SNC 2024 : Les PDI du Centre-Nord seront dans l’arène
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SNC 2024 : Les PDI du Centre-Nord seront dans l’arène

La Directrice Régionale du centre-Nord Mme Safiata Oubda s’est volontaire prêtée aux questions de OXYGENE MAG le 3 avril pour dresser le point des préparatifs des acteurs culturels de sa région à 23 jours du lancement de la Semaine Nationale de la Culture qui aura lieu du 27 avril au 4 mai 2024 à Bobo-Dioulasso.

 

 

Comment le Centre-Nord se prépare pour la Semaine Nationale de la Culture ?

Nous avons commencé les préparatifs depuis belle lurette, certes difficilement car la plupart des acteurs sont des Personnes déplacées Internes (PDI). Pendant les préparatifs de la Semaine Régionale de la Culture, cet évènement a vraiment été un défi pour toute la région et la Direction régionale de la Culture. Parce qu’il fallait reconstituer et recomposer et restructurer les troupes des provinces du Bam, Sanmentenga et Nanmentenga. Le contexte sécuritaire a rendu plus complexe la tenue de la Semaine Régionale de la Culture (SRC). A deux ou trois jours avant le démarrage des régionales, nous avions eu des attaques obligeant certaines troupes à ne pas effectuer le déplacement. Nonobstant ce contexte délicat, nous avons pu tenir la SRC. Je saisie l’occasion pour saluer le monde culturel notamment ces hommes et femmes. Car au-delà de ses difficultés, ils ont tenu à être présents l’ors de la semaine régionale de la Culture. En mon sens, c’est déjà une forme de résilience. Nous avons pu avec l’appui des autorités administratives, coutumières et religieuses, tenir cette semaine régionale de la Culture qui s’est déroulée à Kaya le 15 octobre 2023. C’est à l’issue de cette Semaine régionale de la Culture qu’on a pu avoir la liste des qualifiés pour la SNC 2024. Depuis fin octobre jusqu’à ce jour, nous sommes en répétition. Les équipes techniques s’activent sur le terrain.

 

Quelles sont les disciplines qui ont été retenu dans le Centre-Nord pour la SNC ?

En effet nous avons eu les ambassadeurs dans toutes les disciplines. Au niveau de la catégorie Art du Spectacle, de la Lutte traditionnelle, de l’Art culinaire…bref toutes les composantes ont été représenté. Chose que lors de l’édition antérieure, on n’avait pas les ambassadeurs dans toutes les catégories.

Les acteurs culturels qui participeront au compte du Centre-Nord pour la SNC sont au nombre de combien ?

Nous sommes au nombre de 117 acteurs culturels y compris les accompagnants. Sinon que la compétition concerne 97 artistes.

“Je lance donc un vibrant appel aux bonnes volontés qui voudraient soutenir ces PDI”

 

Comment votre direction se prépare-t-elle au niveau du transport, l’hébergement, la logistique etc. ?

Ça se prépare difficilement certes. Mais nous avons espoir, car au nveau du ministère, les choses prennent forme. Actuellement, nous sommes au stade de recherche des cars qui pourront transporter les artistes à Bobo-Dioulasso. Vu le nombre très élevé des artistes pour cette édition, c’est très difficile par ce que l’université ne dispose que de deux cars de trente places et la SNC coïncidera sans doute à la période de l’USSUBF. Par conséquent, il sera pratiquement impossible de réquisitionner les cars de l’Université. Les difficultés que nous rencontrons sont les suivantes ;

  • Le problème de transport
  • Le renouvellement des accoutrements des troupes surtout nous avons à notre sein, plusieurs personnes déplacées internes. Il faudra donc leur trouver des tenues appropriées pour les compétitions. Je lance donc un vibrant appel aux bonnes volontés qui voudraient soutenir ces PDI

 

Il est connu de tous que le Centre-Nord regorge de nombreuses ONG. Est-ce que la Culture bénéficie de leur accompagnement ?

Je confirme que le nombre des ONG est très élevé dans notre région. Mais malheureusement le secteur culturel ne bénéficie pas toujours de leur accompagnement. C’est l’occasion ici pour nous, d’interpeller toutes les ONG qui œuvrent dans la région, de soutenir le secteur culturel. C’est bien de secourir les gens et de les approvisionner, il serait aussi très recommandé de penser aussi à la Culture car peut-être que ces personnes ont déjà tout perdu. Il y a un adage chez nous qui dit que : « La Culture c’est tout ce qui nous reste quand on a tout perdu ». Ces personnes ont déjà tout perdu. Je pense qu’en finançant les activités culturelles, nous pourront permettre à ces personnes de se retrouver, de panser les plaies et aussi dans une moindre mesure, de freiner la montée de l’extrémisme violent.

” Kaya c’est une ville qui bouge et nous avons utilisé la Culture comme une arme contre la montée de l’extrémisme violent”

 

Comment avez-vous persuadé les PDI à participer à la SNC ?

Pour être sincère, la Direction régionale de la Culture n’a pas fait un travail majeur dans ce sens. Je pense que ces femmes et ces hommes sont de vrais patriotes ! Ils ont eux-mêmes décidé de participer en se constituant en groupe de différentes disciplines afin de montrer aux yeux de tous qu’ils sont résilients. Kaya, le Bam, le Namentenga et autres vivent toujours. Réellement, nous n’avons pas fait un gros travail.  Ils ne viendront pas en tant que PDI mais comme des artistes du Centre-Nord à part entière. Ils sont fiers de montrer aux yeux du monde que la Région du Centre-Nord reste debout et que dans un avenir proche, la paix reviendra.

 

En tant que représentante de la Culture du Centre-Nord, comment se porte ce secteur dans votre région ?

Avec tout le respect que je vous dois, nous vivons bien à Kaya ! Il y a toujours des activités culturelles et nous continuons à vivre. Artistiquement parlant, il y a toujours des activités culturelles. Kaya c’est une ville qui bouge et nous avons utilisé la Culture comme une arme contre la montée de l’extrémisme violent. Nous utilisons également la Culture pour déconstruire les mentalités, pour déconstruire les chocs post traumatiques et nous utilisons encore la Culture pour panser les plaies pour permettre aux hommes et femmes d’avoir de l’espoir. Comme le Ministre d’Etat de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Rimtalba Jean-Emmanuel Ouédraogo l’avait dit ; je cite : « Les militaires gagneront la guerre et la Culture la paix »

Hervé David HONLA

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