Dans un contexte marqué par des défis sociaux et sécuritaires, mais aussi par une transformation numérique rapide, l’initiative *FASO RAP MASSA* s’impose comme une véritable bouffée d’air pour la scène musicale burkinabè. Créée pour redynamiser le Rap au Burkina Faso et mettre en lumière de nouveaux talents, cette compétition vise à insuffler une nouvelle dynamique au Hip Hop burkinabè tout en intégrant des sonorités locales pour créer une identité musicale nationale. Nous avons rencontré Moussa Porgo, Président du comité d’organisation, pour discuter de l’importance de cette compétition, des enjeux liés à la culture Hip Hop au Burkina Faso, et des perspectives d’évolution de la musique urbaine dans les années à venir.
Qu’est-ce qui vous a motivé à lancer FASO RAP MASSA, et pourquoi maintenant ?
Nous sommes partis du constat qu’il y a de la ressource, il y a du potentiel. Malheureusement il manque une dynamique à même de propulser de véritables talents. Aussi, le Burkina Faso est un pays à majorité jeunes et portée sur le Rap. C’est une bonne énergie pour redynamiser le Rap. Ce qui va absolument donner un souffle nouveau à la musique Burkinabè toute entière. Le projet est pensé depuis deux ans, mais c’est maintenant nous faisons la mise en œuvre après avoir travaillé à garantir les voies et moyens pour atteindre nos objectifs. Le thème de cette édition met l’accent sur l’ère du numérique, l’insécurité et le Hip Hop.
Comment ces enjeux influencent-ils la manière avec laquelle vous avez conçu la compétition ?
C’est un secret de polichinelle, notre pays traverse des moments difficiles d’où nous sortirons certainement. Notre époque est aussi celle du tout numérique. Le Hip Hop, culture de grandes causes doit continuer à accompagner les grands défis. Le numérique étant aussi presque indispensable c’est de travailler à ce qu’il aide, développe et non qu’il détruise ou ramer à contre-courant des enjeux du moment. Tout le projet a été pensé pour prendre en compte ces contextes afin d’amener le Hip Hop sur les véritables chantiers de ‘’guerre’’. Aussi, nos compétiteurs seront formés au numérique pour la professionnalisation de leurs différentes carrières. Ils travailleront également sur des thèmes liés au pays. Le Rap burkinabè semble avoir perdu de sa vitalité ces dernières années.
Quels sont, selon vous, les principaux défis auxquels il fait face, et comment FASO RAP MASSA compte y remédier ?
Oui, on peut le dire ainsi mais reconnaitre aussi que les rappeurs ne manquent pas de vitalité, surtout en ce moment. Les défis auxquels le Rap Burkinabè fait face sont ceux de la musique Burkinabè. Il faut arriver à avoir un cadre d’expressivité, à gagner en représentativité et en compétitivité, le tout dans un bon investissement. FASO RAP MASSA justement entend, au sortir de la compétition, trouver un talent qui sera suivi sérieusement pour gagner en envergure. Le lauréat nous sortira certainement une œuvre compétitive et qui amènera notre drapeau, où il devrait être. Nous mettrons tous les moyens en œuvre pour cela. Vous souhaitez intégrer des beats inspirés des sonorités traditionnelles burkinabè.
Pourquoi est-il important pour vous que les participants développent une identité musicale nationale ?
Oh que Oui ! C’est très important. Dans le sens où on ne gagnera pas le monde par le mimétisme. On ne peut pas être plus américain que l’Américain encore moins plus Français que le Français. Nos cultures regorgent des rythmes et sonorités très riches et denses dont les différentes couleurs peuvent alimenter le Rap et du même coup être la proposition du Burkina Faso dans le concert des Nations Hip Hop. Nous devons créer avec qui nous sommes. C’est du reste un des objectifs de l’Association CULTURES ENDOGÈNES porteuse de FASO RAP MASSA.
Quelles sont les attentes vis-à-vis des lauréats de cette compétition, et comment le comité d’organisation prévoit-il de les accompagner dans leur carrière ?
L’Association CULTURES ENDOGENES attend des lauréats de la créativité, du travail, de la folie, de l’audace et du don de soi. Les lauréats et même ceux qui ne le seront pas, seront formés au digital, au branding personnel et aux outils professionnels pour s’insérer efficacement sur le plan national, africain et international. Le lauréat qui sera produit par l’association aura un suivi professionnel de la création à la promotion grâce aux différents réseaux que nous avons au Burkina et ailleurs.
Comment voyez-vous l’évolution du Rap burkinabè et du Hip Hop en général dans les prochaines années, à la fois sur la scène nationale et internationale ?
Nous ne pouvons voir qu’une évolution positive dans le sens où nous y travaillons, bien-sûr à côté d’autres initiatives. Le Rap Burkinabè aura certainement un souffle plus grand et nouveau ici et partout.
N’douonmou Aïda






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