FLOBY : Au-delà du 30 juin
Edito

FLOBY : Au-delà du 30 juin

Cette date est mémorable pour la République Démocratique du Congo, car elle avait proclamé son Indépendance le 30 juin 1960 à Léopoldville, en présence du roi Baudouin, du Président Kasavubu et du Premier Ministre Patrice Lumumba.

Pour le Burkina Faso, le peuple dans sa grande globalité découvrait le 30 juin 2006, un artiste musicien qui allait déferler la chronique avec son premier album « Maam Sooré » (Ma voie).

30 juin 2006 – 30 juin 2024 ça fera exactement dix-huit ans (18) que Florent Belemgnegre dit Floby domine sans partage la scène musicale burkinabè. C’est un artiste dont le talent ne souffre d’aucune contestation, pour la simple raison qu’il possède une bonne technique vocale et il chante juste. Il est surtout doté d’une grande sensibilité artistique et musicale. Ce qui lui confère cette grande créativité et cette forte capacité à créer et inventer des mélodies envoutantes si bien que ; même un aborigène ou un mésopotamien peut danser sa musique.

Le Burkina Faso en général, peine à avoir une sensibilité particulière sur les œuvres artistique de nos créateurs. Notamment dans ce qui est de plus profond, singulier et original. C’est ce que j’appelle de « la fibre artistique ».

Si un pays comme la RD Congo qui célèbre chaque 30 juin, son indépendance, voue une admiration démesurée sur ses artistes tels que ; Papa Wemba, Fere Gola, Fally ipupa, Tshala Muana, Lokua Kansa, Pepe Kallé, Awilo Logomba, Marie Daulne pour ne citer que ceux-là, c’est parce que chaque citoyen a su développer en lui, une culture musicale et surtout une sensibilité particulière pour la musique de leurs compatriotes. « La musique congolaise ou rien ! »

Malheureusement au Burkina, on ne se contente que du factuel, de ce qui est évanescent. On fera ce que j’appelle du « bigotisme musical ». C’est faire semblant d’accompagner et de soutenir une nouvelle œuvre d’un créateur, faire le buzz d’un concert à venir avant le spectacle. Mais après, l’abandonner sur son triste sort une fois l’œuvre sortie, voire le calomnier et jouer aux abonnés absents.

La culture dithyrambique, du vedettariat, du fanatisme ou du séidisme autour d’une célébrité musicale n’existe pas. Car une icône comme Floby devrait défrayer la chronique ; à sa moindre sortie, à la moindre déclaration publique ou à l’annonce d’un spectacle. Ses contrats devraient être hors de prix voire faramineux (C’est aussi ça le prix à payer du showbiz). Surtout, il porterait hors de nos frontières, le flambeau de la musique Burkinabè ; au Hollywood Bowl à Los Angeles, au Gorge Amphitheatre à Washington, au Palais des Sports de Grenoble ou encore à l’Accor Arena à Paris.

Mais en attendant, préparons-nous à recevoir comme il se doit, son 7è album le 30 juin prochain à Ouagadougou.

Pourtant cette fois-ci ; ça ne sera pas tout…

Hervé David HONLA

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