La célèbre animatrice TV est l’héroïne du film à succès « ÇA SUFFIT ! » de la réalisatrice Burkinabè Alima OUEDRAOGO dit Sofia. C’est en toute simplicité et avec beaucoup de franchise qu’elle a répondu à nos questions le 3 févier 2025. Elle revient sur son nouveau métier de comédienne, le choix du film et les conditions de tournage. Entretien exclusif !
Le cinéma commence à vous tenter ? Combien d’expériences déjà ?
Oui depuis belle lurette j’ai toujours été séduite par le 7è Art. J’ai figuré dans quelques films en commençant par « Sentiments en otage » du réalisateur Mamadou Gnanou en 2014
Comment avez-vous été contacté par la réalisatrice du film « ça suffit ! »
Alima c’est une grande sœur que j’ai reçu à mes émissions à la télé. Donc un soir, j’étais assise à la maison elle m’a appelé, me disant qu’elle voulait me voir. Je suis allée à son restaurant et elle m’a expliqué le projet qui au début me faisait peur car, c’est un gros projet, qui allait reposer sur mes épaules.
Quel est le rôle que vous avez joué ?
J’ai joué le rôle principal en portant plusieurs casquettes celle d’une épouse, d’une mère, et surtout pas n’importe quelle mère. Celle d’une famille recomposée avec un mari qu’on peut qualifier de pervers narcissique
De quoi parle exactement ce film ?
Le film parle des maux que vivent beaucoup de femmes au foyer sous nos cieux, de comment la société surtout africaine perçoit le devoir conjugal qui est une obligation pour la femme et du fait qu’une femme mariée ne puisse pas parler de viol conjugal. Ce film présente comment les multiples disputes et mauvais comportements des parents devant les enfants peuvent avoir une mauvaise influence sur eux. Bon Je n’ai pas envie de spoiler les cinéphiles donc je vais les laisser découvrir….
Comment a été l’ambiance durant le tournage ?
Très très Belle ambiance ! Sincèrement tout… absolument tout s’est bien passé ! Du début jusqu’à la fin. Pour une novice, j’étais entourée que de professionnels, de personnes bienveillantes et gentilles. De l’équipe technique aux acteurs tout était parfait

Vous avez partagé le même plateau avec le célèbre Gérard OUEDRAOGO. Qu’est-ce que vous gardez de cette aventure ?
Sacré Gérard OUEDRAOGO ! il a été mon mari dans le film et je peux dire que la réalisatrice ne pouvait pas faire un choix meilleur que Gérard. D’abord permettez-moi de le dire : jouer dans un film avec une icône pétrit de talent comme Gérard, est une grâce pour moi. Donnons à César ce qui est à César mais ce monsieur c’est un génie ! Les répétitions se passaient au sein de son centre. Avec lui, j’ai appris tellement de choses surtout comment gérer les émotions quitter de la joie à la tristesse ou à la colère. Même comment pleurer dans un film, couler des larmes vraies. Gérard m’a vraiment aidé énormément. Au passage je lui dis un grand merci.
Quel regard portez-vous sur la réalisatrice Alima OUEDRAOGO ?
Alima est un modèle pour moi, c’est vrai que je l’ai connu dans le film Sofia comme presque tout le monde. Mais travailler avec cette grande dame, m’a fait voir une autre Alima. Elle est amoureuse du cinéma et elle y met tout, absolument tout son sérieux. Je lui ai dit un jour qu’il existe 2 Alima. Celle de la vie réelle et celle du plateau de tournage. Elle rigole quand il faut rigoler et elle crie quand il faut crier. Très professionnelle. Je lui souhaite vraiment bon vent, beaucoup de succès surtout. À elle seule, sur le plateau, elle portait deux casquettes (Réalisatrice et actrice) ce n’est pas facile mais elle gère bien.

Quelle a été votre réaction quand vous avez appris que ce film a été sélectionné au FESPACO ?
J’ai écrasé une larme sans me rendre compte. C’était au téléphone que la réalisatrice m’a donné la nouvelle. Pour une débutante comme moi, apprendre que son film a été retenu au FESPACO, Je dis bien FESPACO ; c’est énorme ! C’est vrai que c’est un beau film. Un très beau film rempli d’enseignements. C’est mérité si je peux me le permettre.
Généralement, les relations entre réalisateurs/Comédiens/Techniciens sont souvent tendues à la fin des tournages pour des raisons de cachets impayés. Quel a été votre cas ?
Oh ! Chez nous c’était différent. C’est vrai qu’il avait quelques rares moments, vraiment rare où on te sermonnait légèrement mais c’était bien mérité surtout moi (rire). J’ai souvent la tête en l’air et quelques fois en retard, mais pour être honnête, tout s’est bien passé. Une très belle équipe professionnelle, et si c’était à refaire même demain matin je suis prête. Je ne pense pas avoir vu une seule dispute du début jusqu’à la fin. Et on était majoritairement des adultes. Donc entre adultes on sait communiquer et se respecter. Au contraire je me suis sentie, bien entouré comme en famille.

Peut-on affirmer qu’Emilie Dioma se lance définitivement dans le cinéma ?
Si les opportunités se présentent oui pourquoi pas. J’adore le cinéma. Une chose importe aussi, c’est si on va bien me payer comme l’a fait Alima. Il faut vivre aussi de son travail. J’ai fait quelques films et là ça été mon plus gros contrat que j’ai touché avec elle. D’ailleurs le jour qu’elle m’a dit combien elle était prête à me payer, j’ai failli ne pas croire jusqu’au jour où j’ai reçu mon argent car pour moi c’était énorme (rire…). Mais après j’ai compris aussi pourquoi le cachet était gros. Car derrière un gros boulot m’attendait. Avant le tournage j’ai passé plus deux mois de répétitions intenses et chaque jour. Il fallait apprendre beaucoup de choses entre autres : La dictions, faire ressortir les émotions, apprendre et mémoriser le texte, apprendre le jeu d’acteur, et apprendre même à respirer c’est à dire maîtriser son souffle. Je vous assure ! 7 jours sur 7 j’avais des répétions à faire matin et soir. Et le tournage, très souvent on était convoqué à 5h du matin et je rentrais chez moi à 1h du matin. Courbatures, maux de tête, avec des œdèmes au pieds. Je me rappelle un jour j’ai dit à ma sœur que si ce n’est pas parce que j’ai pris mon cachet, j’allais abandonner tellement c’était dur. Heureusement le synopsis du film, le plateau, l’équipe de tournage, les bons plats qu’on nous servait… oui il faut le dire aussi… on mangeait trop bien ! Quasiment cinq repas par jour. Bon la réalisatrice est une restauratrice donc c’était normal, mais il avait tellement d’aspects positifs que je ne pouvais pas abandonner à cause de la souffrance et la fatigue. C’était dur mais comme l’a dit l’entrepreneur américain Jim Rohn : « Tout effort discipliné offre une récompense multiple ». En espérant que notre film remportera un FESPACO, mais être retenu déjà au FESPACO pour moi c’est déjà une réussite
Votre dernier mot ?
Je dis un grand merci à la réalisatrice et à toute l’équipe. Un grand merci à vous mon « Papa » Hervé David HONLA pour tout ce que vous faites. Et bon FESPACO à tous les amoureux du 7è art
Hervé David HONLA




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