BILAN CULTUREL DE L’ANNEE 2023 AU BURKINA FASO
Edito

BILAN CULTUREL DE L’ANNEE 2023 AU BURKINA FASO

Comme chaque, je vous propose la rétrospective des activités culturelles qui se sont déroulées au Burkina Faso en 2023. Une rétrospective que ‘ai placé sous le signe de la « reconquête du territoire national par la culture ». Bonne lecture

 

 

Une année culturelle qui a connu un regain d’espoir avec des activités qui se sont déroulées dans une bonne partie du territoire nationale. Certaines qui ont été suspendues les années antérieures ont repris en 2023

Le Burkina Faso traverse depuis huit années des exactions tyrannicides provoquées par des ennemis de la Nation qui veulent instaurer l’extrémisme violent. Il y a un voire deux ans, on parlait de 60% du territoire national inaccessible, mais aujourd’hui les statistiques se sont complètement inversées et la reconquête est en marche d’autant plus que certaines populations regagnent leur localité.

 

Le département de la Culture est dans sa grande majorité revigoré, bien que le satisfecit ne soit pas encore général. Mais pour avoir déjà repris et surtout créé d’autres activités, ce sont des signes d’espoir et d’espérance. Cette rhétorique qu’on lisait régulièrement dans les communiqués gouvernementaux à savoir suspendre les activités de réjouissance pour deuil national, semble être révolu. En tout cas, pour l’année 2023. Ça été aussi un facteur important de résilience.

Au regard de la reprise progressive des évènements culturels, l’ensemble des acteurs culturels issus des différentes filières ont greffé la quasi-totalité de leurs modules sur le soutien patriotique avec un point d’honneur sur les FDS/VDP. Pas un séminaire, un colloque, un festival, une sortie de promotion, un spectacle de musique, cinéma ou théâtre sans que la thématique ne soit exclusivement orientée vers ce soutien patriotique. En termes de chiffres dans la musique. 97, presque qu’une centaine d’auteurs/compositeurs ont réalisé des œuvres en faveur du soutien aux FDS/VDP, Déplacés internes, le Président de la Transition etc.

 

L’organisation des grandes cérémonies officielles

Dans sa volonté de répondre à ses détracteurs où à ceux qui décrivent le Burkina comme un véritable chao, le gouvernement a maintenu et surtout renforcé l’organisation de tous ses évènements à caractères international. On peut citer en début d’années, le SALON INTERNATIONAL DE L’ARTISANAT DE OUAGADOUGOU (SIAO) qui a eu lieu du 27 janvier au 5 février 2023 sous le thème : « L’artisanat africain, levier du développement et facteur de résilience de la population ». Cette 16è édition a connu la participation de 360 223 visiteurs grand public, 34 pays invités, 697 journalistes issus de 76 médias nationaux et internationaux et de 32 acheteurs professionnels.

 

La 28e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) qui a eu lieu du 25 février au 4 mars 2023 sous le thème « Cinémas d’Afrique et culture de la paix » a connu un franc succès inimaginable. Plus de 170 films ont été projetés. C’est le Tunisien Youssef Chebbi qui a remporté l’Etalon d’or de Yennenga avec son film Ashkal. L’étalon d’argent est revenu notre compatriote Apolline Traoré, avec son film « SIRA » qui a remporté également de nombreux trophées dans le monde. Le cinéma burkinabè reprend progressivement de l’élan avec de nombreuses productions ; une vingtaine cette année. La relève est désormais déclenchée.

La SEMAINE NATIONALE DE LA CULTURE qui fêtait sa 20è édition à Bobo-Dioulasso du 29 avril au 6 mai 2023 sous le thème : « Diversité culturelle, ferment de l’unité nationale ».

Malgré la suspension de l’aide au développement et de l’appui budgétaire de la France à partir du 6 août, le gouvernement Burkinabè n’a annulé aucune activité ou encre réorienté sa politique culturelle. Bien au contraire ; les députés de l’Assemblée Nationale législatives de Transition (ALT) ont voté en août dernier le projet de loi portant PROTECTION, SAUVEGARDE ET VALORISATION DU PATRIMOINE CULTUREL AU BURKINA FASO. Ceci dans le but de renforcer la gouvernance du secteur du patrimoine culturel matériel et immatériel.

Nous avons eu le Salon International du Tourisme et de l’Hôtellerie de Ouagadougou (SITHO) qui s’est tenu du 26 au 29 octobre avec la Vitrine Internationale du Tourisme, de l’Hôtellerie et de la Restauration de Ouagadougou (VITHRO) sous le thème : « Promotion du tourisme interne, facteur de résilience ». C’est le Niger qui était pays invité d’honneur.

 

Et bien sûr la 17è édition de la Foire International du Livre (FILO) du 23 au 26 novembre dernier qui a été fortement médiatisée et a connu un véritable succès, jamais réalisé depuis qu’elle existe. C’est sous le thème : « Les opportunités du numérique pour le développement de l’industrie du livre au Burkina Faso ». 

Cela marque la volonté du gouvernement de la Transition à mettre la Culture au centre des préoccupations pour une unité nationale effective. C’est la raison pour laquelle, le Ministre d’Etat de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Monsieur Rimtalba Jean Emmanuel OUEDRAOGO, en défendant le budget 2024 de son département face à la Commission Finance et Budget de l’Assemblée Législative de Transition en novembre dernier ; il a souhaité qu’une attention particulière soit accordée dans le prochain budget. Car la Communication, le Tourisme et la Culture sont des secteurs stratégiques pour le développement du Burkina. La sécurisation foncière des sites touristiques, la restructuration du secteur des industries culturelles créatives, la construction d’infrastructures, l’acquisition de matériels logistique et d’équipements sont, entre autres, les grands défis à relever pour ce ministère.

Signalons aussi que depuis novembre 2023, le Burkina est devenu membre du conseil exécutif du Centre International d’Etudes pour la Conservation et la Restauration des biens culturels. Une organisation intergouvernementale créée par L’UNESCO en 1956 qui a renouvelé les membres de son conseil exécutif à Rome en Italie.

 

La culture accompagne à ne point douter l’opération de reconquête du territoire national. J’en veux pour preuve, les multiples évènements culturels qui se sont déroulés sur la bonne partie du territoire national. Il y a eu un 47 festivals à Ouagadougou, 9 à Bobo-Dioulasso, 6 à Koudougou et 11 dans les différentes villes avec surtout, un festival qui a fait preuve de résilience dans la province du Sanmatenga, le festival KAYA NOOMA qui a eu lieu du 14 au 17 décembre dernier dans la ville de Kaya. Une région gangrénée par des conflits armés.

Ces évènements culturels qui se sont déroulés au Burkina Faso en 2023 vont dans le sens de promouvoir la cohésion sociale et la solidarité entre les Burkinabè. La relance de la Rentrée du Droit d’Auteur (RDA) à Ouahigouya le 15 décembre dernier, démontre que la Culture reprend du poil de la bête dans plusieurs villes du pays.  Ainsi donc chaque événement d’envergure internationale organisé, est une victoire pour le Burkina Faso. Malgré tout ce qui est dit de façon péjorative, le Burkina demeure une destination privilégiée et recommandée.

J’en veut également pour preuve les acteurs culturels internationaux qui ont foulé le sol burkinabè cette année soit pour des concerts, séminaires et autres. Du chanteur franco-congolais Youssoufa au REMA en passant par les ivoiriens Tiken Jah Fakoly, Kerozen, Didi B, Roselyne Layo, Ks Bloom, Fio 2 Bior. Les maliens Nahawa Doumbia et Salif Keita. Les togolais Toofan, les camerounaise Krys M et Blick Bassy ou encore Zao du Congo…Tous sont venus et repartis satisfaits du Burkina Faso.

Signalons que les acteurs du privé ont surtout fait preuve de grande résilience en organisant des évènements culturels presque sans financement. La situation financière étant limitée, les principaux partenaires ont priorisé d’autres secteurs afin de faire face à la crise. Néanmoins, bons nombres d’évènements ont connus des francs succès : Les 12 PCA, le FIDO (Festival international de Danse de Ouagadougou) les KUNDE avec le sacre de Smarty, les FAMA, les SOTIGUI AWARDS, BOBO LOLO, le Rônier d’Or à Banfora, le festival WEKRE, SOKO Festival, les festival ALLONS A ZAM, les REMA, Le festival Ciné droit libre dont l’ouverture à été jumelé à celui de DIALOGUE de Corps, AFRICA MOUSSO, le FITMO (Festival de Théâtre et de Marionnette de Ouagadougou), OUAGA COTE COURT, le SIPAO, les Nuits Atypiques de Koudougou (NAK), le FIDIAS, les différents grands concerts de musique dans les stades de Ouagadougou et Bobo-Dioulasso…

 

La danse, le théâtre, l’humour, la mode, la littérature, le cinéma, l’Art plastique, la musique et bien d’autres ont tous contribué majestueusement à ce processus de reconquête du territoire national. Beaucoup d’évènements se sont déroulés dans la sous-région et nos créateurs sont aussi allés glanés des trophées hors du pays et de nombreuses collaborations artistiques ont eu lieu.

Une année culturelle assez dense qui augure une année 2024 fructueuse.

Bonne et Heureuse année 2024 !

Hervé David HONLA

 

 

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