Ce 20 février marque enfin la sortie du film du réalisateur Burkinabè Dani Kouyaté avec son film très attendu au FESPACO 2025 « Katanga, la danse des scorpions ». C’est la salle Canal Olympia Yennenga Ouaga 2000 qui a été le théâtre de cette grande première de projection. C’est une œuvre qui a battu le rappel des grandes gloires du 7è Art burkinabè dans un seul film.
A 48h du lancement de la 29è édition du FESPACO, l’ensemble de l’épique de production et de réalisation du film en compétition long métrage fiction « Katanga, la danse des scorpions » de Dani Kouyaté a présenté en grande première l’œuvre au public exclusivement invité pour la circonstance.
C’est un thriller puisé de La Tragédie Macbeth de Shakespeare qui gravite autour de la frénésie et de l’insatiabilité du pouvoir. Un phénomène transversal et intemporel qui perdure dans nos sociétés vieilles comme le temps. Dany Kouyaté a voulu le remettre en lumière, au regard de la recrudescence de l’abus du pouvoir, du comportement avilissant de certains de nos leaders en Afrique et ailleurs. Une forme de parodie assez réelle et comparable aux intrigues politiques que nous vivons au quotidien.

« Katanga… » a été réalisé exclusivement en noir et blanc et parlé en langue mooré. En effet, après une tentative ratée de prise de la couronne, le roi Pazouknam nomme à la tête de son armée son cousin Katanga. Sous l’instigation de son épouse, Katanga assassine le roi sous l’œil vigilant et discret de son grand ami et s’empare du trône. Conscient de cette lourde tâche, Katanga consulte un aruspice pour la réussite de sa mission. Il commencera donc à sombrer dans une escalade de violence, d’assassinat, de pratiques occultes pour défendre vaille que vaille son pouvoir…
Pour de nombreux cinéphiles africains ; ce qui fascine ce film, c’est d’abord la sublimité du casting. Dani Kouyaté n’a pas fait dans la dentelle en conviant sur un même plateau des sommités africaines en matière de jeu d’acteur. On peut citer entre autres : Ildevert Meda, Prosper Kompaoré, Abdooulaye Koumboudri, Lazare Minoungou, Issa Ouedraogo, Rasmané Ouédraogo, Hafissata Coulibaly, Joséphine Kaboré, Hadissa Ilboudou, Gustave Sorgho ou encore Dacosta Ouédraogo. Quand on sait de nos jours qu’il n’est plus aisé financièrement de regrouper tous ces comédiens autour d’un projet cinématographique, au regard de la conjoncture financière qui mortifie le cinéma burkinabè.

Tout compte fait, ce film aura été réalisé avec les moyens de bord. Mais, il pouvait mieux être étoffé s’il avait bénéficié d’un accompagnement financier substantiel. Le scénario mériterait d’être encore plus intriguant en mettant à contribution d’autres stratagèmes de renversement du roi usurpateur Katanga. Une fin plus ou moins tragique qui a manqué d’action, d’émotions et de suspens. Les décors et les sites de tournages étaient certes limités au regard de situation sécuritaire qui existait au moment du tournage, ce qui aura certainement limité l’éclat des paysages naturels afin de mieux refléter l’environnement d’une chefferie traditionnelle exemplaire. On se croyait dans un environnement tradimoderne. Le sabre et les kalachnikovs dans une chefferie de plus en plus modernisée sur le plan sécuritaire, peut prêter à confusion.

Toujours est-il que ce film de Dani Kouyaté a le mérite de présenter une œuvre dont la thématique et les conditions de tournage sortent de l’ordinaire.
Engagé dans la section fiction long métrage au FESPACO 2025, le producteur Moussa Romba et l’ensemble de son équipe espère remporter le graal.
Hervé David HONLA




Laisser un retour à ce sujet
Vous devez vous connecter pour publier un commentaire.