A l’occasion du concert inédit de Smarty au Casino de Paris très attendu par toute la communauté burkinabè de tous les horizons, le rappeur a rendu visite à Monsieur Salif OUEDRAOGO, le facilitateur vénérable de la diaspora burkinabè pour saluer l’immense mobilisation qui se fait en ce moment en Europe pour son concert qui aura le 1er juin au Casino de Paris. OXYGENE MAG est présent.
Pour ce premier épisode du séjour du meilleur rappeur africain (Dans le sens propre de ce genre musical), hier jeudi, il est allé rencontrer, la personnalité la plus adulée et le plus charismatique de la diaspora, le Sieur Salif OUEDRAOGO de la Maison du Burkina. Une personnalité dotée d’une sagesse qui guérit les maux. Les valeureux étudiants de Paris avaient également donné rendez-vous à l’auteur du « Chapeau du Chef » dans ce cadre emblématique sous le regard bienveillant de la célèbre cinéaste Eléonore YAMEOGO qui prépare un long métrage. Une occasion donc pour Salif Kiékiéta dit Smarty, de remercier la mobilisation qui s’opère tous azimuts en Europe pour ce concert qu’il affirme lui-même que ; « Ce n’est pas son concert… ».
Morceaux choisis de son message à la Maison du Burkina
« …On ne saurait organiser un tel évènement sans approcher les personnes ressources et surtout prendre les bénédictions de nos ainés afin qu’ils puissent nous ouvrir la porte pour que tout se passe bien. L’idée pour moi ; en étant impliqué dans l’organisation de ce concert, c’est d’abord de saluer ce que les ainés ont fait pour nous dans la musique. Que cela soit Nick Domby, Amity Méria, Amadou Balaké dit l’Ecureuil, Issouf Compaoré, Georges Ouédraogo, Victor Demé, Salambo, To Finley, Jean Claude Bamogo…Toutes ces personnes-là ce sont battues pour que nous soyons là aujourd’hui afin de poursuivre cette voie qu’ils nous ont ouverte. L’idée c’est de crever l’abcès. Ce n’est pas de dire que : « C’est Smarty qui est en train de faire quelque chose ». Le discours c’est de dire que : « les burkinabè sont arrivés à se mobiliser autour d’une cause qui va impulser une nouvelle dynamique ». Cette nouvelle dynamique sous-entend que nous soyons aussi présents dans des grandes salles en Europe. Qu’on soit respecté surtout par les communautés. Les autres nous regardent un peu avec dédain. Pourtant, j’avoue, en termes de qualité ; ce n’est pas parce que je suis burkinabè : nous sommes talentueux ! Et les gens sont professionnellement compétents chez nous. Pourquoi nous n’arrivons pas à nous faire valoir ? C’est parce que nous avons en nous cette intégrité et cette timidité qui font que le Burkinabè n’aime pas trop se montrer. Je sais qu’en ce moment, il y a une bonne lumière qui brille sur le Burkina Faso. Quand on bouge partout, on parle positivement du Burkina Faso. Les gens du cinéma, de la danse contemporaine, du théâtre ont réussi et c’est grâce à ce qu’ils font à travers le monde. C’est malheureusement dans la musique que les gens nous regardent de haut. L’idée pour nous, c’est d’arriver à réussir ce défi-là, pour ouvrir la voie à la nouvelle génération, et surtout que le mythe des concerts dans les grandes salles ici tombe. Ce qui est drôle est que ; la plupart du temps, dans les manifestations des autres, notre communauté, sans le savoir, est plus nombreuse. Nous souhaitons vraiment changer la donne. Mais on ne peut pas le faire sans l’aide de la diaspora, car c’est ça la base. Même quand tu viens dans une maison de disque, on te demande d’abord qu’est ce que tu vaux chez toi avant de te signer ? Parce que c’est un critère qui est important aujourd’hui. Pareil dans le football ! Je souhaite qu’au soir du 1 juin, qu’on ne dise pas que c’est le concert de SMARTY qui a réussi. Car voir le nombre d’artistes qui se déplacent de façon bénévole, ça montre déjà que la manif’ ne t’appartient pas. Mais au sortir de ce concert, qu’on puisse dire : avec l’aide de tonton Salif, avec l’aide de toutes associations burkinabè de la diaspora et au pays, tous les influenceurs, les journalistes, les acteurs culturels et autres ; qu’on soit arrivé à réussir quelque chose de grand. Demain après ce spectacle-là, si je vais m’assoir devant un patron de maison de disque, on lui dira que j’ai déjà fait le plein de spectacle du CASINO de PARIS. C’est crédible car il saura que l’artiste burkinabè rassemble du monde. Mais on ne le fera pas moi, mais pour l’ensemble de la culture Burkinabè. Car le Burkina a besoin en ce moment qu’on envoie un signal fort. Je tiens à vous remercier sincèrement. Car depuis que je suis arrivé en France, les gens ne cessent d’être mobilisés et surtout de confirmer leur présence…Je profite pour réitérer mon invitation afin que vous soyez tous présent dimanche. Ce qui est encore plus intéressant est que les autres font leur soirée les samedis. Mais, ils nous ont mis le dimanche. Ce n’est pas un souci ! Même s’ils mettent un lundi : on va arriver à faire quelque chose. Ce qui va être exceptionnel ; c’est parce que nous aurions relevé le défi un dimanche ! C’est un signe positif et que Dieu bénisse toutes vos actions ici et vive le Burkina Faso ! »

Salif OUEDRAOGO (Maison du Burkina Faso)
« Ce concert n’est pas une affaire de SMARTY »*
« Je voudrais dire merci à SMARTY qui a mis dans son calendrier de tournée, le passage à la Maison du Burkina. Preuve que, effectivement, il est attaché à la mère Patrie. Preuve aussi qu’il porte de l’estime et de la considération à ma personne qui aujourd’hui, s’occupe de cette Maison. Je voudrais aussi dire qu’à travers ce que j’ai entendu, c’est une approche futuriste, notamment dans la musique pour des générations à venir. C’est une vision qu’il faut saluer ; à savoir qu’il faudrait travailler de manière à ce que la musique burkinabè soit connue au-delà de nos frontières. Et que la musique burkinabè soit respectée au même titre que les musiques que nous connaissons, qui forcement ne sont pas plus que ce que nous faisons, mais qui bénéficient peut-être des stratégies que nous n’avons pas développé. Ce que je voudrais dire est qu’il faudrait qu’on creuse les réflexions pour voir comment peut-on, de manière conséquente, mettre les bonnes stratégies pour accompagner la musique. C’est pour ça qu’aujourd’hui, l’engouement que les uns et les autres ont, est salutaire et il faut qu’on encourage. Mais il faudrait qu’après même ce concert, nous trouvions les voies et les moyens pour mettre un dispositif qui va continuer à accompagner de manière à ce que nous puissions accéder à des salles emblématiques de la place parisienne. Je dirais que nous avons une chance tout de même, de pouvoir passer au CASINO DE PARIS peu importe le jour, c’est une opportunité et nous devons la saisir. C’est pour ça que chacun de nous doit travailler à mobiliser davantage. Travailler à susciter une présence effective afin quve nous démontrions aux autres que nous sommes solidaires non seulement entre nous. Mais nous sommes solidaires pour le rayonnement de la culture Burkinabè. Ce concert n’est pas une affaire de SMARTY. C’est un enjeu cultuel pour le rayonnement la musique burkinabè en France. Donc chacun de nous doit se mobiliser et mobiliser autour de lui pour que nous soyons tous présent le 1er juin au CASINO DE PARIS. Prenons tous conscience qu’on accompagne Smarty mais en réalité c’est le flambeau du pays que nous tenons chacun en main ! L’accompagnement c’est nous qui devons le faire, car Smarty a son talent et derrière ce talent, nous devons être derrière pour le pousser. »
Notons que la délégation complète de Ouagadougou est attendue ce soir 30 mai 2025 à Paris
Hervé David HONLA



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