SNC 2024 : 41 années d’endurance
Edito

SNC 2024 : 41 années d’endurance

Du 27 avril au 4 mai 2024 à Bobo-Dioulasso se tiendra la 21è édition de la Semaine Nationale de la Culture (SNC) sous le thème : « Culture, mémoire historique et sursaut patriotique pour un Burkina nouveau ». Cette biennale culturelle est toujours à la recherche d’une meilleure formule en termes d’organisation.

 

 

La valorisation du patrimoine artistique et culturel national est la principale mission de la SNC. C’est depuis 1990 qu’elle s’est installée à Bobo-Dioulasso, mais c’est en 1983 sous l’égide du Président Thomas Sankara que cette biennale a été instauré.

Devenue aujourd’hui l’une des manifestations culturelles phares du Burkina Faso, la SNC est conçue en deux grandes activités : Un secteur organisé autour du Grand Prix National des Arts et des Lettres (GPNAL). Qui est en somme, une compétition en Art Plastique, en Art du spectacle, en Littérature et en sports traditionnels et enfin en Art culinaire. Le second volet gravite autour des activités festives, foires, conférences-débats, les plateaux off, les activités littéraires et artistiques etc.

 

Ce qui fait le charme de la SNC, c’est indubitablement, les compétitions du GPNAL. Elles sont organisées autour de cinq catégories comportant chacune des disciplines. Elles se déroulent en deux phases concrétisées par les Semaines Régionales de la Culture (SRC) qui se déroulent dans les années impaires et conduisent vers la grande phase finale qui se déroule pendant la SNC.

Christiane SANON, Directrice Générale de SNC

 

Choisir une période lors d’une biennale pour promouvoir le rapprochement et le brassage harmonieux des différentes formes d’expressions culturelles du Burkina Faso, c’est une activité qui est encore plus d’actualités en ce moment, au regard des disparités qui gagnent du terrain. En décidant de maintenir cette biennale dans les normes et dans sa périodicité habituelle, l’Etat burkinabè, voudrait davantage renforcer la coopération artistique et culturelle en plaçant la Culture au centre de la cohésion sociale.

Pour cette 21è édition, c’est près de 1600 artistes qui sont attendus à la SNC ! Au regard donc du nombre pléthorique d’artistes, de groupe et des ensembles artistiques attendus pour cette phase finale, il y a lieu que les différents acteurs de chaque province s’investissent résolument pour la réussite de cet évènement. Notamment à travers l’accompagnement des acteurs et artistes de leur région au niveau du transport, de la logistique et même de la pris en charge. Car les artistes viennent concourir au nom de leur région. Dans le Centre-Nord par exemple, la Directrice Régionale de la Culture, madame Safiata Oubda a lancé un appel aux ONG, aux personnes et structures de bonnes volontés de la région, de venir en aide aux 117 acteurs et accompagnants qui prendront par à la SNC pour le compte de la région.

Safiata OUBDA, Directrice régionale de la Culture du Centre Nord

 

En 2018, plus exactement du 04 au 05 octobre 2018 se sont tenues les Etats Généraux de la SNC sous l’égide du Ministre de la Culture et du Tourisme de cette époque, Abdoul Karim Sango. Beaucoup de choses avaient été dites lors de ces 48h de conclaves qui avaient d’ailleurs abouti à des recommandations fortes en vue de redynamiser cette biennale. Voici ce qui avait été énoncé comme résolutions :

  • L’amélioration du cachet et les conditions d’hébergement des artistes,
  • La fusion entre la SNC et la Maison de la Culture,
  • La réintroduction des danses d’inspiration traditionnelles dans les compétitions,
  • La prise d’une résolution par l’administration d’assurer la promotion et la consommation des productions culturelles artistiques et littéraires dans tous les espaces publics…
  • Amélioration des conditions d’hébergement des artistes
  • Production de manuels didactiques,
Pose de la première pierre de la cité des artistes en 2023

 

Aujourd’hui, la fusion SNC/Maison de la Culture a été effectif dans le but de répondre à plus d’efficacité et de rationalité. Dirigée par Madame Christiane Sanon.  Quant à l’amélioration des cachets et l’hébergement des artistes, l’espoir et la patience restent le seul leitmotiv. A la 20è édition de la SNC en avril 2023, une cérémonie de pose de la première pierre de la cité des artistes avait eu lieu en présence du Premier Ministre Apollinaire Joachim Kyélem de Tambèla. Il est donc prévu qu’en plus de permettre aux artistes de se loger convenablement pendant les évènements culturels majeurs à Bobo-Dioulasso, cette cité des artistes offrira également, des espaces de créativités. C’est donc une cité qui aura plusieurs fonctions pour coût estimé à plus de 12 milliards de F CFA sur un terrain d’une superficie de 44 571 m2 dans les faubourgs de Sarfalo au secteur 18 de la ville de Bobo-Dioulasso. Cette cité des artistes comprendra 10 salles de répétition, 4 studios de création, un bloc administratif, un compartiment d’hébergement de plus de 2000 lits, 10 ateliers, 10 boutiques, un restaurant de plus de 1000 places, deux aires de spectacle plein air, une salle de spectacle de 641 places, une aire de sport, une infirmerie, un parking intérieur et extérieur.

le Ministre d’Etat de la Communication, de la Culture, des Arts et de la Culture, Rimtalba Jean Emmanuel Ouedraogo

 

La gestion transparente et efficience de la SNC ces dernières éditions suscite quelques inquiétudes, notamment au niveau de certaines commissions. La compétence et la diversité culturelle laissent place au favoritisme et au régionalisme. Ce n’est pas par ce que la SNC a élu domicile à Bobo-Dioulasso quelle appartient exclusivement ressortissants de cette région. Un tel évènement a besoin des prestataires privés compétents qui travaillent en synergie et transparence avec l’Etat. Pour cette édition, le Ministre d’Etat de la Communication, de la Culture, des Arts et de la Culture, Rimtalba Jean Emmanuel Ouedraogo aurait pris des résolutions fermes afin que les filouteries antérieures ne se reproduisent plus.

L’autre objectif majeur de la SNC c’est la promotion des lauréats. Un accent particulier et un suivi conséquent doivent être mis dans leurs productions.  Dommage que la promotion se limite uniquement dans les apparitions sur les médias publics. Pourtant, un programme annuel de prestations nationales et internationales devrait être mis en branle dès la clôture de la SNC, jusqu’à prochaine édition.

Malgré la situation sécuritaire toujours préoccupante, les objectifs principaux de la SNC n’ont jamais changé. La sélection des représentants des 13 régions du pays pour la phase finale a connu un franc succès. A en croire le bilan artistique dressé par Christiane Sanon de la Semaine Régionale de la Culture, les troupes et les ensembles artistiques y compris les sportifs, se sont massivement mobilisés pour pendre part aux sélections régionales. C’est une preuve tangible de résilience de nos artistes. Cette 21è édition sera en plus réhaussée par la présence des compatriotes vivant en République de Côte d’Ivoire et du Mali qui ont participé à la SRC.

Dans vingt et un (21) jours, nous rentrerons de plein pied dans cette 21ème édition de la SNC tout en espérant que cette édition va enfin excommunier les oiseaux de mauvais augures qui voltigent à chaque biennale sur la SNC.

Hervé David HONLA

 

 

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