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Showcase final des REMA : Ils sont venus nombreux pour NAFTALI

« SVP, excusez-moi, je viens de Congo-Brazzaville pour les REMA. Je ne connais pas bien la ville, pouvez-vous m’indiquer le Goethe Institut ? Je voudrais impérativement voir Naftali ce soir en prestation ». C’est la substance de nombreux messages que l’équipe de rédaction de votre magazine a entendu hier toute la journée. L’artiste ivoirien NAFTALI était en showcase le 20 octobre du côté du Goethe Institut dans le cadre de la clôture des showcases des REMA. Une prestation XXL !

 

Véhicules et motocyclettes jonchaient la ruelle du Goethe Institut qui jouxte l’Université Joseph Ki-Zerbo. Difficile de se frayer un passage pour ranger son engin ou trouver une portion d’espace de visibilité dans l’enceinte du bâtiment. Tout portait à croire que l’ensemble des professionnels de la filière musique s’était donné rendez-vous au même lieu, hier soir.

Moïse OUATTARA dans ses œuvres

En effet, dans le cadre de ses soirées spectacles conviviaux, les Rencontres Musicales Africaines (REMA) ont institué depuis sa première édition, les SHOWCASES. Cette année, c’est le Goethe Institut qui a été le théâtre de ces soirées qui ont littéralement refusé du monde. Pendant deux jours (19 et 20 octobre), huit artistes et non des moindres ont défilé sur ce podium savamment goupillé par une équipe de techniciens jeunes et talentueux. Aucune fausse note en termes de régie son et lumière. Les musiciens également qui ont accompagné les artistes ont fait preuve de professionnalisme, malgré leur jeune âge. Tablette en main, l’ingénieur de son faisait des slaloms entre le public et les musiciens pour contrôler et checker sur la moindre anomalie. Plus loin, au fond de la scène, presqu’à l’entrée du Goethe Institut, une tenancière d’un petit bar souriait en longueur de la soirée. Elle était en train de se faire un max’ de bénéfice. Son assistant n’a pas hésité à nous avouer que : « la recette est extrêmement bonne ! ».

l’artiste camerounais Mounpoubeyi

 

Pour cette dernière journée des showcases ; Nile Dawnta (Kenya), Moise Ouattara (Burkina Faso), Mounpoubeyi (Cameroun) et Naftaly (Côte d’Ivoire) étaient l’attraction majeure.  D’entrée de jeu, Moise OUATTARA a étalé à la grande stupéfaction du public, sa dextérité en matière de percussion et de voix. Des moments inédits pour bons nombres de directeurs de festivals burkinabè de découvrir cet artiste. « Derrière Achille se cache un autre Moïse Ouattara » s’est exclamé le célèbre coach spirituel Hadj Ismaël. En effet, le bassiste Achille Ouattara était aux côtés de son « frère » Moïse dans une prestation grandeur nature.

La kenyane Nile Dawnta, première participation aux REMA

 

La kenyane Nile Dawnta, première participation aux REMA et première sortie officielle dans un pays francophone. Quasiment inconnue des fichiers musicaux panafricains, cette toute jeune et fugace issue de l’Afrique de l’Est, littoral sur l’océan Indien, a développé une sorte de reggae Masai teinté de sonorité Kikuyu. Sa prestation a justement tapé à l’œil des membres du Jury du Prix Spécial BRESIL JEUNE TALENT DE LA MUSIQUE AFRICAINE offert par l’Ambassade du Brésil. Elle remporte dans la foulée le premier prix du genre aux REMA. C’est en sanglots qu’elle a reçu son prix tout en laissant entendre, qu’elle avait demandé à sa communauté dans une petite bourgade à Nairobi de, contribuer pour elle, afin qu’elle postule aux REMA et prenne en charge son billet d’avion. Elle recevra donc une enveloppe de 1000 Dollars US des mains de S.E Mme Ellen Osthoff Ferreira De Barros, Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République Fédérale du Brésil auprès du Burkina Faso.

Venu depuis Foumban au Cameroun avec l’intention de repartir avec les 1000 dollars US dans sa gibecière, l’artiste camerounais Mounpoubeyi criait sur tous les toits depuis même l’aéroport, que ce prix lui appartient. A fond dans les salles de répétitions qu’il filmait sur ses plateformes attestant qu’il n’a d’yeux que pour les dollars du REMA. Malheureusement, il est reparti bredouille. Une prestation certes très enlevée, mais la fatigue et la perte de voix sur scène se faisaient ressentir lors de son rendu.

Naftali!

Le comédien/présentateur de la soirée Maréchal Zongo, dans son exercice fétiche dont lui seul connaît le secret, a su tenir en haleine tout le public qui est surtout resté attendre « leur » artiste NAFTALI. Le Kunde d’Or 2021 Donsahrp de Batoro a fait le déplacement de Goethe Institut en ajournant certaines de ses séances studio pour venir assister de vive voix, la prestation de son « mentor » NAFTALI. « Pour rien au monde je ne pouvais pas manquer son spectacle ici à Ouagadougou » a-t-il affirmé. L’artiste Freeman Tapily, le producteur Tidiane Ouédraogo de Destiny Prod, le chroniqueur Salif Ackermann Ouedraogo, la jeune talentueuse Monia, le journaliste bantou mandingue Mory Toure, le promoteur culturel discret Oumsey Nabolé, la réalisatrice burkinabè Kady Traoré, l’artiste de l’avenir Damo, le promoteur de Yaar Music Ibrahim Keita, l’artiste Amzy, la jeune percutante artiste Ebène, le virevoltant Melkior, l’artiste sensationnel Patrick Kabré pour ne citer que ceux-là, n’ont pas voulu se faire conter l’évènement. Les bureaux et les coulisses de l’espace Goethe Institut se sont immédiatement vidés et fermés pour suivre le show de Naftali.

Savourer les performances de ce chanteur, musicien, arrangeur, compositeur, ingénieur de son. Celui qui aura arrangé le premier tube d’Alif Naaba, aujourd’hui promoteur des REMA. L’auteur de « Allelujah » a donné ce qu’on attendait de lui. Entouré de jeunes musiciens avec en prime, un gamin percutant au piano, le boss du studio « Zion Sound Builder » a égrené les principaux tubes de son vaste répertoire musical connu presque de tous. La foule entonnait en chœur les refrains de ses chansons. L’un de ses fans numéro l’artiste Donsharp est monté exprimer sa joie en offrant des billets de banque à son collègue et grand-frère. Son manager Soldat Jahboy, presqu’au four et au moulin était à 10 cm de son artiste pendant que ce dernier chantait. Petits mots sur des bouts de papier qu’il déposait aux pieds de Naftali, ravitaillement des bouteilles d’eau sur scène, ramassage des billets de banque, bodyguard de l’artiste etc. quel est véritablement le rôle d’un manager ? Pourrait-on s’interroger.

Alif Naaba, quant à lui était beaucoup plus préoccupé par ses hôtes d’honneur. Pas un pas sans ses ambassadeurs invités. La fatigue se lisait déjà sur son visage et sur sa voix qui a presque disparue à 24h de la clôture des REMA. Tout compte fait, les Showcases viennent de mettre la clé sous le paillasson en réussissant à bras le corps, cette 6è édition. Pour le moment, c’est l’activité qui a connu un franc succès avec ce couronnement de NAFTALI.

Hervé David HONLA

 

 

 

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