La 10è édition du Festival Les Deux Terres aura lieu du 4 au 5 juillet 2025 à l’espace Miramar. Ce projet est l’œuvre d’un Burkinabè, Issa Aimé OUEDRAOGO. Nous sommes allés à sa rencontre ce dimanche 25 mai afin qu’il parle de ce festival.
Vous organisez depuis bientôt dix ans, le festival de danse « Les deux Terres » dans la ville de Cannes. Comment est-il né ?
C’est surtout grâce à mon travail et ma persévérance que j’ai pu instaurer ce festival. Je suis aujourd’hui considéré comme le burkinabè qui représente la culture dans tout son ensemble ici à la Côte d’Azur. Le festival « Les deux terres » a commencé en 2013 dans une petite salle de MJC Picaud. Au moment de l’avènement du COVID, nous avons marqué deux ans de pause pour reprendre en 2022 du côté de l’espace Miramar à Cannes grâce au soutien de David Lisnard.
Créer un tel festival ici à Cannes, qu’est ce que la danse représente pour toi ?
La danse c’est ma vie ! C’est l’Art qui est venu vers moi. C’est au Burkina Faso que tout est parti. J’ai été suffisamment formé dans cette discipline et j’ai travaillé dans plusieurs compagnies dont le Ballet National. En somme ; c’est grâce à la danse que je suis devenu ce que je suis aujourd’hui. Je dois tout à la danse.

Pourquoi avoir baptisé votre structure « La compagnie Téné » ?
« Téné » qui veut dire lundi, est le nom de grand-mère car c’est elle qui m’a récupéré 21 jours après ma naissance. C’est elle qui m’a tout donné. Elle m’a élevé, éduqué et surtout donné une certaine légitimité dans le choix de mon métier. Bref je dois tout à ma grand-mère, d’où ce nom « Compagnie Tènè ». C’est cette compagnie qui organise le festival « Les Deux Terres ».
Quel bilan peux-tu dresser après neuf éditions ?
C’est un bilan satisfaisant. Surtout pour un jeune burkinabè qui arrive à bâtir un tel projet ici à la Côte d’Azur, sachant que c’est une région assez difficile. J’ai fait venir de nombreux artistes de part le monde dans ce festival. Aujourd’hui ce festival est un rendez-vous culturel des peuples du monde qui ont en partage la danse. Je ne peux qu’être satisfait et je souhaite que, grâce à ce festival, les artistes et les auteurs développent ensemble des initiatives communes pour promouvoir cette filière.
Qu’est ce qui fait la particularité de votre festival ?
C’est surtout le brassage culturel. L’Afrique et l’Europe se partagent ensemble une même scène d’où le nom du festival : « Les Deux Terres ». Ce qui n’exclut pas que l’Asie, l’Amérique y participent aussi. Le brassage artistique est l’une des particularités majeures de ce festival. Ce festival n’a pas de thème mais chaque artiste vient avec son thème et son art.
Quels sont vos rapports avec les autorités de la Côte d’Azur ?
J’entretiens de très bons rapports avec les autorités de la ville de Cannes. David Lisnard est une personnalité…

…Qui est David Lisnard ?
C’est le Maire de la ville de Cannes et le Président de l’Association des Maires de France. C’est une personnalité qui m’accompagne dans mes activités culturelles ici dans la ville de Cannes. Donc vous comprenez pourquoi, j’affirme que j’ai de très bons rapports avec les autorités de la ville de Cannes.

Quel rôle votre pays d’origine le Burkina Faso joue dans ce festival ?
En tant burkinabè, mon pays fait toujours partie prenante dans cet évènement. Pour cette 10è édition, c’est la France qui est le pays invité d’honneur. Pour la 11è édition en 2026, c’est le Burkina Faso qui sera le pays invité d’honneur. Nous allons inviter deux artistes burkinabè qui viendront du Faso et pendant le festival, plusieurs compagnies et artistes burkinabè de la diaspora seront de la partie.
En vingt années d’expériences dans la danse, quel regard portes-tu sur cette filière qui est en pleine expansion et mutation ?
L’Afrique est la mère de la danse ! Car nous avons d’innombrables ethnies, tribus ou communautés qui ont développé leur identité culturelle grâce à la danse. Je peux citer la danse gourmantché, bobo, bissa, warba, gourounssi etc. pour le Burkina. Le makossa, le bikutsi, l’assiko pour le Cameroun, le ndombolo, la rumba pour le Congo, le mbalax, le sabar pour le Sénégal, la kizomba et le kudero en Angola, le shaku-shaku du Nigéria, l’azonto du Ghana, le jazzé du Gabon ou encore le gwara-gwara de l’Afrique du Sud. En somme ; la danse vient de l’Afrique. Par conséquent, nous devons travailler à perpétuer cette pratique au sein de nos communautés, dans la transmission et surtout en organisant de tels évènements tant en Europe qu’en Afrique.
Pour cette 10è édition du festival « Les Deux Terres » quelles sont les dates et le lieu ?
Le festival aura lieu du 4 au 5 juillet 2025 à l’espace Miramar à Cannes. Il y aura deux artistes plasticiens Nathalie et Sylvain ; photos et peinture. La France étant le pays hôte, nous avons majoritairement invité les artistes et compagnies françaises. Ce qui n’exclut pas l’Afrique. Nous aurons le concert de Badou Mandiang du Sénégal, la Compagnie Téné du Burkina Faso, Aly Mbaye et Aminata Traoré de la Côte-d’Ivoire. Nous aurons également comme parrain, l’artiste international burkinabè Souleymane BADOLO qui viendra des USA.

Qui est Souleymane Badolo ?
C’est Souleymane Badolo qui a fait de moi, le chorégraphe professionnel que je suis. C’est une longue histoire…Quand je danse sur scène, pour ceux qui connaissent Solo, pensent que c’est lui qui danse. Le fait de l’inviter cette année comme parrain, c’est une occasion pour l’honorer et lui dire merci.
Quelles sont les conditions de participation pour vivre en live ce festival ?
Les tickets sont en vente en ligne et le programme des spectacles est également disponible en ligne. Il y a aussi la possibilité d’acheter les tickets sur place.
Quel est le regard que tu portes sur la situation nationale de ton pays ?
En ce qui me concerne, je donne le meilleur de moi-même pour honorer on pays et apporter mon soutien en tant qu’artiste. Malgré que nous soyons hors du pays, nous menons des activités pour soutenir notre pays. Le 3 mai dernier, j’ai donné un spectacle dans la salle de Théâtre Victor Hugo à Saint Raphael sur invitation de la communauté tchadienne vivant sur la Côte d’Azur. L’objectif était de recueillir les fonds pour venir en aide à leur communauté. Malgré que j’aie été présenté en tant qu’artiste burkinabè, j’ai apporté ma contribution. C’est aussi ce genre d’initiative que je fais ici à Cannes pour mon pays.
Votre dernier séjour au Burkina Faso remonte à quand ?
Il y a quatre mois j’étais au Burkina pour participer au FIDO de Irène Tassembedo à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso au festival « In and Out » de Aguibou où j’ai présenté deux pièces différentes. J’ai été aussi bien accueilli dans mon quartier à Ouidi à Ouagadougou. Ils m’ont honoré lors de mon spectacle au FIDO en venant massivement me soutenir et je leur remercie.
Votre message pour les 10 ans du festival « Les Deux Terres »
Sortez massivement et venez admirer les œuvres des artistes, leur talent et surtout ce qu’ils vont offrir les 4 et 5 juillet prochain à l’espace Miramar.
Hervé David HONLA





Laisser un retour à ce sujet
Vous devez vous connecter pour publier un commentaire.