Entreprises musicales : 1 324 648 300 FCFA à rechercher pour stimuler le développement de la filière
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Entreprises musicales : 1 324 648 300 FCFA à rechercher pour stimuler le développement de la filière

Depuis Jeudi 22 février, une nouvelle au conditionnel coure les rues dans la capitale burkinabè, notamment dans la filière musique. « Des acteurs culturels auraient empoché 1 milliard à la Chambre de Commerce ». Pour davantage avoir le cœur net, OXYGENE MAG a fait une immersion dans les bureaux de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Burkina Faso (CCI-BF) toute la matinée du 26 février pour élucider cette information.

 

L’accueil et l’hospitalité des agents et responsables de la Chambre de Commerce d’Industrie du Burkina Faso (CCI-BF) a facilité notre reporter. Pas un bureau ne lui a fermé les portes. De la guérite au Directeur des Etudes Stratégiques en passant par la courtoise de la responsable des services de la communication, y compris les instructions de la DGA, votre magazine s’est vu gratifier de toutes les réponses et des documents y afférents.

La mission régalienne de la CCI-BF, c’est d’accompagner les entreprises. Elle est habilitée à représenter devant les pouvoirs publics, les intérêts généraux du commerce, de l’industrie et des services. Elle assure donc une triple mission : consultative, représentative et administrative. C’est également cette une institution qui a reçu pour mandat, public d’accompagner le développement du secteur privé. Elle fédère donc toutes les organisations d’appui aux entreprises.

 

En ce qui concerne la floraison des Industries Culturelles et Créatives (ICC), la CCI-BF s’est rendue compte que ce secteur des ICC n’était pas représenté en son sein. Pour la simple raison, que pendant longtemps, au niveau du secteur privé de la Culture, il n’y avait pas encore une organisation formelle. C’est depuis 2016 que les Industries Culturelles et Créatives font partie de la CCI-BF. Nul n’ignore de nos jours que ce secteur fait vivre et créé des emplois. Les ICC contribuent donc de plus en plus à l’activité économique du pays. En 2126 avec les élections, il y a eu donc pour la première fois, des représentants du secteur des ICC au sein de l’Assemblée Consulaire de la CCI-BF.

Des instructions se sont succédées au niveau des équipes techniques pour développer des services d’accompagnement fiables pour ce secteur. C’est dans ce sens que l’équipe technique de la Chambre de Commerce a imaginé des mesures d’accompagnement idoines. Dans ce dispositif d’accompagnement du secteur culturel ; la CCI-BF a fait le constat suivant : Il y a beaucoup plus d’organisations à but non lucratif, notamment les associations. Pourtant au niveau de la Chambre de Commerce, ils ne peuvent pas accompagner les associations mais uniquement les entreprises.

Ils ont décidé après réflexion, de recenser les entreprises culturelles qui se créent de façon formelle. Cela a donc été une bonne base afin de s’appuyer sur ces entreprises-là. Des formations se sont multipliées à partir de ce noyau. Ceci dans le but de mieux les présenter aux institutions de financement, notamment les banques, les organismes internationaux etc.

Entre les coups de fils de ses supérieurs, Idrissa KABORE a tenu répondre à nos questions

La CCI-BF pour information, n’est pas une structure de financement. Les services que la CCI-BF offrent sont purement non financiers, mais elle peut accompagner les entreprises à obtenir des financements. C’est donc une forme cluster qui est un regroupement d’entreprises culturelles privées et publiques qui accompagnent ses acteurs dans le développement de leurs projets artistiques et culturels. L’objectifs était donc de les accompagner à identifier leurs priorités de développement. Elles devraient donc élaborer un document de projet et c’est à partir de ce document que la CCI-BF pourrait envisager d’approcher les banques, les organismes de coopération ou encore d’autres institutions financières. Si certains volets du document les intéressent, ils pourront allouer des fonds.

L’idéal serait que ; si ces institutions se rendent compte que les ICC sont mieux organisées et que derrière elles, il y a des structures crédibles qui les accompagnent et qu’elles possèdent en leur sein des personnes de référence dont elles peuvent faire confiance, les financements sont acquis.

C’est donc dans ce sens que la CCI-BF a accompagné ces ICC, pas seulement celles de la musique, mais aussi de la filière mode et design créatif et la filière Cinéma, audiovisuel et image animée. Tout ceci uniquement dans la région du Centre.

“La CCI-BF pour information, n’est pas une structure de financement” Précise Idrissa KABORE, (Directeur des Etudes Stratégiques)

 

Chaque filière s’est donc réunit et a identifié des leaders dans leur secteur d’activité. La CCI-BF les a accompagnés dans la mise en œuvre de leur projet en fonction de leur méthodologie. Au final chaque filière a élaboré son document de projet. (Conf. Photos de l’article). C’est avec ce document qu’elles mettront en place un groupe pour le porter, soit par exemple à la Mairie de Ouagadougou sur un volet bien précis qui les concerne dans leur plan de développement afin de les allouer une ligne budgétaire. « Si dans leur projet, il est question de rénover le Jardin de la Musique Reemdoogo ou le CENASA. Si la mairie a de l’argent, elle peut défalquer » explique Idrissa KABORE (Directeur des Etudes Stratégiques) qui a expliqué de fond en comble à notre reporter, l’historique du financement des ICC.

dans le projet grappe de la filière musique, il est entre autre question de rénover le Jardin de la Musique Reemdoogo

 

Au regard donc du dynamisme de ces trois secteurs, la Chambre de Commerce et d’Industrie du Burkina Faso leur a proposé de désigner des représentants pour une première réunion d’échanges sur une initiative d’appui aux industries culturelles et créatives. Cette première rencontre avait eu lieu en 2022. La CCI-BF a également demandé aux trois filières de venir avec les entreprises privées et les acteurs publics qui les accompagnent. Des rencontres ont été effectués avec ces entreprises publiques qui ont affirmé travailler en étroite collaboration avec ces ICC. On peut citer entre autres ; le BBDA, la Mairie de Ouagadougou, FDCT et même certaines banques de la place. C’est le représentant de l’association professionnelle de toutes les banques qui a participé à toutes les rencontres. « Les banques ont affirmé que cette initiative les intéresse. Car parfois, ils veulent accompagner les acteurs culturels, mais pace qu’ils sont disparates, ils n’ont pas une bonne visibilité et un bon suivi du secteur » Renchérit Idrissa KABORE.

Lors de la première réunion, les associations étaient nombreuses. Ainsi ; la Chambre de Commerce a suggéré qu’ils désignent des représentants ou des personnes ressources qui pourront parler au nom de tous. Les trois secteurs ont envoyé une liste de dix personnes ressources qui les ont représentés lors des assises. C’est avec ces personnes ressources qu’ils ont pu élaborer ce document de projet.

Le 30 janvier 2024, une grande réunion au CENASA a ensuite eu lieu avec l’ensemble des membres qui avaient mandaté leurs représentants pour une mise au point et une présentation du document final par filière.

Afin donc de continuer dans cette dynamique, la CCI-BF a demandé aux différentes filières de brandir leur document pour sa mise en œuvre, comme un outil fiable dans la recherche de financement. Car la Chambre de Commerce va également approcher leurs partenaires traditionnels, notamment ceux qui seront partants, pour les financer.

A ce stade du processus, la CCI-BF et les ICC ne sont pas encore arrivés à mettre en place des équipes qui doivent porter ces initiatives. Il revient maintenant à chaque filière de se concerter en mettant en place, soit un conseil d’administration qui se chargera d’élaborer un plaidoyer auprès des différents partenaires pour mobiliser des fonds.

Aucun financement n’a donc été versé dans une des filières quelconques. Affirme Idrissa KABORE. Pour plus de transparence, les budgets par projet de mise en place d’une grappe par filière s’élèvent comme suit :

Grappe d’entreprises des acteurs de la filière Mode et design créatif

  • Durée et coût du projet : 808 171 000 FCFA de janvier 2023 -2025
  • Bénéficiaires directs : Producteurs (fournisseurs de matières premières), Concepteurs, Designers (Tisseuses, Sculpteurs, couturiers, Graphistes, teinturiers…), Distributeurs, Promoteurs de spectacles, Post-producteurs

 

Grappe d’entreprises des acteurs de la filière Cinéma, audiovisuel et image animée

  • Durée et coût du projet : 2 098 912 000 FCFA de janvier 2023-2025
  • Bénéficiaires directs : Producteurs, Post-producteurs, réalisateurs, distributeurs

 

Grappe d’entreprises des acteurs de la filière Musique

  • Durée et coût du projet : 1 324 649 300 FCFA de janvier 2023-2025
  • Bénéficiaires directs : Producteurs, Auteurs-compositeurs, Editeurs, Interprètes, Exécutants (Instrumentistes), Distributeurs, Managers, Promoteur de spectacles, Arrangeurs ingénieurs de son, techniciens son et lumière
A la fin des échanges, notre reporter a posé avec le Directeur des Etudes Stratégiques de la CCI-BF

 

Selon le Directeur des Etudes Stratégiques, ce sont les acteurs de ces différentes filières qui ont eux-mêmes élaboré leur budget en fonction de leur priorité. « La Chambre de commerce n’a pas 1 FCFA pour mettre dedans ! Mais elle peut approcher des partenaires en les mettant en contact. La décision du partenaire dépendra aussi du sérieux des acteurs. C’est pour ça que je leur ai dit que dans la mise en place de leur équipe de coordination, il faudrait qu’il fasse tout pour trouver un consensus ! Il n’y a pas ce partenaire qui va vous accompagner s’il sent qu’il y a des bisbilles en interne » Conclut Idrissa KABORE.

Hervé David HONLA

 

 

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