Romain BELEMTOUGRI : Périple dans le TGV OUIGO avec son Chef du village
Tapis Rouge

Romain BELEMTOUGRI : Périple dans le TGV OUIGO avec son Chef du village

La journée du 13 juin en France restera très particulière pour votre journal en ligne OXYGENE MAG. En effet, grâce à l’amabilité de la SNCF, nous avons pu suivre, minutes par minutes, le tronçon en TGV OUIGO aller/retour Paris-Nantes, le travail o’combien passionnant de notre compatriote Romain BELEMTOUGRI dans l’exercice de son métier, en tant que Chef de bord TGV.

Allons en voyage à bord du TGV OUIGO du Chef du Village !

 

La Société Nationale des Chemins de fer Français (SNCF) est l’une des plus grosses firmes ferroviaires d’Europe avec plus 50 000 collaborateurs couvrant une distance de 28 000 km de lignes. Les missions principales sont d’entretenir, de moderniser et d’exploiter le réseau ferroviaire national et européen. Le trafic est tellement dense à telle enseigne que, les chiffres sont hallucinants : 15 000 trains commerciaux circulent quotidiennement sur leurs réseaux. 5 millions de voyageurs au quotidien et il transporte plus de 250 000 tonnes de marchandises par jour. Sans omettre de préciser que la SNCF propose aussi d’autres prestations aux entités et services tels que ; (Keolis, Seter, SNCF Fret, SNCF Gares & Connexions) pour leurs projets internationaux.

Avec OUIGO, c’est une autre offre de transport de la SNCF qu’il appelle le train « low cost ». La différence se trouve au niveau des tarifs qui sont avantageux avec des options plus rapides, pas cher et fiables. OUIGO permet donc de voyager dans des TGV moins chers toute l’année.

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Romain BELEMTOUGRI, ancien international en Natation

C’est donc dans ce train que nous avons suivis la journée de travail avec Romain BELEMTOUGRI. Ce jeune natif de Bobo-Dioulasso qui est venu s’installer en France à Paris avec sa famille il y a cinq ans. Mais en cinq années, il a ravi le cœur de ses collègues et surtout des millions de passagers à bord des TGV OUIGO. Un personnage très atypique et qui plaît au premier regard. Toujours enthousiaste et on dirait qu’il n’est jamais crispé ou exaspéré témoignent ses collègues.

Il commence et achève sa journée par le sourire

Ces journées commencent pourtant très tôt. Comme celle du 13 juin dernier à la gare Montparnasse. Dès 6h30, ce Pompier occasionnel, était déjà dans les somptueux bureaux de la SNCF exclusivement destinés aux personnels. C’est dans son ambiance déconcertante qui n’étonne plus ses collègues, qu’ils ont ensemble passé en revue les dernières informations de la veille, tout en prenant un petit déjeuner pour certains. Pendant que d’autres investissaient les vestiaires pour arborer les tenues de services, Romain se dirigeait déjà vers le quai pour emprunter le TGV OUIGO 7621/7622 entre Paris et Nantes (aller et retour) dans ses fonctions de Chef de bord TGV.

Première rencontre matinal avec les collègues avant le départ

Képi de contrôleur sur la tête et tout vêtu de noir, munie d’une valise roulante, le « Chef du Village » comme ses collègues le surnomme, se dirige avec ses collègues sur le quai pour l’embarquement. L’heure de départ étant fixée à 7h 37mn, une demi-heure avant le départ, l’équipe était déjà sur place à bord du TGV et c’est Romain qui est entré en premier pour « inspecter » de fond en comble ce train de huit (8) wagons qui s’apprête à recevoir 1238 passagers. Vérification des portes, externes comme internes, les cabines techniques, les coffres à bagages, les toilettes, l’interphone y compris les provisions en eau. Munie de son sifflet, et tout son mortier de travail (caméra, trousse de sécurité, téléphones portables de service, SNCF Connect, Carnet de bord etc.), le Chef du Village devient donc l’ordonnateur et le seul interlocuteur dans le train. Ses collègues sont sous ses ordres durant tout le voyage. Dans les minutes qui ont suivies son inspection, les passagers ont commencé à regagner leur siège dans le train. C’est une autre équipe de OUIGO qui s’occupe des vérifications de titre de transport. Le Chef de bord TGV quant à lui, est plutôt préoccupé par la communication, la sécurité et l’assistance des voyageurs dans son train.

Echange avec la Responsable Equipe Train/manager, Audrey BARRU avant de prendre le train

Malgré trois minutes de retard dues à une défaillance technique mineure, le TGV a pris le trajet après le sifflet de Romain, sur une distance 342 km pour une vitesse de 320km/h. Romain s’est emparé de l’interphone comme il sait si bien le faire pour une première prise de contact avec les passagers tout en donnant les différentes consignes du voyage. Une présentation dont lui seul connaît son secret. Son intervention est aussi captivante qu’hilarante et permet aux passagers de voyager en étant détendu. Un speech qui s’articule autour des règles de voyage, des services offerts par le OUIGO, quelques consignes de sécurité et des informations sur le trajet. Tout cela teintés d’anecdotes et de phrases divertissantes. Une fois la première intervention, il regagne la voiture 4 réservée exclusivement au personnel de la SNCF, pour un premier briefing avec ses collègues.

Très acclimaté au fonctionnement du TGV, l’ex champion national en natation, sait de façon systématique et à la minute prête, les taches qu’il doit exécuter de façon chronologique. Il maîtrise toutes les étapes à faire au moment de patrouille pendant le voyage. Tous les compartiments sont examinés et revisités à chaque passage. Pour un souci de transparence et de fluidité dans la communication, le Chef de bord et son équipe se communiquent régulièrement pendant le voyage y compris la responsable de la propreté. Toutes les équipes sont en mouvement et scindées en deux groupes. L’une devant la trame et la seconde étaient installée en arrière pour plus de fluidité.

Réglage et mise à jour dans le train avant le départ

La touche identitaire de Romain s’est surtout fait ressentir quand, dans son carnet de bord, il a constaté qu’il y a deux passagers qui sont nés le même jour. Il a donc de façon intercalée, célébrer à sa manière leur jour spécial dans leur voiture respective en compagnie des passagers.

Brefs moments festifs avant les passagers pour la célébration d’un anniversaire

Après avoir souhaité les vœux aux deux voyageurs sur interphone, le Chef du village s’est rendu à leur siège pour entonner le chant d’anniversaire à l’unisson avec les passagers. Comble des choses ; il a offert à tous les passagers du wagon, un bon d’achat valable pour un an. C’est par un tonnerre d’applaudissements et des cris de joie qu’ils ont accueilli la bonne nouvelle.

Inspection de tous les compartiments du train avant le départ

La mission d’un Agent de Service Commercial Train (ASCT) à l’image de Romain Belemtougri, est certes d’assurer la sécurité et la sauvegarde des recettes des services à bord du train, mais aussi de faire le contrôle. C’est cette tâche qui rend certains passagers anxieux. Le contrôle de ticket de transport parfois suivi de la présentation d’une pièce d’identité. De plus en plus, les passagers conservent leurs tickets de transport dans leur GSM et présentent le QR Code aux ASCT. Ces derniers les scannent à l’aide de leur appareil pour s’assurer de leur validité.

Premier échange par interphone avec les passagers

Pour ce périple, ce sont les agents Romain Belemtougri et Livia Belvent qui ont été chargé du contrôle. Dans cet exercice, le même « gentil » Chef de bord TGV qui racontait des blagues dans le train, a changé de caractère. Le ton et les attitudes sont devenus plus posés et draconiens. « Messieurs et Dames, bonjour…vos titres de transport s’il vous plait » … « Monsieur S’il vous plaît ; les communications téléphoniques sont interdites dans le train. Veuillez rejoindre les compartiments autorisés pour les appels ! » … Bref Romain a appliqué systématiquement les consignes édictées. Il est en effet interdit de passer des appels dans le train pour ne pas déranger ses voisins. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il fait des annonces au début du voyage afin d’encourager les passagers à mettre leur téléphone en mode silencieux et à se rendre sur les plateformes pour passer des appels.

Contrôle des titres de transport, la mine change

Ce contrôle se fait au plus, deux fois durant le trajet en fonction des grandes haltes dans certaines villes pour débarquer et embarquer les passagers. « Nous sommes souvent confrontés à des cas litigieux. Soit le passager ne s’est acquitté de son titre de transport ou parfois, il se bifurque dans les voitures pour ne pas se faire repérer. Mais nous arrivons toujours à les dénicher grâce à notre instinct et l’expérience. Dans ces cas-là, nous établissons un procès-verbal et nous prenons des dispositions en vigueur pour se faire payer et la police intervient plus tard… » affirme le Chef du Village (voir son interview exclusive dans ce magazine).

Le trajet Paris-Nantes dans le TGV OUIGO requiers trois escales. Le premier à Angers Saint-Laud, le deuxième à Le Mans et le terminus à Nantes, idem pour le retour. A chaque escale, Romain refait le même parcours pour le contrôle dans les wagons. Les informations sont adressées aux passagers dès qu’il y a un moindre désagrément ou retard du train.

Sifflet entre les lèvres pour annoncer chaque départ

Au cours de ce périple, OUIGO avait entrepris un contrôle renforcé (ticket de transport, pièce d’identité et vérification des dimensions bagage cabine). En effet, selon les règles de voyages dans le TGV OUIGO, il est autorisé 1 sac à main + 1 bagage cabine par voyageur. Le bagage cabine, une dimension maximum de 35 cm de hauteur, 55 cm de largeur et 25 cm de profondeur.

Au cours de ce périple, OUIGO avait entrepris un contrôle renforcé

Ceux qui possèdent des bagages plus grands, paient des frais supplémentaires.  Par conséquent, lors du voyage retour, les agents étaient postés devant les portillons électriques pour contrôler les bagages des passagers qui n’étaient pas en règles. Sachant pertinemment les règles, certains passagers qui n’étaient pas en règles ont été interpellés. D’autres pensaient troubler la vigilance des agents en utilisant la ruse, mais au final, ils ont été obligés de payer des frais supplémentaires sur place auprès de Romain qui encaissait soi, de l’argent cash ou par carte avec un reçu à la clé.

Disponible à offrir des services gratuits aux passagers courtois

Le chemin retour à partir de Nantes a connu le même principe. Une escale au quai de 50 mn et le TGV, après avoir embarqué avec environ 900 passagers, le train N°7622 reprenait son chemin retour pour Paris et desservira Angers Saint-Cloud. Romain Belemtougri est pourtant physiquement méconnu dans le train car, comme tous ses collègues, ils sont discrets dans le train et n’apparaissent que pour des interventions. Le reste du temps, ils occupent leur compartiment. Mais, malgré cela, les passagers essayent durant tout leur voyage, de trouver celui qui les animent dans le train par le biais de l’interphone. Cela devient un jeu d’énigme pour la plupart d’entre eux. A la sortie du train, ils balayaient du regard le personnel de OUIGO à recherche de ce speaker du TGV.

Chaque étape correspond à une séance de débriefing

Ceux qui arrivaient à le dévisager s’approchaient vers lui pour le féliciter en lui adressant des témoignages de reconnaissance tout en échangeant les adresses.  C’est un attroupement de passagers qui s’était aussitôt formé autour de lui au quai de la gare Paris Montparnasse. Chacun descendait du train et le congratulait. « …Romain est quelqu’un de positif. Il représente la joie de vivre incarnée. Il a ramené quelque chose de particulier d’Afrique. C’est-à-dire la bienveillance, le temps, l’écoute, l’accent. Il incarne l’image de l’Afrique. C’est un peu ce sage qui raconte des histoires sous un arbre. C’est quelqu’un de dynamique qui connaît son job et il ne fait pas la différence entre le travail et en dehors du travail. Hormis l’aspect professionnel qui existe entre lui et moi, nous sommes complémentaires. On s’entraide mutuellement car nous sommes animés par la même passion, puisque nous sommes pompiers tous les deux. Il possède le sens de sauver, d’aider les autres et je trouve que c’est important pour ce métier que nous exerçons. Ça nous rapproche. C’est vrai qu’à un moment donné, il avait été découragé par le comportement de certains collègues à cause de leur jalousie. Il était venu me voir tout énervé en me disant qu’il arrête tout. Il m’a présenté sa lettre de démission qu’il voulait donner au chef. Je le lui ai formellement interdit. Car c’est la pression du métier et je lui ai dit de rester comme tel, qu’il continue dans cette lancée sinon, il donnera raison à ses détracteurs. Aujourd’hui, tout se passe bien. C’est comme ça le boulot. Bref, j’admire son dynamisme » témoigne son collègue Axel DOUARD (ASCT) et ami au service.

Le Chef du Village est souvent recherché dans le train par ses passagers

Prévu entrer à la gare de Paris Montparnasse à 12h57, le TGV OUIGO N° 7622 est arrivé pile à l’heure ! Malgré un bref arrêt lors du trajet dû à un incident mineur dans une gare intermédiaire.

« …J’avais voyagé avec lui dans le même train qu’une seule fois. Je trouve Romain extraordinaire ! C’est un monsieur doté d’une grande générosité. Il est fantastique et très humble. Je pense que ça fait partie de son ADN. Je suis presque admirative par sa joie de vivre. C’est surtout grâce à ses origines africaines qu’il puise cela. Personne ne peut le lui enlever. C’est surtout ça qui fait son identité. Aujourd’hui, ça fera la deuxième fois que nus travaillons ensemble dans un même train. Je savais qu’il aimait bien son travail et j’en ai eu aujourd’hui la preuve » affirme Audrey BARRU, (Responsable Equipe Train/Manager) qui a voyagé avec lui de façon imprévue.

A tous les terminus, il est sollicité par les passagers

Ce voyage presse a surtout été rendu possible grâce à la cellule presse de la SNCF avec l’autorisation de Paul Bilaine (Responsable relations presse) et l’appui administratif de Ret Cathérine. Il a fallu plus d’un mois d’échanges et de report pour trouver une date convenable.

Le personnel de OXYGENE MAG tient également à remercier le Ministère de la Communication, de la Culture, des Art et de Culture burkinabè qui aura facilité notre reporter à effectuer ce voyage de France pour participer au Festival de Cannes, qui a abouti à ce reportage d’un compatriote burkinabè vivant à Paris. Les remerciements reviennent également à l’Ambassade de France au Burkina Faso qui aura facilité l’obtention du visa au reporter de votre journal.

 

Hervé David HONLA à Paris.       

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