« Je ne suis en compétition avec personne ! » Aly Verhutey
Murmures

« Je ne suis en compétition avec personne ! » Aly Verhutey

Aly Verhutey, artiste chanteur burkinabè, auteur de 9 albums, celui-là même qui n’est plus à présenter. Communément appelé le « l’Avocat défenseur des Femmes » a bien voulu nous accorder une interview à OXYGENE MAG au sein de son studio de production à sis à Ouagadougou quartier Karpala le 19 Juin 2024. Notre entretien porte sur sa carrière mais aussi sur sa maison de production “Berger Africa”.

 

Premier album « BERGER » sorti en 1997 en République de Côte d’Ivoire et en 2000 lorsque tu venais d’arriver de la RCI. 27 ans plus tard, quel bilan ?

Il faut comprendre que le bilan est assez positif, tout se passe bien. Vu que mes objectifs sont atteints même si cela n’est pas à 100%. Déjà le premier objectif était d’abord de se faire connaître auprès de ses fans et de la population de mon pays qui est le Burkina Faso et je pense que ces objectifs sont largement atteints. Le deuxième objectif est de venir en aide aussi à mes collègues artistes. Je pense qu’à mi-parcours, je peux dire que voilà le bilan il est assez positif.

Tu t’es beaucoup converti dans la création et l’orientation des carrières des jeunes. Avec un studio audiovisuel. Pourquoi avoir privilégié ce secteur au détriment de tes productions et spectacles ?

Je n’ai pas privilégié, je suis toujours dans les spectacles. Je me suis dit que les spectacles généralement, ce sont les weekends à savoir les vendredis, samedis et souvent les dimanches, mais qu’est-ce que je fais des autres jours ? Je me suis dit qu’il faut que je me crée un emploi et ce que je connais le mieux, c’est la culture donc ce que je fais c’est toujours dans le même domaine à savoir la musique, l’enregistrement, les clips vidéo, le cinéma ainsi de suite c’est dans la même culture. C’est de l’art, donc je pense que je n’ai pas dérouté. Les autres jours ouvrables sont des jours où je bosse comme tout fonctionnaire et les weekends je passe à mes spectacles s’il y en a bien-sûr.

 

 Ta musique est une symbiose de Ragga, Salsa, Zouk et variété. Au regard des tendances des jeunes actuels ; envisages-tu de surfer dans leurs styles ?

Non pas du tout ! Je reste toujours dans mon genre musical paracerque ce n’est pas la même chose. Quand on prend le monde, il y a plusieurs races, la race jaune, noire, blanche, rouge ainsi de suite… Donc, ce n’est pas parce que les jeunes sont là aujourd’hui que je suis obligé de faire ce qu’ils font. Non… non ce n’est pas la même génération ! Ce n’est pas le même style. J’évolue comme j’ai commencé et puis bon ; voilà qu’est ce qui prouve que ce n’est pas eux qui vont me rejoindre ? (Rire !)

Comment trouves-tu la musique Burkinabè de nos jours ?

Bon ! Je pense qu’il y a une nette amélioration grâce à la technologie qui est bien avancée. Parce que je sais comment est-ce que nous enregistrions à l’époque et comment on faisait la promotion surtout qu’à l’époque, il n’y avait pas assez de médias comme aujourd’hui et puis il y a eu aussi l’arrivée des réseaux sociaux et tout ça. Je pense qu’il y a eu une amélioration, car les logiciels également ont évolué, la façon d’arranger a évolué. Aujourd’hui, il y a beaucoup d’artistes aussi qui sont là à présent, contrairement aux années 2000 ; Où l’on pouvait les compter du bout des doigts.

 

Amzy vient d’être sacré KUNDE d’Or. Quelle appréciation fais-tu et que représente le KUNDE après 20 ans d’existence ? D’autant plus que tu as reçu un trophée dans une catégorie en 2001.

Je ne fais pas de compétition musicale. À un moment donné, je me suis dit que je ne suis pas en compétition avec quelqu’un. Je mène ma carrière comme je peux et je me sens encore plus libre en évoluant comme ça. J’ai mon plan de carrière, de promotion, je ne vais pas permettre que certains viennent s’interférer là-dedans. Je préfère évoluer comme bon me semble si c’est bon c’est moi, si ce n’est pas bon c’est moi. Je ne suis pas venue pour concurrencer avec quelqu’un. Je ne suis pas venue pour compétir avec quelqu’un ! Donc pour moi, mon trophée, c’est mon public. Mon trophée ce sont mes objectifs atteints. Une fois que cela est atteint je suis content.

 

Ton combat pour la femme dans tes chansons a fait ton identité. Où en es-tu actuellement ? Que représente la femme burkinabè à tes yeux ?

Je continue toujours à défendre la femme d’autant plus que je considère les femmes comme des mamans, peu importe l’âge qu’elles ont. A partir du moment qu’elle est une femme, elle est aussi une maman. Je considère qu’après Dieu, c’est la femme parce que pour être dans ce monde il faut forcément passer par une femme. Par conséquent, il y a une complicité entre Dieu et la femme. Dieu, on ne peut pas le voir mais la femme on la voit. Tout ce qu’on peut faire pour la femme qu’on le fasse, parce que la femme est complice de Dieu. Que tu sois Ministre, Président, Chanteur, Plombier, Mécanicien etc. ta mère est une femme. Voilà pourquoi je me bats comme je peux et mon seul moyen pour défendre la femme comme je suis chanteur, j’utilise ma voix pour dénoncer certaines choses.

 

Tu as célébré les 25 ans de ta carrière il y a quelques années. Que peut-on s’attendre par la suite ?

Il y a deux ans de cela, j’ai fêté mes 25 ans de carrière, aujourd’hui je suis à 27 ans et qu’est ce qu’on peut s’attendre ? Je mène toujours ma carrière tranquillement. J’ai la chance d’avoir plusieurs cordes à mon arc. Je suis réalisateur, producteur, éditeur, acteur de cinéma, chanteur etc. donc j’évolue toujours dans tout ça et je suis également propriétaire de studio “ Berger Africa “. Je mène plusieurs activités à la fois. Quand je ne suis pas dans l’un, je suis dans l’autre j’évolue toujours. Et disons que ; pendant mes 25 ans j’ai sorti le 9e album de ma carrière. Je suis en préparation pour le 10e qui va sortir d’ici là et je compte fêter mes 30 ans de carrière bientôt.

 

Nous avions appris que ta structure envisageait ouvrir une télévision. Où en es-tu avec ce projet ?

La télévision était fonctionnelle. Il y avait juste de petits réglages donc nous étions en test et on a stoppé pour régler certains paramètres pour relancer plus tard. Je pense qu’avant la fin de l’année, cela pourra encore continuer d’émettre

Après plus de neuf albums et de nombreuses collaborations, quels sont tes projets musicaux à courts termes ?

La préparation de mon 10e album et puis je suis aussi dans la production des artistes. Je viens même de produire un artiste qui s’appelle Mister Patinda. L’album est sorti il y a juste un mois et nous sommes également sur la promotion de cet artiste.

 Gisèle BELEM

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