De son vrai nom Moussa Kouanda natif de Rakaye non loin de Kokologho, MONUMENT, fait partie de la seconde cuvée des artistes dits de la nouvelle génération. Grâce à Tik Tok, il est aujourd’hui adulé par une bonne brochette de la jeunesse burkinabè. Issu du label SAMAYA Production, il est passé le 20 aout dans nos locaux à OXYGENE MAG pour son premier entretien du genre avec la presse.
Exercer la musique pour un jeune comme toi, ça n’aura pas été facile au départ dira-t-on ?
En effet, je vis toujours en famille avec mes parents à Cissin. Quand j’étais plus jeune, je faisais du commerce avec mon grand-frère. J’ai vraiment commencé à aimer la musique depuis ma petite enfance. J’ai eu beaucoup de problème à la maison surtout avec mon grand-frère. Il ne voyait pas cet art comme un métier. Il voulait que je devienne un grand commerçant. Il aura tout fait comme pression pour que j’abonne la musique, mais je ne reculais pas. Plus tard, une fois adulte avec l’expérience qui naissait, il a fini par comprendre et accepter mon choix. Aujourd’hui, il en est même fier.
Quels sont les artistes qui t’inspiraient quand tu étais encore très jeune ?
J’aimais beaucoup les artistes d’antan des années 70 voire 80 qui faisaient surtout de la musique traditionnelle. Contrairement à ce que les gens pensent, je me suis beaucoup inspiré Jean Claude Bamogo, Bamogo de Noberé,To Finley, Zougnazamda, Georges Ouédraogo. J’écoutais aussi bien-sûr Floby et les autres…

A quel moment est venu ce déclic d’entrer en studio ?
J’ai aimé la musique à tout hasard et je chante à ma manière. A force d’écouter beaucoup d’artistes, je me suis dit qu’il faut vraiment que je fasse ce métier. Il faut que je vienne avec mon propre style et ma propre identité. Je déteste copier les devanciers. Je m’inspire plutôt de certains pour créer mon univers musical. Sincèrement je ne connaissais rien en musique. Je ne sais ni lire, ni écrire. J’ai composé mon texte dans mon cerveau et je l’ai mémorisé. C’est d’ailleurs comme ça que je compose mes chansons. Je n’écris jamais, je les mémorise et peu importe le nombre de chansons. Je peux les reproduire plusieurs fois textuellement en studio. Après donc avoir composé ma première chanson en 2022, je suis allé au studio et j’ai enregistré ce tube, sans le diffuser officiellement sur les médias. Je l’ai ensuite conservé dans mon portable uniquement pour m’amuser. Plus tard, quand mes amis écoutaient, ils m’ont demandé de partager. De fil en aiguille, chacun s’est retrouvé avec cette chanson baptisée « Ka Nang Nin Gouam Ye ». C’est plus tard que j’ai donc décidé de faire des freestyles sur Tik tok avec ça pour après, le balancer sur cette plateforme. Je précise que je n’avais pas encore de producteur. Je me débrouillais seul. Et la chanson n’était jamais sortie dans les médias ni dans les discothèques.
Comment s’est passée ta rencontre avec SAMAYA Production ?
Avant de sortir cette chanson, j’avais déjà composé une douzaine de chansons que je conservais dans ma tête. C’est dans les douze titres que j’ai choisi « Ka Nang Nin Gouam Ye » pour présenter au producteur en 2023. Il est tombé sur le charme de cette chanson et m’a proposé de signer avec sa structure SAMAYA PRODUCTION. Ce que j’ai bien sûr immédiatement accepté. Au jour d’aujourd’hui, il y a six chansons qui sont déjà en studio, prêtes pour la sortie.

Quel est ton principal canal de communication avec tes fans ?
Je communique beaucoup via Tik Tok en faisant régulièrement des freestyles pour les faire plaisir. Plus tard, quand on se trouve dans un concert, ils entonnent en chœur mes différentes chansons.
Quelle est la scène qui t’a beaucoup marqué depuis le début de ta carrière ?
Sans hésiter, c’était celle du Festival « ALLONS A ZAM » de décembre 2023. J’ai eu même le plaisir d’entonner d’autres chansons que le public découvrait et ils ont surtout apprécié. J’étais vraiment heureux. C’est aussi ma première fois de monter sur une telle scène.
Qu’est ce que tu penses des autres collègues artistes de ta génération ?
J’ai eu à échanger avec quelques artistes de cette génération mais pas tous. C’est grâce à eux que je me suis lancé dans cette forme de musique et de communication. Ils sont en quelque sorte mes devanciers et je les respecte. Je ne viens pas pour concurrencer quelqu’un. C’est parce que je veux les ressembler que je suis entré dans la musique. Mais pas pour des clashs et bagarres ! Je ne suis pas venu pour prendre la place de quelqu’un, mais plutôt pour montrer mon talent.

A quoi devrait-on s’attendre dans les prochains jours pour toi ?
Je parle sous le contrôle de ma maison de production : Nous avons une sortie très prochaine en vue. Mon prochain single ne tardera pas et le public, j’espère va encore apprécier.
Pourquoi tu te fais appeler « MONUMENT » ?
(Rires). A une certaine époque, j’étais un « boucantier » dans les points chauds de la ville. On m’appelait « Monument du boucan ». Quand je suis entré dans la musique, j’ai trouvé qu’on ne peut être dans la musique et faire du boucan. J’ai donc enlevé le nom « Le boucan » pour conserver « MONUMENT », d’où mon nom d’artiste.
Hervé David HONLA



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