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ELUE 111 (Artiste musicienne) : « C’est après mon passage aux 12PCA, que j’ai eu un producteur »

Elue 111 est une artiste chanteuse Burkinabè de son vrai nom à l’état civil BADELE Toussiane Raichatou Ebou. Reçue en entretien le vendredi 16 février 2024 au sein d’OXYGÈNE MAG, cette coqueluche de la musique burkinabè revient sur son actualité ainsi que son parcours.

 

  • Parle-nous de ton parcours scolaire.

Je suis titulaire d’une licence et d’un BTS communication et marketing, également une pause en master management de projet première année.

  • Le virus de la musique, à quel moment as-tu été contaminée ?

C’est depuis le bas âge. Ma maman est ivoirienne d’origine burkinabè donc depuis petite, c’est elle qui organisait des compétitions de danse à la maison et dans le quartier. Le rythme est venu de là. Parallèlement, comme je suis chrétienne, à l’église, avec les mouvements d’enfants CV-AV, chorale des enfants et avec ce qui se passait à la maison, j’avais la chance de chanter à l’église également. Depuis 7/8 ans, je faisais déjà les premières parties des concerts religieux à l’école aussi donc c’est parti de là.

“C’est comme si on demandait à un docteur comment il allie son boulot de sa spiritualité ? “

 

  • Entre la spiritualité et le showbiz comment arrives-tu à appréhender les deux entités ?

Je pense que la musique est un métier comme tous les autres. C’est comme si on demandait à un docteur comment il allie son boulot de sa spiritualité ? Chez moi il n’y a pas de problème, j’essaie de refléter les commandements de ma Foi aussi dans mon art, dans mon travail en suivant la voie comme ma Foi me l’a demandé

  • Quel style de musique as-tu adopté ?

Pour le moment je n’ai pas de style particulier. Comme j’aime le dire, je fais de la variété parce que je me laisse aller en fonction de mes inspirations. En fonction de tout ce qui se passe pour m’adapter.

  • Parle-nous de ta discographie, il y a beaucoup de nouveautés ?

J’ai un album de 10 titres qui a été lancé en 2022 et dernièrement, j’ai fait sortir deux titres : un premier titre en fin 2023 intitulé “ On s’en fou de ça” et le dernier titre en cours “ Secouer ” qui est sorti en janvier 2024.

“…j’ai commencé à être contacté et surtout aussi après mon passage aux 12 PCA 2022”

 

  • Comment s’est faite ta rencontre avec ta désormais maison de production SAMAYA Production ?

J’étais dans une période où j’étais vraiment fatiguée de travailler seule. Sans équipe, tout était compliqué financièrement et en ressources humaines aussi. J’étais même allée travailler dans un département commercial d’un hôtel de la place, c’est en étant là-bas que j’ai commencé à être contacté et surtout aussi après mon passage aux 12 PCA 2022 où j’ai fait de l’acoustique. Après ça je travaillais déjà à l’hôtel et j’ai reçu beaucoup d’appels de félicitations. C’était comme si beaucoup de gens me découvraient. Je me suis dit bon j’aime ce que je fais, je voulais abandonner parce que c’était dur mais là ; s’il y a des propositions de production autant prendre le risque aussi. Être produite ce n’est pas chose gagnée ce n’est pas chose faite j’en étais consciente des risques, des conséquences que j’allais avoir mais je me suis dite « qui ne risque rien n’a rien il faut te lancer ! ». Donc c’est un aîné du showbiz qui m’a contacté pour me dire qu’il y a un monsieur qui aimerait investir dans ta musique. Il est dans la production, il n’y a pas longtemps et il serait intéressé par ce que tu fais et si cela me disait de venir travailler avec lui. J’ai pris un rendez-vous, j’y suis allé et tout est parti comme ça ! Ce qui a fait que j’ai accepté la collaboration, c’était vraiment l’enthousiasme de la personne. Car non seulement il faut avoir de l’argent mais il faut aimer le travail de ton artiste et aimer la musique. Il m’a rassuré et on a décidé de collaborer par contrat de production.

 

  • Quelle différence y a- t- il entre un artiste sans producteur et celui qui en possède ?

Avec ma petite expérience, je pense que le plus gros avantage est qu’avec la maison de production, c’est plus sérieux et vous avez de la visibilité. Avec les moyens, il y a des facilités dans le showbiz. Mais la différence lorsque j’étais seule il y avait des endroits où je n’arrivais pas à entrer dans le showbiz. Mais maintenant avec une équipe, un producteur qui prend beaucoup de choses sur son dos, il y a vraiment beaucoup de facilité sur ce côté. Il y a également le soutien moral, le fait de ne plus être seule, de savoir qu’il y a un producteur qui est comme un père, un aîné, un manager responsable, c’est plus facile de supporter les coups quand vous êtes nombreux que lorsque tu es seule.

“Je suis venue dans le milieu pour travailler et vivre dignement”

 

  • Le monde de la musique et du showbiz sont controversés. Comment arrives-tu à faire face à certaines déviances ?

Je pense toujours à ce qui m’a amené dans le showbiz. Je suis venue dans ce milieu pour travailler et vivre dignement. J’essaie de rester également droite dans mes bottes parce que c’est vrai il y a des tentations. Il y a souvent des déviances mais on essaie de rester concentrer. Moi pour ma part je pense vraiment toujours à ce qui m’a amené dans la musique et aussi à mes parents qui malgré ce que les gens ont dit concernant le showbiz, m’ont fait confiance et m’ont dit « va on t’accompagne ! ». Donc j’ai une pression morale de ne pas les décevoir raison pour laquelle j’y pense régulièrement.

  • Avez-vous été déçu par certains acteurs du showbiz ?

Mais oui, on s’est avoir plusieurs fois même. Avec le temps, on essaie de prendre les frustrations comme des leçons et des forces. Un exemple de prestations où on t’invite tu n’as pas forcément envie de mettre l’argent devant mais vous discuter de l’argent. Tu ne prends pas d’avance, tu arrives, tu finis de prester on te dit qu’il n’y a pas d’argent. Un autre cas de figure :  on te promet une prestation dans un évènement, on le confirme plus tard et le jour de jouer, on te remplace par un autre artiste.

  • As-tu pensé à abandonner la musique ?

Après mon concert guichet fermé à Koudougou, les gens étaient fiers de moi mais au fond de moi, j’étais vraiment fatiguée, épuisée d’avoir trimé toute seule pendant près de six ans sans résultat palpable. Je me demandais ; est ce que je ne vais pas prendre mes diplômes, aller travailler comme tout le monde ? La musique est-il une question de chance ? Ce n’est pas mathématique à l’image d’une opération 1+1 font 2. Je me posais autant de questions. C’est en ce moment qu’il a eu des opportunités qui sont venues et puis j’ai décidé de me lancer encore. Certes, j’ai eu envie d’abandonner mais je pense que l’amour de la musique a pris le dessus et je suis là encore pour batailler

“Recevoir des trophées, c’est encourageant!”

 

  • Tu commences à recevoir des trophées. Qu’est-ce que cela signifie pour toi ?

Il faut dire que cela soulage énormément, parce qu’avoir travaillé tout ce temps, et tu as l’impression que le travail n’est pas reconnu où tu as l’impression que tu ne travailles pas assez, pourtant tu sais que tu fournis d’efforts. Donc il fallait à un moment donné que tout cela vienne pour raviver la flamme, l’espoir et la force pour continuer. Je suis super contente d’être nominée et d’avoir reçu ces trophées, car non seulement, le travail est reconnu maintenant, il y a les yeux sur moi et cela donne une pression de mieux travailler et tout cela est à mon avantage, c’est intéressant pour moi.

  • SAMAYA Production aurait des grands projets avec toi. Peut-on savoir lesquels ?

Comme tout artiste, ce sont des projets de singles, parce que nous sommes dans l’optique de trouver vraiment la chanson qui va faire exploser le nom de l’artiste. Nous allons procéder par single et très bientôt nous allons programmer un concert afin de regrouper les mélomanes ; histoire de leur remercier pour le soutien. Donc très bientôt nous allons avoir un concert à Ouagadougou.

  • En 2024, sur le plan spectacle, y a- t-il déjà des grandes dates ?

Je rends grâce à Dieu pour ça ! Parce que vraiment ça ne chôme pas ces derniers temps. Il y a quelques jours, j’ai fait un live au Stress Out et Squash Time. Il y a également des programmations jusqu’en mars et on espère que cela va continuer. En tous cas, on bouge bien tout de même ! (Rires)

“Je rends grâce à Dieu, je commence à avoir beaucoup de scènes”

 

  • Quels sont tes rapports avec tes collègues artistes ?

C’est vraiment le respect et l’entraide entre nous. Je suis très ouverte avec tout le monde et je n’ai pas encore eu de problème avec quelqu’un. Mais j’avoue que je ne suis pas le genre de personne qui aime trop collée et cela ne dépend de personne. Je pense que cela dépend de là où je viens. Le fait d’avoir fait les internats et tout, je suis un peu plus dans mon coin et je suis très disponible également. Je crois que je suis une personne cool aussi. Surtout dans le milieu, il faut faire beaucoup attention. On ne sait pas qui t’aime ou qui ne t’aime pas. On ne peut pas lire le cœur de tout un chacun, il faut avoir des réserves, faire le minimum et être serviable. C’est ce que J’essaie de faire.

 

  • Ton mot de fin

Juste dire merci à toute l’équipe d’OXYGÈNE MAG, surtout à mon papa Hervé David HONLA qui me suis depuis longtemps, avant même qu’il ait ce petit soleil sur moi. Je lui suis entièrement redevable, je lui souhaite bonne carrière aussi dans ce qu’il décide d’entreprendre dans l’accompagnement des artistes.

Merci également à tous mes abonnés et à tous ceux qui aiment ce que je fais et que Dieu bénisse le Burkina Faso surtout la paix pour que nos activités puissent prendre beaucoup d’ampleur.

Propos recueillis par Gisèle BELEM

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