Mathias Fanho (1er producteur togolais) : ” On ne produit pas un artiste par pitié”
Regards

Mathias Fanho (1er producteur togolais) : ” On ne produit pas un artiste par pitié”

Nous sommes allés à la rencontre du pionnier du showbiz Togolais, Mathias Fanho, PDG de la structure FAMATH PRODUCTION ici à Lomé. Il a été distingué à plusieurs reprises dans de nombreux pays francophones, lusophones et anglophones en Afrique.

Cette bibliothèque du showbiz a bien voulu nous recevoir malgré le calendrier de campagnes électorales qui bat son plein au pays de Faure Gnassingbé dans sa structure le 18 avril 2024.

Entretien exclusif !

 

Vous n’êtes plus à présenter. Vos débuts néanmoins dans le showbiz ont aussi commencé par le Burkina…

Je suis dans le milieu de l’industrie du disque depuis bientôt 25 ans et j’ai connu le Burkina Faso notamment Ouagadougou d’abord en 2001 ensuite en 2003. L’hospitalité et surtout la sincérité des hommes et femmes dans ce pays ont énormément contribué à forger ma carrière. Aujourd’hui je connais beaucoup d’artistes et d’acteurs culturels burkinabè à l’instar de Jah Press, Floby Belemgnegre , Yellen et notamment Smarty et bien d’autres… Le Burkina et le Togo peuvent former un brassage culturel pour faire avancer notre industrie du spectacle

 

Beaucoup de producteurs de votre promotion ont presque tous jeté l’éponge, mais vous gardez toujours la flamme. D’où vient cette passion ?
Pour embrasser tout métier, il y a d’abord la passion et surtout le don. Beaucoup ignorent que le don est bel et important. A une certaine époque notamment dans les années 90, je faisais de la danse professionnelle et je dansais pour le groupe congolais EXTRA MUSICA. Plus tard, je me suis lancé dans la production des artistes, le management et surtout le booking. Aujourd’hui, certes j’y suis toujours mais j’ai ajouté d’autres cordes à mon arc.  Je fais beaucoup dans la transmission de compétences.

“Je connais beaucoup d’artistes et d’acteurs culturels burkinabè ” Dixit Mathias FANHO

 

Quel est votre regard sur cette nouvelle forme de production et d’émulation des artistes de façon spontanée ?
Ce que je dirais à cette nouvelle génération, c’est de ne pas perdre les pédales. Il faut toujours tout planifier et apprendre. Aller vite de façon précipitée, conduit toujours dans le précipice. A notre temps, il n’y avait pas les réseaux sociaux et toutes ses contenus digitaux, mais, l’industrie du disque se portait à merveille. Les nouvelles technologies devraient plutôt être pour eux, une aubaine pour allier ; la formation, le talent et les nouvelles technologies du numérique. Mais les artistes aujourd’hui ne prennent que les NTIC et laissent ce qui est plus important : la formation. Ensuite je demande surtout aux artistes de respecter les producteurs. Un producteur ne produit pas un artiste par pitié ou par complaisance. C’est par ce qu’il aime tes œuvres qu’il te produit. La Starmania c’est avant tout le respect !

“Un producteur ne produit pas un artiste par pitié ou par complaisance”


C’est vrai que la collaboration existe, mais comment voyez-vous concrètement cette collaboration artistique entre le Burkina Faso et le Togo ?

Nous sommes tous des africains. On doit forcément la faire ! Mais tout dépendra aussi de vous les journalistes. Car si vous écrivez régulièrement dans vos colonnes sur les avantages et objectifs du brassage culturel, les acteurs culturels le feront. Togo et Burkina sur un feat, ça va forcément cartonner. Je prends un simple exemple : imaginez une collaboration musicale Floby/Toofan ; c’est un succès mondial assuré ! Ou encore Smarty/Sandrinos c’est l’hécatombe ! Ou bien Tanya avec Toofan c’est un séisme musical ! Il faut juste de la volonté. On n’a vraiment plus besoin d’aller chercher des grosses maisons de production en Europe qui ne fonctionnent même plus. Il faut simplement que nous travaillons unie et à la chaîne comme le fait aujourd’hui le Nigéria qui est devenu une grosse industrie mondiale du disque. Aujourd’hui c’est eux qui fixent leur devise dans le monde. Donc nous comptons aussi sur vous les journalistes (rires).

Hervé David HONLA

 

 

 

 

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