CINEMA : La question de genre dans l’armée vue par Rakis KABORE
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CINEMA : La question de genre dans l’armée vue par Rakis KABORE

La structure cinématographique Pub Neere dirigée par Rakis Rodrigue KABORE a présenté son sixième long métrage intitulé « LIONNE » le 07 avril au siège du FESPACO. Un film qui fait la part belle à la bravoure des femmes dans l’armée.

 

Rakisyaoba Rodrigue KABORE, Producteur/Réalisateur

 

Bien avant le XXe siècle, la présence des femmes dans l’armée n’était pas admise. Pour bons nombres de leaders, le port des armes était considéré comme incompatible avec la féminité. C’est après le XXe siècle que débute véritablement la féminisation des armées dans le monde.

Au Burkina Faso, si la lutte pour la reconquête du territoire nationale bât son plein en ce moment, il n’en reste pas moins que la part des femmes dans l’armée reste encore bien en-deçà de celle des hommes. Les normes sociales et les interdictions formelles ont servi à exclure les femmes des forces armées, tandis que les hommes étaient censés se battre, tuer et mourir au combat. Ces dernières années cependant, le nombre de femmes combattant au front a considérablement augmenté et la tendance est à l’intégration d’un plus grand nombre d’entre elles dans notre armée nationale.

En réalisant son sixième long métrage, Rodrigue KABORE a voulu donc à la fois s’appesantir sur ses conflits armés provoqués par l’extrémisme violent et la place de la femme dans cette armée. C’est un synopsis qui prend forme quand une jeune fille destinée à devenir architecte, éprouve plutôt le désir d’entrée dans l’armée. Malgré les réticentes de son père qui finira par abdiquer, son unique enfant se retrouve dans un engrenage d’intrigue : agression, violence, tentative d’assassinat, corruption et conflits genre.

L’héroïsme, l’audace et la sérénité de la jeune femme est mise en avant dans ce long métrage avec surtout des grands noms et grands visages du cinéma burkinabè. On peut citer entre autres : Augusta Palenfo, Serges Ouédraogo ou encore Issa Ouédraogo. « LIONNE » a le mérite de magnifier davantage le jeu d’acteur de certaines icônes de notre cinéma y compris des jeunes qui s’illustrent admirablement.

 

PUB NEERE a choisi fortuitement la salle « mystérieuse » et inachevée du FESPACO pour présenter « LIONNE ». Des personnalités non des moindres à l’instar de sa Majesté le Wogddo Razang Naaba Poulma, Franck Alain Kabore, les artistes Zougnazamda, Tanya et de nombreuses figures de proue du cinéma burkinabè n’ont pas marchandé leur présence. Le Ministère de la Communication, de la Culture des Arts et du Tourisme a salué le choix de cette thématique d’actualité et surtout la place qu’occupe la Femme dans ce film.

Néanmoins, ce sixième long métrage a connu quelques frigidités et manquements. Notamment au niveau du maquillage sur certaines scènes (coups et blessures, impacts de balles etc.). Des scènes d’actions sont assez frêles, sans effets spéciaux dans le maniement des armes. Un scénario complexe et enchevêtré.  Des plans de scènes superposés avec des difficultés techniques au niveau du son.

Toujours est-il qu’au regard de ce scénario, le réalisateur nous conduit vers une suite probable de « LIONNE ». Le suspense reste donc toujours entier. Mais en attendant, ce film passera dans les différentes salles de cinéma au Burkina pendant un (1) mois.

Hervé David HONLA

 

 

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