SOLO DJA KABACO : A quand son concert géant ?
Edito

SOLO DJA KABACO : A quand son concert géant ?

C’est bien beau de soutenir les jeunes artistes qui apparaissent et disparaissent dans le milieu comme des champignons. Mais, il est surtout idéal et important de consacrer davantage nos artistes intemporels à l’image de cet artiste SOLO DJA KABACO. Si on fait venir des sommités mondiales pour des évènements prestigieux ; si on sponsorise à coût de millions les jeunes artistes ambassadeurs des produits téléphoniques pour leur concerts dans les stades, pourquoi toiser ou encore oublier des légendes vivantes à l’instar de Solo Dja Kabaco ?

 

L’espace culturel YELBA a refusé du monde dans la nuit de 9 décembre à la faveur des Journées Culturelles Dafing qui ont débuté le 8 décembre dernier. Cette soirée du 9 décembre était donc dédiée à l’artiste Solo Dja Kabaco. La promotrice Sylviane Goulois Ouédraogo avait sous-estimé cette journée. Elle s’attendait à une soirée singulière où l’artiste allait simplement égrener quelques titres de son répertoire. C’était sans compter sur ses fans qui n’attendaient que cette date. Solo Dja Kabaco, a donné, non seulement le meilleur de lui-même, mais il a aussi fait danser toutes les générations présentes dans ce modeste temple culturel.

Cette deuxième journée des JC Dafing a commencé sous les chapeaux de roue par un défilé de mode exécuté de mains de maître par la styliste TS Confection. Ce qui a permis de découvrir l’autre facette du Faso Dan Fani avec une couleur et des motifs particuliers.

Le parrain de ces journées, Amadou KIENOU était au four et au moulin, tandis que le visage de Sylviane Goulois affichait une forte fatigue. Le poids de l’organisation pratique associé aux exigences de la gastronomie y est pour beaucoup.

Amadou KIENOU

 

Mais avec un artiste de la trame de Solo Dja Kabaco à Yelba, il y a de quoi se revigorer. De son vrai nom Souleymane Koné né dans la Kossi, les JC Dafing ne pouvaient donc pas se dérouler sans la participation de cette icône de la musique Burkinabè. Ce fils de muezzin, en plus de la qualité de sa voix, est une virtuose de la guitare sèche. Solo possède son style de jeu et de prestation particuliers dont lui seul a le secret. Ses talents de musicien sont appréciés partout en Afrique et même au-delà. Raison pour laquelle, il a été surnommé « Kabaco » qui veut dire en dioula « Le phénoménal ».

Pas un tube n’a été exécuté sans que la foule à l’unisson, ne forme une colonne ou une file indienne pour danser. Dès qu’il grinçait sa guitare, le public prenait le relai dans les chants. Le plus exaltant, c’est quand l’artiste se lance dans des improvisations phonétiques. Il barbouille sa langue et ses lèvres pour faire ressortir un dialecte de nulle part dans une parfaite harmonie musicale. Entre plaisanterie et anecdotes, le premier Kunde d’Or de l’histoire de cette manifestation est une véritable mine d’or pour le Burkina.

A l’issue de cette deuxième journée des JC Dafing riche en folklores, tout ce qui se papotait dans le public autour d’un verre, était le désir ardent de le voir donner un concert géant au Burkina Faso. Il mérite une liesse populaire dans un concert live digne de son rang.

Hervé David HONLA

 

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