« Jackis : Le galvaniseur de l’Afro Pop au Burkina Faso
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« Jackis : Le galvaniseur de l’Afro Pop au Burkina Faso

Jackis, de son vrai nom Jacques Bonkoungou, est une étoile montante de la scène Afro Pop. Originaire de Koudougou, il a commencé sa carrière musicale en 2022, poussé par une passion profonde pour la musique et une détermination à partager des messages forts à travers ses compositions. Ses chansons, qui explorent les thèmes de l’espoir, de la résilience et de la combativité, résonnent particulièrement auprès d’un public en quête d’inspiration et de force face aux défis de la vie. Le 24 mai 2024 marque un tournant majeur dans sa carrière avec la sortie de sa première mixtape, incluant des titres tels que « Vie de dingue« , « Jamais sans vous » en featuring avec Sly Forever, et « C’est bien fait« , entre autres. Cette œuvre, riche en émotions et en mélodies captivantes, met en lumière son talent unique pour combiner des sonorités modernes avec des messages profonds, offrant ainsi une expérience musicale à la fois entraînante et significative.

Lors d’une récente interview avec OXYGENE MAG le 28 mai 2025, l’artiste revient sur son actualité et partage ses projets à venir, promettant encore plus de musique inspirante et de collaborations passionnantes.

  • Quels artistes ou genres musicaux t’ont le plus influencé dans la création de ton style afro pop ?

 

Tout d’abord, merci d’avoir donné l’opportunité à Jackis de s’exprimer. Je m’inspire généralement d’artistes comme Floby ici au Burkina Faso, et sur le plan international, Blaaz, que j’ai beaucoup écouté depuis mon enfance, ainsi que Willy Baby.

  • Comment se déroule généralement ton processus de création musicale, de l’idée initiale à la production ?

C’est un peu comme pour tout le monde. Je m’inspire d’un instrument, si cela est disponible. J’ai toujours mon cahier et mon stylo à portée de main, je compose les textes, fais des préparations et des répétitions. J’appelle souvent des amis qui s’y connaissent bien dans le milieu musical pour me coacher. Ensuite, on passe à l’enregistrement en studio et le projet voit le jour.

  • Comment choisis-tu les collaborations avec d’autres artistes comme Sly Forever et El Bach ?

Sly Forever est un artiste de ma génération que j’apprécie beaucoup. El Bach, lui, était à la base un ami, mais aujourd’hui, je peux dire que c’est un frère ; les gens commencent même à nous confondre. On partage la même vision musicale. J’ai appelé Sly Forever pour collaborer sur mon titre « Jamais sans vous« . Il n’a pas hésité, il est passé au studio et tout s’est fait rapidement, car on avait déjà les mêmes idées. Avec El Bach, on a eu plein de collaborations, mais on a juste essayé de sortir un son intitulé « Guerrier« . Restez connectés, il y a plein de surprises qui arrivent.

  • Y a-t-il d’autres artistes avec qui tu aimerais collaborer à l’avenir ?

Bien sûr, plein d’artistes. Ici au Burkina, je souhaiterais collaborer avec Amzy, Frère Malkhom, Alif Naaba, c’est un monument, j’apprécie beaucoup sa musique. Je tiens à cela, j’attends juste le coup de fil.

  • Comment ton style a-t-il évolué depuis tes débuts jusqu’à présent ?

On peut dire que ce n’était pas facile jusqu’à présent, ça n’a pas totalement pris, mais je suis toujours là-dessus avec mon équipe. Nous travaillons pour imposer notre style. Parce que généralement, les artistes d’ici font un peu de musique traditionnelle, du drill, du hip-hop, de l’afrobeat. Venir imposer un genre musical qui n’est pas très bien reconnu ici, c’est vraiment compliqué. Mais avec le temps, les gens commencent à adhérer et je vois pas mal de jeunes qui commencent à faire de l’afro pop aussi. Cela me donne le courage et l’envie de continuer.

  • Quels sont les défis que tu as rencontrés et comment les as-tu surmontés ?

Les défis, il y en a plein. Je me rappelle du lancement de ma première mixtape le 24 mai 2024. À l’approche, il n’y avait vraiment pas de soutien, c’était très compliqué, notamment pour inviter les médias. Au beau milieu de la dédicace, j’ai même voulu tout annuler, mais j’avais de bonnes personnes à mes côtés : mon manager, mes amis, qui m’ont dit : « Jackis, allez, vas-y, fonce, nous sommes avec toi. » Donc, avec le courage et le soutien de quelques proches, on a surmonté cela. Je me dis qu’au final, c’est le courage et la confiance en soi qui mènent au succès dans tout ce que j’essaie de faire. Sinon, ce n’est pas facile en étant en autoproduction.

  • Peux-tu nous en dire plus sur les nouveaux morceaux que tu prépares ? Et quels thèmes abordent-ils ?

Je prépare quelque chose de nouveau qui arrive. Le titre « C’est bien fait » n’a pas trop pris, donc je suis en préparation de nouveaux projets qui abordent toujours les thèmes de l’espoir, de la résilience, de la persévérance, comme j’aime bien le faire dans mes sorties passées. Je reste moi-même dans tout ce que j’essaie de faire, mais cette fois-ci, on va changer de tonalité. Restez connectés, on ne peut pas tout vous dire, mais ça vient.

  • Comment envisages-tu le concert live que tu prépares ? Et quels sont les objectifs pour cet événement ?

Actuellement, avec mon équipe, on souhaite faire l’un des meilleurs concerts de la jeune génération. Tout est mis en place, nous sommes en train de bosser. Le but de ce concert est d’abord de rassembler tous les fans, et on fait appel à toute la jeunesse pour prendre part à ce concert, car c’est en quelque sorte une sensibilisation. On va promouvoir notre style musical, qui est l’afro-pop, c’est un peu le but de ce concert.

  • Comment perçois-tu l’impact de ta musique sur les mélomanes ?

On peut dire que c’est positif, car tous ceux qui écoutent, je reçois des retours qui m’inspirent toujours. Les gens disent : « Ouais, avec tout ce que tu essaies de faire, si tu continues comme cela dans l’avenir, tu vas battre des records. » Quand c’est comme cela, quand les retours sont positifs, cela montre que ce qu’on essaie de faire n’est pas du hasard, c’est un processus que nous sommes en train de suivre, et on prie Dieu seulement qu’il nous donne une longue vie et la force de continuer.

  • Quel a été le moment le plus mémorable de ta carrière jusqu’à présent ?

Je dirais peut-être que c’est la sortie de ma première mixtape. Cela a vraiment été un moment de joie. Disons que c’est vrai que ça n’a pas été facile, mais après la sortie, on a eu de bons retours, on a eu une belle audience, on dit merci à Dieu.

  • Quel conseil donnerais-tu aux jeunes artistes qui souhaitent percer dans l’industrie musicale ?

Je veux juste dire à cette jeune génération de rester soi-même et de rester concentrée. Ce n’est pas parce que tu fais du hip-hop et que quelqu’un a fait du drill et que ça a pris, que tu vas laisser le hip-hop et aller faire du drill. Chacun a sa communauté, et quand tu débutes quelque chose et que tu as une base de fans qui te suit, d’abord, ils aiment ce que tu fais. Peut-être que c’est ton style qui leur a plu et ils sont venus. Donc, si tu laisses tomber et que tu migres vers d’autres styles, tu peux perdre tes fans, et cela peut même influencer négativement ta carrière.

  • Selon toi, comment rester fidèle à soi-même tout en évoluant dans un environnement musical en constante mutation ?

C’est vraiment de ne pas s’embrouiller. Moi, personnellement, je suis dans l’afro pop, j’ai des amis qui font du hip-hop à 100 %, et il y a la nouvelle tendance, le warba, et autres. Je me suis fixé un objectif, et cet objectif, c’est de promouvoir l’afro pop. Déjà, moi, quand je veux faire un autre style musical, j’ai des fans qui m’écrivent pour dire : « Jackis, pourquoi tu as changé de style ? On ne te kiffe pas dans ça. » Donc, en gros, on doit rester constant et avoir des objectifs pour ne pas dérailler.

  • Mot de fin

Merci à OXYGENE MAG pour l’interview. Je salue au passage ma maison de distribution, Nvision Agency, qui m’aide beaucoup. Elle m’a orienté un peu dans ma musique. On faisait de la musique dans le hasard, mais avec la structure, j’ai désormais une direction artistique claire que je suis. Merci donc à cette maison de distribution.

Gisèle BELEM

 

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