE.
Chaque année, le prix d’entrée fait souvent jaser le public. Qu’est-ce qu’on doit débourser cette année pour avoir accès à la salle ?
Le Pass bien évident vous donne accès à la salle et nous avons envoyé à la toute la communauté ici e Europe et ailleurs, une application appelée « HelloAsso » assez simple où chacun peut se procurer son Pass. Le Pass cette année est à 35 euros, avec une possibilité de faire des dons à l’ACBF. On peut également prendre les Pass au niveau de la soirée à condition que les places soient encore disponibles.

Quel est l’impact que ce cette « Nuit du Faso Dan Fani » créé au sein des différentes communautés ici en Europe, notamment à travers son pagne tissé local ?
Après huit éditions et en ma qualité d’experts dans la promotion et la distribution de la mode africaine ici en France, je vous avoue que le Faso Dan Fani est bel et bien consommé ici en Europe et en France. Cela créé en plus de l’enthousiasme et de la convoitise. A chaque fois qu’une personne porte, soit du Faso Dan Fani ou du Kôkô Dunda, partout dans les cercles européens et même africains, ils apprécient et ils nous interpellent en demandant où est ce qu’ils peuvent s’en procurer ? Après chaque présentation des collections lors de la « Nuit du Faso Dan Fani », il y a des stylistes qui vendent surplace toutes leurs tenues.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrées dans l’organisation de cet évènement ?
On peine ! Pour ne pas sombrer, on s’accroche. Les difficultés émanent surtout de l’accompagnement logistique et financier. Malheureusement, elles sont de plus en plus persistantes. A chaque édition ses angoisses et ses réalités. Nous avons surtout besoin des parrainages, des partenariats qui pourront prendre en charge financièrement certains volets extrêmement importants. Ceux et celles qui peuvent accompagner l’évènement, malheureusement, ils sont beaucoup hésitants. Nous lançons régulièrement des appels aux opérateurs économiques, car nous savons qu’ils peuvent nous accompagner et surtout promouvoir l’expertise burkinabè à l’extérieur…

…Que répondez-vous donc à ceux qui affirment que « La Nuit du Faso Dan Fani » est l’évènement qui reçoit beaucoup plus de financement en Europe ?
(Rires…) Je souhaite et je les convie sincèrement à s’intégrer dans l’organisation. Ils seront surpris voire ébahi ! Nous faisons des pieds et des mains pour organiser cet évènement. C’est un sacerdoce animé par la passion et l’amour pour notre Patrie. Sinon, nous n’avons pas d’accompagnement mais nous recevons le soutien de certains jeunes structures qui croient à l’âme de l’évènement en nous octroyant des billets d’avion pour le transport des artistes, je pense à SDF Voyage, à FILSAH…le Ministère de la Communication de la Culture des Arts et du Tourisme ainsi que l’Ambassade du Burkina en France ne nous abandonnent pas pour autant. C’est souvent par eux que nous nous agrippons malgré le poids de nos difficultés qui ne s’amenuisent pas, bien au contraire.

Un appel à lancer pour cette édition ?
Je dirais à la communauté de sortir massivement à partir de demain 5 juin jusqu’à l’apothéose, le 7 juin pour la grande « Nuit du Faso Dan Fani ». C’est pour le Faso qu’on se bât et non pour des individus. L’ACBF a eu l’insigne honneur de nous offrir cette plateforme de promotion de l’art burkinabè en Europe, à nous de la saisir et de la promouvoir. Venez avec vos amis des autres communautés, car la mode et la culture burkinabè ne pourront que se répandre grâce à cette ouverture vers les autres.
Hervé David HONLA




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