Fade Adams (Artiste musicien) : « On ne peut pas évoluer en faisant de la copie ».
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Fade Adams (Artiste musicien) : « On ne peut pas évoluer en faisant de la copie ».

Ensemble on est plus fort” le tout dernier single de l’artiste reggae man Fadé Adams, sorti officiellement le 6 mars 2024

Une magnifique chanson qui appelle les filles et les fils du pays au vivre ensemble, à la cohésion sociale. Reçu le jeudi 18 Avril 2024 par OXYGENE MAG au cours des échanges, l’artiste est revenu sur sa dernière sortie, son parcours et ses projets à venir.

 

Comment pouvez-vous vous présenter ?

Mon nom à l’état civil est BAYOULOU Adama, Fade Adams comme nom d’artiste reggae man Burkinabè. Je suis né en République de Côte d’Ivoire.

 

Le virus de la musique à quel moment as-tu été contaminé ?

J’ai fait tout mon cursus scolaire en terre ivoirienne où je découvre ma passion pour la musique. C’est donc, dès le bas âge à l’école au moment du style « woyo » battait son plein, je m’amusais à entonner les chansons. On jouait cette musique dans les lycées et collèges et surtout dans les quartiers. Arrivé à un certain moment ; quand j’ai eu vraiment envie de faire la musique, j’ai opté plutôt pour le reggae. Ma première est sortie en 1998, après cela mon père ne voulait pas que je fasse la musique, car c’était l’école ou rien. J’ai fini par convaincre mon père et il a même participé à la production de mon premier album qui est sorti en Côte d’Ivoire en 2008. Je suis venu au Burkina Faso et j’y suis resté. J’ai rencontré sur mon chemin des grands noms de la musique africaine comme : Ahmed Farras, Larry Cheick, Aïcha KONE, Chantal Taïba etc.

 

Parle-nous de ta Discographie. Fade possède combien d’albums ?

Je possède trois albums. Le premier album de 10 titres sorti en 2008 intitulé « Qui es-tu », un deuxième album « Où suis-je » avec 2 titres plus la reprise du premier album sorti en 2012, un troisième album « Révisons notre comportement » avec 4 titres sorti en 2019. Je reviens en 2024 avec un nouveau single qui prône la cohésion sociale pour dire que c’est ensemble qu’on est plus fort et c’est encore ensemble qu’on ira loin.

 

Comment est né ce single “ Ensemble on est plus fort” que tu viens de mettre sur le marché ?

Arrivé à un certain moment, il fallait appeler l’Homme que nous sommes à l’ordre sur son comportement. Toute dérive est dû au comportement. Il faut prendre conscience de l’importance d’être ensemble pour bâtir ce pays. Lorsqu’on voit tout ce qui se passe actuellement ; c’est né du comportement humain. Par conséquent, il faut interpréter le citoyen à revenir à lui-même et surtout, à adopter un comportement supérieur. Ce qui va l’amener à avoir un amour pour son prochain, le tendre la main et s’unir. Les valeurs humaines sont regroupées autour de l’amour, la paix entre nous, la cohésion sociale. C’est dans ce sens que j’ai chanté « Ensemble on est plus fort » car c’est ensemble également qu’on ira loin.

 

Quel avenir donnes-tu à ce single ?

Après ce single, je projette à court terme, sortir un autre album pour réactualiser ma présence dans la musique. Cela fait un long moment surtout avec tous ces événements. J’étais en dehors des radars donc ce single viens annoncer mon retour. L’album est presque prêt et ensemble nous allons apporter notre contribution pour rendre ce monde encore meilleur.

 

Quelles sont les difficultés que tu rencontres en tant qu’artiste ?

Je rencontre beaucoup de difficultés qu’on ne pourra pas finir de parler. Vous voyez la musique au Burkina Faso, le showbiz en particulier est vraiment souffrant pour la simple raison que l’artiste n’a plus de producteur. Les gens jonglent pour faire ses œuvres et en plus de cela, il faut se confronter à la promotion avec tout ce qu’on a médias… Je profite également demander aux journalistes de nous soutenir. On a besoin d’être ensemble, car les vrais collaborateurs ce sont les médias. En plus, nous avons de sérieux problème de scènes. C’est difficile d’avoir des spectacles pour s’exprimer. Dans notre pays il n’y a pas de scène, pas d’espace d’expression des artistes. Tout est restreint et très clanique. Si on regarde à Ouagadougou même ; il n’y a pas d’espace voilà pourquoi les gens se concentrent sur des festivals. Ces festivals montés de toutes pièces qui ternissent l’image de l’artiste. Ainsi, le fait de tourner dans les festivals, on ne peut plus faire de grands concerts parce que les gens ne font que nous voir tout le temps dans des petites scènes. Pourtant le mythe de l’artiste aussi cela fait partie de sa carrière. Si le mythe est là, l’artiste peut remplir les stades.

 

Au regard de ces difficultés, as-tu pensé à abandonner la musique ?

Non ! Je n’ai jamais pensé à abandonner la musique parce qu’elle vit en moi. Je l’ai choisi comme un métier. Même si je fais autre chose en dehors la musique et malgré les difficultés.

 

 

Quel est la différence entre un artiste qui possède un producteur et celui qui n’en possède pas ?

L’artiste qui possède un producteur a beaucoup davantage que celui qui n’en possède pas. Le producteur met tous les moyens afin que l’artiste et son œuvre soient connus de tous. Par contre l’artiste qui n’a pas de producteur dont j’en fais partie, est laisser à lui-même. C’est lui qui fait tout et ses limites de compétences sont limitées. Il n’a même plus le temps de se concentrer à sa création. La musique c’est une industrie, c’est de l’investissement. Dans notre pays, il n’y a pas assez de producteurs, pourtant les artistes ont besoin d’accompagnement.

Que penses-tu de la musique burkinabè ?

La musique burkinabè n’évolue pas. On ne peut pas évoluer en faisant de la copie. J’invite les artistes burkinabè à garder et à valoriser leur identité. La seule façon de promouvoir notre musique, c’est de retourner aux sources. Malheureusement, quand tu joues ailleurs avec une musique qui ne te ressemble pas, il n’y pas d’engouement parce que tu fais de la musique des autres. On ne pourra jamais évoluer dans ce contexte.

 

Quels sont tes rapports avec tes collègues artistes ?

Je n’ai pas de problème avec un artiste. Je ne fais pas de rivalités musicales avec quelqu’un. Je suis Fadé et c’est tout ! Les autres sont eux ! Maintenant je ne sais pas si quelqu’un a un problème avec moi. Je suis réservé dans mon coin, je travaille et je vise mes objectifs. Je m’éloigne pour travailler réfléchir et planifier sur ma carrière. Je n’ai de problème avec personne et chacun brille à sa façon.

 

Ton mot de fin

Je souhaite paix, amour et cohésion sociale pour le Burkina Faso. Que les activités reprennent sur tout le territoire national.

Propos recueillis par Gisèle BELEM.

 

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