Abdias CHABI SARE (Instrumentiste basiste) : « La basse est très importante dans la musique ! »
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Abdias CHABI SARE (Instrumentiste basiste) : « La basse est très importante dans la musique ! »

Instrumentiste béninois résidant au Burkina Faso, cet instrumentiste talentueux a adopté la guitare basse comme son instrument de prédilection. Il officie toutes les semaines au Stress Out au sein de l’orchestre congolaise de Kass Luna. Nous sommes allés à sa rencontre le 15 aout dernier afin qu’il nous présente son parcours et surtout sa passion pour le métier d’instrumentiste.

 

 

Comment est votre passion pour la musique et les instruments ?

J’ai découvert la musique dans la chorale au sein d’une église à Parakou au bénin. J’ai commencé d’abord à m’exercer comme percussionniste et c’est au sein de cette chorale que j’ai maîtrisé le tempo et toutes les techniques du live. Ensuite, comme il y avait un piano à l’église, j’ai commencé à apprendre à jouer à cet instrument en 2012. Puis s’en sont suivis le solfège et la pratique des autres instruments à cordes. C’est quand l’église a acheté une guitare basse en 2024, personne ne savait la jouer. C’est comme ça que j’ai appris à jouer et finalement, j’ai adopté cet instrument. J’avais été formé par un jeune bassiste professionnel béninois qui a surtout fait sa notoriété dans les églises célestes. Je me suis focalisé sur la basse par ce que j’aime la basse et c’est l’instrument le plus important dans une chanson et dans un orchestre.

Je suis venu au Burkina Faso en 2018 pour ma formation dans le domaine de la Santé, mais concrètement, c’est la musique qui a pris le dessus. On m’a reconnu ici comme bassiste et c’est devenu ma principale activité. Beaucoup trouvent que je possède un doigté différent des autres bassistes. C’est pour ça que je suis souvent un peu très sollicité pour apporter une autre coloration. Mon premier orchestre s’appelait 5 ETOILES et on jouait à NIOKO 2 dans un cabaret appelé TAPIS ROUGE. C’est dans ce cabaret que j’ai fait la connaissance de l’artiste congolaise Kass Luna. Avec une petite équipe de musiciens, nous avions formé son orchestre et approfondir les connaissances en musique congolaise. Plus tard, nous sommes devenus aujourd’hui l’orchestre attitré de Kass Luna.

Comment est née cette aventure au Stress Out où on te voit régulièrement jouer dans un orchestre ?

Bien avant, nous jouons à CHAMPAGNE LOUNGE et SQUASH TIME. Quand l’aventure a commencé avec Kass Luna au Stress Out, on n’y a pris goût grâce à la bonne ambiance qui régnait et surtout le standing du cadre qui épousait parfaitement les conditions du live.

« C’est grâce à l’orchestre Kass Luna que nous jouons au Stress Out »

As-tu la possibilité de faire tous les genres musicaux, ou bien tu n’es que spécialisé sur la musique congolaise ?

Je fais tous les genres musicaux y compris ceux du Burkina Faso issus des différentes régions du pays. Quand j’avais séjourné dans la province du Passoré, à Yako, je jouais avec un artiste issu de cette localité. Je jouais à la fois la guitare solo et la basse. Donc je suis ouvert à tous les genres.

Pourquoi affirmes-tu qu’on ne puisse pas faire de musique sans la basse ?

La basse est très importante dans la musique grâce à sa lourdeur qu’elle apporte dans une chanson. Quand un lead commence à chanter avec une voix fine, la basse doit impérativement intervenir pour apporter une certaine lourdeur et une cadence pour une parfaite coloration.

Comment dans un studio, tu fais intervenir la basse dans une chanson ?

Il suffit que j’apprivoise l’idée du genre de musique qu’il exerce. Dès que j’écoute au studio les grilles des accords, par exemple que le pianiste a joué ou la chanson brute de l’auteur, je créé ma propre ligne de basse. C’est ça qui fait la différence entre un bassiste professionnel et un amateur. Car chaque bassiste possède une manière propre à lui, de dessiner sa ligne de basse.

Quelle comparaison fais-tu entre l’industrie musicale béninoise et celle du Burkina Faso ?

(Rires…) Cette question me fait vraiment rire. La différence est énorme ! J’ai fait le Bénin c’est vrai que j’ai eu la chance de rester Parakou et à Cotonou, le showbiz n’est pas développé au Bénin comme ici au Burkina Faso. Je connais pleins de musiciens vivant ici au Burkina Faso qui n’ont peut-être pas mon niveau, mais, ils ont adopté déjà la musique comme profession. Parce qu’ils sont motivés et on les encourage. Je connais pleins d’instrumentistes qui m’ont déjà présenté leur véhicule, qu’ils ont acheté grâce à la musique. Je connais aussi beaucoup qui sont des musiciens entrepreneurs. J’en connais un qui fait cinq prestations par semaine et possède également une grande ferme d’élevage. Au Bénin ça n’existe pas ! Même nos artistes béninois connus à l’international ne sont pas nombreux. On peut les compter au bout des cinq doigts de la main. Mais au Burkina Faso le showbiz est dense et dans tous les quartiers où je vais, on ressent l’industrie musicale et les activités vont bons trains.

Présent donc au Burkina Faso depuis six ans. Quels sont tes projets ?

Depuis deux semaines, je suis en train de monter un projet d’un orchestre béninois vivant au Burkina. Parce que je suis parti d’un constat : Il y a assez de béninois ici au Burkina Faso et récemment, on avait organisé l’indépendance du Bénin. On a fait trois jours de fête, mais il n’y avait pas d’orchestre pour aller animer pendant 72h cette fête. Alors que les autres pays, possèdent des orchestres issus de leur communautés. Ça va nous permettre de faire ce genre de prestations et de faire des fusions avec d’autres musiques en présentant notre patrimoine musical.

Hervé David HONLA

 

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